Catherine Leroux, autrice et traductrice, assurera l’animation du nouveau projet des Éditions Alto.
Catherine Leroux, autrice et traductrice, assurera l’animation du nouveau projet des Éditions Alto.

Les Éditions Alto lancent une série de balados sur les artisans du livre

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
La création d’un livre repose sur les épaules de son auteur. Or, la publication d’une œuvre littéraire s’avère possible grâce au travail d’une grande équipe, de l’éditeur à l’imprimeur. Afin d’éclaircir le travail de ces artisans, Alto dévoile une série de balados sur ces métiers de l’ombre.

Le magazine (aparté), qui s’établissait déjà comme un pont entre les lecteurs et les auteurs affiliés à Alto, aura désormais une branche sonore, disponible sur près d’une dizaine de plateformes. Catherine Leroux, autrice et traductrice, assurera l’animation de ce tout nouveau projet.

«C’est une manière d’ouvrir les portes de la maison parce que je pense qu’il y a encore beaucoup d’aspects nébuleux autour des métiers du monde du livre. On conçoit très bien le travail des écrivains, mais un peu moins celui de ces métiers [éditeur, réviseur, illustrateur, etc.], qui sont des métiers de l’ombre», explique Catherine Leroux en entrevue au Soleil.

Le balado est également un bon moyen de remettre la littérature à l’avant-plan dans l’espace public et de «proposer un regard différent sur le monde du livre», ce qui se fait de moins en moins dans les médias traditionnels, déplore l’écrivaine.

Les trois premiers épisodes, variant entre 12 et 24 minutes, portent sur la traduction. Catherine Leroux, elle-même traductrice et autrice, échange et discute avec trois invités selon un thème propre à chacun. En compagnie d’Éric Fontaine, Sophie Voillot puis de Lazer Lederhendler, l’animatrice questionne ce «passage entre les langues», «les choses intraduisibles» ou encore la «part de subjectivité» que laisse un traducteur dans une œuvre.

«En littérature, on est dans l’écrit. Tout le temps. C’est intéressant d’entendre la voix de ces gens-là. Non pas leur voix écrite, mais leur vraie voix. […] Les traducteurs font partie de ces gens dont le travail est méconnu. C’est très rare de voir un traducteur qui va être comme une star ou qui serait interviewé dans les médias et ainsi avoir l’occasion de dire son mot», souligne l’animatrice.

Ces courts échanges, qui plongent rapidement l’auditeur dans le vif du sujet, démystifient le métier en plus de passer à la loupe de grands enjeux qui lui sont propres: la traduction d’une blague ou encore l’empathie nécessaire à une bonne traduction. Au travers de ces discussions riches de sens et de réflexions, on retrouve des traducteurs assumés, sensibles et professionnels, qui portent et teintent de leur plume les œuvres qu’ils baignent dans une autre langue.

Le magazine <em>(aparté)</em>, qui s’établissait déjà comme un pont entre les lecteurs et les auteurs affiliés à Alto, aura désormais une branche sonore, disponible sur près d’une dizaine de plateformes.

Un balado pour tous

Si cette série s’adresse aux acteurs de l’industrie littéraire, étant donné ses sujets spécifiques, elle pourrait tout autant toucher les amoureux de littérature ou encore les auditeurs passionnés de podcast québécois.

(aparté) est un balado qui rejoindra tout le monde, espère Mme Leroux, malgré la méconnaissance du public pour ces métiers: «C’est vrai qu’on ne pense pas beaucoup à la traduction avant d’en acheter un livre. Mais je pense qu’au niveau du lectorat francophone on y pense moins parce qu’on est habitué de lire beaucoup de traductions. Mon expérience dans le monde anglo-saxon est complètement différente. On se méfie beaucoup plus des traductions; on vérifie avant d’acheter un livre; on se demande si la traduction est bonne parce que l’offre en anglais original est tellement immense!»

Pour les sceptiques, l’écrivaine ajoute: «Si on ne s’est jamais posé la question [sur la traduction], c’est peut-être justement l’occasion d’y réfléchir. Et c’est d’autant plus fascinant d’écouter le balado en se posant ces questions: “Mais comment ils ont fait pour traduire un jeu de mots dont j’arrive à rire, mais qui était en italien ou en arabe?” et ainsi arriver à voir une couche supplémentaire de travail et d’essence dans le texte qu’on lit.»