Les coups de cœur de Jean-Michel Poirier

Balado The Daily

Pour les mordus de politique américaine, The Daily, mené par le journaliste du New York Times Michael Barbaro, explore tous les jours un ou deux sujets chauds, cinq jours par semaine. Chaque épisode, d’une durée de 15 à 25 minutes, est disponible dès 6h le matin, ce qui permet d’absorber l’information en nouant sa cravate ou en se rendant au travail, en maudissant l’univers dans le trafic matinal. Téléchargé quotidiennement par plus de 40 millions de personnes, The Daily offre la possibilité de profiter du journalisme de grande qualité du New York Times gratuitement. Les sujets y sont traités de manière intelligente, sous forme d’histoire ou de conversation. La finesse des analyses de Barbaro et de ses invités vous offrira une nouvelle perspective sur les enjeux nationaux de nos voisins du sud.

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Full Disclosure

Si la vie d’une juge en chef de la Cour suprême du Canada n’était pas suffisamment remplie, Beverly McLachlin a profité de ses rares temps morts sur le banc pour écrire de la fiction. Full Disclosure est le premier roman de la nouvelle retraitée, qui suit les aventures de la jeune avocate, Jilly Truitt, une jeune femme ambitieuse qui a vécu une jeunesse difficile, de famille d’accueil en famille d’accueil. Ce thriller bien ficelé (en anglais seulement) se lit rapidement et offre une perspective très réaliste du système judiciaire — après tout, le contraire aurait été étonnant. Le travail de Jilly emmène le lecteur dans les quartiers les plus dangereux de Vancouver, où l’auteure a été juge, jusqu’aux corridors du palais de justice. Même si la finale est un peu prévisible, c’est tout de même réussi pour un premier roman. À lire sur la terrasse avec une gose fraîche.

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Run the Jewels 3

Paru il y a déjà près de deux ans, les thèmes couverts par El-P et Killer Mike de Run the Jewels résonnent encore dans le contexte sociopolitique actuel aux États-Unis. Le rap assassin, intello, politisé et très accrocheur du duo contraste à merveille avec une certaine légèreté dans les paroles. Racisme, inégalités sociales, violence policière, despotisme, tous les thèmes chauds y passent, avec la puissance d’un cocktail Molotov lancé lors d’une manifestation. Certaines pistes sont bonifiées par des collaborations bien choisies, comme l’excellente A Report to the Shareholders / Kill Your Masters, une critique acide de la classe dominante, où on renoue la voix enragée de Zach de la Rocha, avec la même verve qu’il avait à l’époque de Rage Against the Machine. À réécouter en lisant l’actualité entourant Donald Trump.

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Safe

Les séries télé écrites par des romanciers peuvent être de belles réussites ou de terribles navets. Safe, fruit de l’esprit du maître du suspense Harlan Coben, tombe dans la première catégorie. Michael C. Hall y tient le rôle-titre, celui du Dr Tom Delaney, un père veuf, qui peine à se remettre de la mort de sa femme. Jenny, sa fille aînée, disparaît lors d’une soirée et un corps est retrouvé dans la piscine. Cette série de huit épisodes explore les relations entre voisins dans des quartiers de gens aisés où le sentiment de sécurité est illusoire. Si on a de la difficulté à croire l’accent britannique de Michael C. Hall, on se laisse emporter rapidement par cette série très rythmée. D’ailleurs, cette coproduction de Canal+ et de Netflix ne laisse aucune ambiguïté: Coben raconte l’histoire du début à la fin. Si vous avez apprécié Broadchurch, vous aimerez Safe.