Les coups de cœur de Marc Allard

Black Mirror

Une dystopie est «un récit de fiction pessimiste se déroulant dans une société terrifiante (par opposition à utopie)», me dit mon dictionnaire Antidote. Le roman 1984, de George Orwell, est une dystopie. Black Mirror est son équivalent moderne, c’est-à-dire propice à la télégloutonnerie. Cette série britannique de science-fiction, dont vous pouvez voir les trois saisons sur Netflix, propose une vision très sombre du futur que la technologie nous réserve. Un monde où votre statut social dépend du nombre de likes que vous accumulez dans une journée. Un monde où un premier ministre doit perdre sa dignité en direct devant toute la nation pour sauver une femme. Un monde où un voyageur fauché doit tester un jeu de réalité virtuelle beaucoup trop réel pour se faire un peu d’argent. Chaque épisode est distinct, avec sa propre histoire. Tous présentent un «futur high-tech retors où se heurtent les plus belles innovations de l’humanité et ses plus bas instincts», dit la description sur Netlix. Heureusement que c’est de la fiction...

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Songs for Christmas

Il y a un seul album de Noël que je peux écouter toute l’année. C’est Songs for Christmas, de Sufjan Stevens. En fait, c’est un coffret de cinq EP de chansons de Noël que ce brillant multi-instrumentiste indie folk a enregistré pour le plaisir entre 2001 et 2006. Avant de rassembler les EP, il les offrait en cadeau à sa famille et ses amis. Et on dirait que ça s’entend. Par moment, j’ai l’impression que Stevens a rassemblé un groupe de musiciens dans un chalet et qu’ils ont joué sur le bord du feu. Parmi les 43 titres, il y a un tas de classiques réarrangés à la sauce Sufjan Stevens comme Jingle Bells, Joy to the World ou O Come, O Come Emmanuel. Mais les meilleures sont ses propres compositions. Je ne me lasse jamais d’entendre les fabuleuses Sister Winter, Only at Christmas Time ou Star of Wonder. Même en juillet.

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The World in 2018

Quand la fin de l’année approche, j’aime zieuter celle qui s’en vient. Avec The World in 2018, le numéro annuel de prédictions du vénérable magazine britannique The Economist, je suis toujours servi. Dans les pages de cette édition spéciale, les journalistes de l’hebdomadaire côtoient des leaders du monde des affaires, de la politique, de la science et des arts. Le «trumpisme» contre le «macronisme», les élections au Brésil, au Mexique, et en Italie, le «techlash» (les politiciens qui resserrent la vis des géants comme Facebook, Google, Amazon et Netflix), le retour de Mary Poppins au cinéma, le tourisme spatial... On ne s’ennuiera pas. Le Courrier international publie aussi une version française, Le monde en 2018.

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Jerusalem

Un jour, j’irai manger à Jérusalem. En attendant, je peux m’empiffrer à la maison des fantastiques recettes du livre Jerusalem, de Yotam Ottolenghi et Sami Tamimi. Le premier a grandi dans la partie israélienne de la ville, le deuxième dans le partie palestinienne. Aujourd’hui, ils possèdent une chaîne réputée de restaurants et de traiteurs à Londres. Ottolenghi a écrit plusieurs autres livres de cuisine végétarienne — Plenty et Plenty... la suite — qui m’ont fait découvrir sa renversante cuisine, décrite comme une «émeute d’herbes et d’épices». Mais c’est avec Jerusalem, qui laisse amplement d’espace à la viande et au poisson, que je me suis le plus régalé. Je repense à la salade d’épinards et dattes avec ses croutons de pitas, aux boulettes de viande aux herbes et au citron, au maquereau à la salade de betteraves et oranges, au gâteau au sirop de clémentine et d’amande, et je salive. Chacune des 130 recettes est assortie d’une entrée en matière qui la situe dans la riche histoire culinaire de Jérusalem.