Les coups de coeur de Mylène Moisan

Wadjda

J’aime bien le cinéma étranger précisément pour des œuvres comme Wadjda, un long-métrage réalisé par une femme saoudienne, sur la réalité des femmes saoudiennes et, pour une première fois dans l’histoire du pays, entièrement tourné en Arabie Saoudite.

Wadjda

À travers l’histoire toute simple d’une fillette qui rêve de s’acheter une bicyclette pour faire des courses avec un ami, on y dépeint le quotidien de ces femmes inféodées à un régime où l’homme a tous les droits. Le film est sorti en 2012 et, à part l’interdiction de conduire qui vient d’être levée, il témoigne d’une réalité encore brûlante d’actualité, d’une société machiste où une interprétation rigoriste de l’islam sert de caution pour réduire la femme au silence, pour la soustraire aux regards. 

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L’imposteur, suite et fin

J’ai dévoré la première saison de cette série où Marc-André Gron-din incarne deux personnages à cheval sur deux vies, j’attendais avec impatience la suite. L’attente en a valu la chandelle. Avec des personnages toujours aussi forts et tourmentés, une intrigue haletante et une réalisation efficace, ce thriller mené de main de maître nous tient en haleine du début à la fin de chaque épisode. Même l’attente pendant les commerciaux m’a paru une petite éternité...

Marc-André Grondin dans le rôle de Youri/Philippe

C’est que l’ami Youri/Philippe a ce don de se mettre les pieds dans les plats, de s’enfoncer à force de vouloir s’extirper de ce foutoir dans lequel il s’est lui-même placé. Jusqu’à la toute fin, je n’arrivais pas à voir comment l’auteur allait arriver à trouver une porte de sortie. Et pourtant...

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Les Dragouilles

Je dois une fière chandelle à Maxim Cyr et Karine Gottot, qui ont créé les Dragouilles, personnages nés d’un dragon et d’une patate qui découvrent les grandes villes du monde. Grâce à eux, mon petit est devenu un lecteur boulimique, lui qui ne voyait pas l’utilité d’apprendre à décoder ces amas de lettres pêle-mêle.

Un ami lui a donné son premier Dragouille à sa fête de six ans et, un an et demi plus tard, il a lu l’intégrale de la collection, incluant deux albums hors série, jusqu’au plus récent livre, le 18e, publié il y a quelques semaines à peine. Chaque ouvrage contient de courts textes remplis de renseignements sur les différents endroits visités, des bandes dessinées, des recettes, des énigmes, des suggestions de bricolage. Et des jeux de mots, à la sauce Dragouille. Plaisir garanti.

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Daniel Lanois

Daniel Lanois est entré dans ma vie en 1995, dans un Suburban blanc, j’allais tourner un reportage au nord de Toronto. Le caméraman a glissé dans le lecteur CD For the Beauty of Wynona, j’ai été envoutée dès les premières notes. J’ai acheté l’album que j’ai écouté en boucles, que j’écoute encore. Chaque fois que Daniel Lanois passe par Québec, je suis là. J’étais au Petit Champlain il y a quelques années, j’étais au Grand Théâtre le 10 novembre.

Daniel Lanois au Grand Théâtre de Québec, le 10 novembre dernier.

J’avais peur que la salle Louis-Fréchette, plus grande, dilue la magie. Pas du tout. Elle a opéré tout de suite, magnifiée par la profondeur de sa voix, par la force de ses textes, par ses yeux complices. Il a fait l’effort de nous parler dans cette langue qui l’a bercé, petit, dans l’Ontario français où il est né. Tout simplement craquant.