Les coups de coeur de Raphaëlle Plante

Série télé : La servante écarlate

Je sais, je sais, une autre! Je ne suis pas la première à vous en parler (les collègues Josée Guimond et Jean-Nicolas Patoine l’ont fait avant moi), et je prédis que je ne serai pas la dernière… tout simplement parce que La servante écarlate (The Handmaid’s Tale) est selon moi LA série télé qu’il faut absolument regarder. Pour le scénario qui glace le sang, tant on peut craindre que l’univers de Gilead dépeint par Margaret Atwood puisse être un jour réalité, et pour l’interprétation des acteurs, en premier lieu Elisabeth Moss qui incarne une June/Offred poignante, qui navigue entre espoir et désespoir alors qu’elle est réduite à n’être qu’une esclave fertile. J’ai vu les quatre premiers épisodes de la deuxième saison et on est loin de tourner en rond, en découvrant d’autres facettes de ce régime totalitaire et du passé des personnages.

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Film : Les figures de l’ombre

Il y a de ces films qui nous marquent par leur histoire… en particulier lorsque celle-ci est vraie. C’est le cas des Figures de l’ombre (Hidden Figures) : au début des années 60, un groupe de femmes noires travaillant comme «calculatrices humaines» au sein de la NASA voit sa situation changer peu à peu sur fond de ségrégation raciale, de course à la conquête de l’espace, de l’arrivée des ordinateurs et de l’émancipation des femmes. La surdouée mathématicienne Katherine Johnson (Taraji P. Henson) fera sa place (non sans difficultés) dans un monde d’hommes blancs lorsqu’elle est affectée au Groupe de travail sur l’espace, où elle doit réviser les calculs des ingénieurs. Sa contribution sera plus tard jugée inestimable. Octavia Spencer et Janelle Monáe incarnent respectivement la superviseure d’équipe Dorothy Vaughan et l’aspirante-ingénieure Mary Jackson, aux parcours tout aussi inspirants.

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Musique : So Far de David Myles

Je suis loin d’être une fan de country… et pourtant, ça ne m’a pas empêchée de tomber sous le charme de David Myles, dont le country folk de l’album So Far rend le cœur léger. Loin d’être mélancolique — même lorsqu’il évoque la mort sur When It Comes My Turn — le Néo-Brunswickois qui compte déjà 11 albums (il n’a même pas 40 ans) aborde avant tout le thème de l’amour, de l’attente d’un premier baiser (Tell Me What) à la possibilité d’aimer à nouveau (Love Again). L’auteur­compositeur-interprète, qui qualifie sa musique de roots music, propose sur So Far (2015) un pot-pourri des chansons favorites de ses fans au fil de sa carrière (lancé pour séduire le public américain), présentées ici surtout en version acoustique. Mention au bassiste Kyle Cunjak et au guitariste Alan Jeffries, qui forment un très beau trio avec Myles.

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Livre : L’homme invisible/The Invisible Man

Un ami qui a grandi dans le nord de l’Ontario m’a fait découvrir la poésie de Patrice Desbiens, qui fait partie de ma vie depuis. Le poète et parolier franco-ontarien, originaire de Timmins, a créé du début des années 70 à aujourd’hui une œuvre imposante, constituée de nombreux récits poétiques. L’homme invisible/The Invisible Man (1981) est l’un d’eux. On y suit un homme en quête de son identité, de cette identité qui se dédouble, le récit étant écrit dans les deux langues : la page de gauche en français et celle de droite en anglais. Une histoire en deux versions, qui montre toute la dualité qui habite l’homme invisible : à la fois Franco-Ontarien et French-Canadian, ses deux langues maternelles en chicane. Un homme en quête d’amour et d’appartenance, jusqu’à… Québec.