Vêtu de cuir des pieds à la tête, un gant à paillettes à la main droite et son inséparable croix au cou, Johnny Hallyday est entrée sur scène en fracassant un gigantesque mur orné d'une tête de mort et projeté sur l'écran géant.

Les grandes retrouvailles entre Johnny et Québec

Alors que vient tout juste de s'éteindre la légende française du rock, Le Soleil vous fait revivre la grande soirée de retrouvailles entre Johnny Hallyday et le public de Québec, après 37 ans d'absence. Ça se passait le 10 juillet 2012 sur les plaines d'Abraham dans le cadre du Festival d'été de Québec.

CRITIQUE / Qu'on l'aime ou pas, on ne peut certainement pas lui reprocher de manquer d'intensité... C'est qu'il se chante les tripes, Johnny Hallyday. Le rocker français est revenu à Québec, mardi, après 37 ans d'absence. Et pas à moitié!

Vêtu de cuir des pieds à la tête, un gant à paillettes à la main droite et son inséparable croix au cou, la légende française du rock'n'roll est entrée sur scène en fracassant un gigantesque mur orné d'une tête de mort et projeté sur l'écran géant. Tant pis pour Roger Waters, dont la muraille est encore en construction! Et il a allumé le feu... littéralement. Avec la pièce ainsi nommée et grâce aux flammes qui ont jailli à l'avant-scène. La table était mise pour une soirée tout sauf sobre, qui n'a pas hésité à plonger dans la démesure et à flirter avec le kitsch. Le tout est assumé à fond, la pédale au plancher.

Johnny Hallyday est un personnage. Dans son univers, les sons résonnent fort, les costumes scintillent, les flammèches fusent. Ça prend des guitares pesantes, des violons et des cuivres aussi. Et les chansons, ça se chante avec passion. D'une voix mi-rauque, agrippé à un pied de micro, se déhanchant à l'avant-scène, tombant à genoux puis couché sur la scène quand c'en est trop. Ça s'accompagne aussi de pauses bien senties, pointant le public ou imitant le Penseur de Rodin. Un personnage, je vous dis!
Classiques

Une fois qu'on accepte cette prémisse, ne reste plus qu'à se laisser aller à son «rock and rolle» et à sa «country musique», comme il les présente lui-même. Pourquoi bouder son plaisir? J'avoue m'être bien amusée quand il a entonné Gabrielle et que de nombreux spectateurs au parterre ont mimé de porter des menottes en hurlant qu'ils refusaient de «mourir d'amour enchaînés». Des classiques comme Ma gueule et Que je t'aime n'ont pas manqué de faire mouche, tout comme ce segment unplugged — eh oui, on a bien affaire à un Français! — qui a mis en valeur L'idole des jeunes.

Les Plaines étaient bien remplies pour ces retrouvailles avec Johnny, quand même moins courues que celles avec Bon Jovi la veille. Moins bruyantes aussi probablement. La moyenne d'âge était aussi plus élevée pour cette soirée sous le signe du rock et de la nostalgie.

«L'accueil que vous m'avez fait ce soir, je ne l'oublierai jamais», a assuré la vedette en fin de programme. Plus tôt, il s'était permis de blaguer sur son ego: «N'oubliez pas que le champion du groupe, ben oui, il s'appelle Johnny Hallyday», s'est-il vanté en présentant ses talentueux musiciens. Notons à ce propos les prestations remarquables de l'harmoniciste enflammé Greg Zlap, du héros de la guitare Yarol Poupaud et de la choriste-diva Amy Keys.

Et Marie-Mai dans tout ça? Toujours aussi pétillante et sautillante, elle a été chaudement accueillie par le public en milieu de spectacle. Et elle a bien livré la marchandise. Cette chouchou des Québécois a chanté Rock'n'roll attitude avec beaucoup d'attitude, justement. «Johnny, je parle pour moi et pour tout le monde ici: merci pour le beau rendez-vous!» a-t-elle dit avant de quitter les planches.