David Bouchard signe une adaptation plus que libre du conte Les galoches du bonheur écrit par Hans Christian Andersen au XIXe siècle.

Les galoches du bonheur: deux fées au parc

«Un» fée des soucis aux allures de Marilyn Manson forme à contrecœur la prochaine fée du bonheur. Il tente de saboter ses chances à son examen final, qui consiste à aider une famille de cordonniers ambulants à retrouver leur joie de vivre, à l’aide de souliers magiques.

David Bouchard signe une adaptation plus que libre du conte Les galoches du bonheur écrit par Hans Christian Andersen au XIXe siècle, qu’il promènera dans les parcs de Québec. «Je n’ai pas repris la structure du conte, mais j’ai gardé les deux fées, l’objet magique et la morale de l’histoire, qui est qu’il faut faire attention à ce qu’on souhaite», indique-t-il. Ceux qui se retrouvent les galoches aux pieds ne seront donc pas nécessairement miraculeusement comblés. 

Un pied dans l’univers du conte traditionnel et un autre bien ancré dans des référents modernes, l’équipe de concepteurs a imaginé un univers truffé d’anachronismes qui devrait faire sourire parents et enfants. «Le fée des soucis ressemble à Marilyn Manson, alors que l’aspirante fée du bonheur est plutôt habillée en Chanel, mais un peu de tulle dépasse de leurs vestons. Elle a un walkman, mais elle aimerait bien acheter un ordinateur pour mieux communiquer avec les clients. La famille de cordonniers est plutôt pauvre, avec un chariot-bicyclette bringuebalant», décrit-il.

«Le» fée? Pourquoi pas? «Il m’est apparu comme ça. Je trouvais intéressant que ce soit un homme qui ait dû évoluer dans un monde traditionnellement féminin, que ça explique un peu pourquoi il est devenu plus sévère», explique David Bouchard.

Défi d’acteur

Le bonheur, comme l’attention du jeune public, est un élément difficile à capter et facile à perdre. «C’est un magnifique défi d’acteur. Nous sommes dehors, dans un environnement non contrôlé, avec potentiellement une route derrière où des camions passent. C’est presque sportif, il faut bien attaquer, maintenir l’attention, pour moi, c’est complètement logique que ça arrive à la fin du parcours du Conservatoire», expose David Bouchard.

«J’ai voulu me servir du lieu, donner l’impression que les personnages arrivent là par hasard, qu’on ne fasse pas semblant qu’ils sont ailleurs. Je peux faire arriver un personnage de l’autre côté de la rue ou lui faire finir une réplique vraiment près du visage d’un des spectateurs», indique Bouchard, qui a fait un an à l’École nationale de théâtre avant de poursuivre sa formation au Conservatoire d’art dramatique de Québec.

En s’inspirant du théâtre La Roulotte de Paul Buissonneau, qui permet aux jeunes acteurs formés à Montréal de mettre leur talent à l’œuvre dans les parcs de la métropole, il a fondé Théâtre en Quartiers.

Les galoches du bonheur a été présenté une quarantaine de fois à Laval l’été dernier, alors qu’une vingtaine de représentations sont prévues dans la capitale cet été, avec une nouvelle distribution comprenant deux étudiants de 2e année du Conservatoire, David Boily et Maude Chiasson, ainsi que deux finissants, Élie St-Cyr et Maude Boutin St-Pierre.

«La proposition répondait à quelque chose que la Ville de Québec avait envie de faire, alors que Jacques Leblanc au Conservatoire était heureux d’avoir un projet jeunesse dans lequel impliquer des étudiants», note-t-il. Diplômé du conservatoire en 2015, David Bouchard est cofondateur de La Brute qui pleure, qui a présenté Froid et qui présentera Beef à Premier Acte l’an prochain. «Théâtre en Quartiers est un peu le pendant jeunesse de la compagnie», note-t-il.

Neuf représentations grand public sont prévues du dimanche 22 juillet au samedi 18 août. Les dates et les lieux ici