Louis Ricard, Michel Viel, Hélène Trépanier, Hélène Savoie, Bernard Pelchat et Diane Lavoie ont fondé avec Constance Paré le Festival d'été en 1968.

Les fondateurs du FEQ réunis après 50 ans

Si les fans de Metallica pourront une nouvelle fois applaudir leur groupe préféré en juillet sur les plaines d'Abraham, ils le doivent un peu à Ionesco. C'est en montant la pièce Le roi se meurt que les sept fondateurs du Festival d'été de Québec (FEQ) ont eu envie de poursuivre leur association en animant l'été culturel de la capitale. Cinquante ans plus tard, ils se sont retrouvés vendredi dans les bureaux d'un événement qui a fait un bon bout de chemin depuis sa création.
L'heure était aux retrouvailles et aux échanges de souvenirs, vendredi, sur la rue Saint-Joseph, L'équipe du FEQ recevait Louis Ricard, Michel Viel, Hélène Savoie, Hélène Trépanier, Bernard Pelchat et Diane Lavoie, qui ont avec Constance Paré (décédée il y a quelques années) installé les bases du FEQ. Ça se passait en 1968 et ce groupe de «jeunes fous», comme l'a décrit l'actuel directeur général Daniel Gélinas, était mû par le désir d'animer une saison trop tranquille à son goût.
«À Québec, en hiver, c'était gratifiant. Il y avait l'Orchestre symphonique, les théâtres... Tout d'un coup, en été, ça s'éteignait. C'était un désert culturel. C'était un gâchis, tout le monde partait», résume Louis Ricard.
Avec l'intention de «prendre d'assaut» le Vieux-Québec, les sept complices motivés, mais peu expérimentés, ont échafaudé en quelques mois une première programmation, où plusieurs disciplines artistiques se côtoyaient. «La chance qu'on a eue, c'est d'avoir eu quelqu'un comme Théo Genest, qui était directeur du Palais Montcalm, ajoute M. Ricard. Il a su nous écouter, nous, les jeunes. Il a dit: "ils ne sont pas fous ces gens-là, on va les aider". Il nous a donné un local. Il nous a fait rencontrer le maire Lamontagne. C'est comme ça que tout a commencé.»
Cinq décennies plus tard, les six cofondateurs ont rencontré les employés du FEQ et visité les locaux de la rue Saint-Joseph. Et ils avaient visiblement le coeur à la fête. «Tout le monde s'entend pour dire qu'on se sent très bien... On ne reviendra pas, n'ayez pas peur! Mais ça veut dire qu'on se reconnaît», a observé Diane Lavoie.
«J'ai cette fierté avec mes collègues de voir à quel point cette petite idée simple, dans le fond, a su grandir et germer, a noté Louis Ricard. On a eu peur que ça ne se poursuive pas. Mais quand on voit ça, ici, on se dit que c'est extraordinaire... On n'en revient pas!»