Les coups de coeurs d'Alexandra Perron

Beyries
Beyries au parc de la Francophonie lors du plus récent Festival d'été.
La chanteuse et musicienne Beyries, dont le nom se prononce Bérice et non comme les petits fruits, je l'aime à croquer. Elle était si belle et envoûtante au parc de la Francophonie durant le Festival d'été. À la guitare, au clavier, en français, en anglais, sur une note folk ou plus country, la Montréalaise chante avec douceur et force, elle qui a survécu à deux cancers. Une épreuve qui a permis son envolée musicale sur le tard. Sur scène, elle nous transperce le coeur. Par sa pureté, son authenticité. De son album Landing, je saute souvent de Soldier à l'excellente J'aurai cent ans, qu'elle livre avec Louis-Jean Cormier. Amélie Beyries, c'est aussi elle qui a repris Je pars à l'autre bout du monde de Paul Daraîche. Je n'ai pas suivi Unité 9, mais apparemment, la chanson accompagnait magnifiquement la sortie de Suzanne.
-----
Le Trident
Remontez à l'automne dernier. Robert Lepage présentait sa pièce 887 au Trident. Je mourais d'envie d'y aller, mais j'avais trop tardé à acheter mon billet. J'implorais mon réseau Facebook, si quelqu'un avait un empêchement... quand trois bonnes amies m'ont offert un abonnement au Trident. Seule façon d'avoir un siège pour la pièce convoitée. Chanceuse que je suis! Je les remercie encore. Parce que je n'ai pas seulement savouré l'oeuvre de Lepage, mais j'ai aussi ri aux larmes en voyant Hugues Frenette dans Le songe d'une nuit d'été et j'ai adoré le tango de Valérie Laroche et Christian Michaud dans Constellations. Résultat, je me suis offert un abonnement en solo pour la prochaine saison. Juste pour moi et mon bonheur!
-----
La poterie
Depuis des années, j'écris sur les potiers dans le cahier Maison du Soleil. Et je suis devenue accro. Il faut avoir saisi une tasse, effleuré une assiette, soupesé un bol pour comprendre, sentir la matière et le travail humain qui se cache derrière. Façonnées à la main, les pièces de céramique ont un je-ne-sais-quoi de magique. D'unique. Et en posséder fait du bien. J'ai un coeur de Bleu Marie à l'entrée de ma maison, une assiette de Carole Vandecasteele dans ma salle à manger, un gobelet de Joan DeBlois pour contenir mes petites cuillères à café. À Noël, mon amoureux m'a offert en cadeau deux bols de Marjorie Camiré. J'ai ramené de voyage un sucrier de la butte Montmartre, à Paris. Les couleurs sont riches, les textures, intenses, l'ensemble, délicieusement imparfait.
-----
Les derniers jours de nos pères
Après avoir dévoré La Vérité sur l'affaire Harry Quebert, j'ai voulu lire autre chose du jeune auteur suisse Joël Dicker. Je n'ai pas été déçue par son premier roman, Les Derniers Jours de nos pères, passé presque inaperçu. Paru en 2012, ce récit de la Seconde Guerre mondiale m'a séduite par son humanité. Dicker est ici dans un tout autre registre. Son personnage central Paul-Emile, surnommé Pal, quitte son père et Paris pour se retrouver en Angleterre dans le Special Operation Executive. Ce service secret recrute des agents en Europe occupée et les entraîne pour les renvoyer dans leur pays mener des actions de renseignements et de sabotage. La camaraderie tissée pendant la formation, l'amour, les missions, les tiraillements, l'ennui, l'honneur nous font voir l'«héroïsme» bien différemment.