Pendant que sa femme Helen reprend son rôle de super-héroïne, Robert doit rester à la maison pour s’occuper des trois enfants, dont Jack-Jack, leur nouveau rejeton.

«Les Incroyable 2»: on y va avec la famille ***

CRITIQUE / «Les Incroyable 2» («Incredibles 2») avait un défi presque insurmontable à relever : il ne pouvait aspirer à la fraîcheur et à l’effet de surprise du premier. Brad Bird a donc décidé d’appliquer à peu près la même formule, sans surprise, tant sur le plan thématique que stylistique. Ce qui ne l’empêche pas de livrer un bon moment de cinéma, amusant et divertissant, avec juste un brin de subversion.

On nous a imposé une longue attente avant la suite du long métrage qui a gagné le mérité Oscar du film d’animation en 2005. L’action reprend là où on nous avait laissés. Les super-héros sont toujours interdits par la loi et Robert Parr a toujours du mal à se faire à l’idée. Même quand sa femme Helen tente de le raisonner et de lui faire accepter qu’il leur faille mener une vie «normale».

Jusqu’à ce qu’ils soient contactés par Winston Deavor, un ardent supporteur et roi des télécommunications. Le richissime homme d’affaires va leur proposer un plan de communication pour redorer leur blason auprès de la population. Qui met l’accent sur Helen — sous son identité d’Elastofille. Robert doit rester à la maison pour s’occuper des trois enfants, Violette, Dash et Jack-Jack, leur nouveau rejeton. 

Un intéressant renversement des rôles, très dans l’air du temps. Et qui donne lieu à d’intéressantes discussions (bien que convenues) entre les parents. Mais on ne sort pas du cliché du père incompétent et dépassé, qui ne s’est jamais occupé de sa fille en crise d’adolescence, de son fils hyperactif et encore moins de son bébé...

Évidemment, cette difficile conciliation travail-famille va servir les Parr quand ils devront affronter un nouveau super-vilain : l’hypnotiseur. Qui se sert du petit écran pour dénoncer le comportement de zombies de ceux qui, avachis devant leur télé, se font laver le cerveau, critiquant la société de consommation et la passivité citoyenne! Un brin subversif, qu’on vous disait...

Prévisible

Évidemment, le récit est très prévisible (de même que le retour des personnages favoris que sont Frigozone et Edna). Et comme 14 années ont passé depuis la sortie du premier, on a pris les mauvais plis des films de super-héros actuels, notamment en étirant la sauce et en abusant de la crédulité du spectateur — même pour un film d’animation.

Mais le temps écoulé a aussi permis à l’animation d’atteindre de nouveaux sommets. Ce qui accentue la véracité de la vie familiale des Parr, qui ont un aspect authentique, sans jamais tomber dans le bédéesque.

Pixar a sans cesse élevé la barre ces dernières années, alliant propos intelligent, esthétisme raffiné et sens du rythme. Ce qui explique qu’on puisse ressentir une petite déception en sortant de la salle. Ce nouveau long métrage remplit sa mission. Mais rien d’incroyable.

AU GÉNÉRIQUE

  • Cote: ***
  • Titre: Les Incroyable 2
  • Genre: animation
  • Réalisateur: Brad Bird
  • Classement: général
  • Durée: 2h05
  • On aime: la véracité de la famille Parr, le discours un brin subversif
  • On n’aime pas: un humour déficient, le manque d’audace