Les coups de coeur de Josianne Desloges

Stranger Things 2

Heureux mélange des films initiatiques et des classiques de science-fiction, la première saison de Stranger Things, sur Netflix, m’avait beaucoup plu. La seconde est plus cinématographique, plus ambitieuse et permet d’approfondir un peu plus la psychologie des personnages, notamment grâce aux duos improbables qui ont été formés par les créateurs, les frères Matt et Ross Duffer. La saison est bonifiée d’une série de conversations sympathiques et instructives entre le réalisateur, les concepteurs et les acteurs. Parions qu’on reverra plusieurs des jeunes acteurs au cinéma dans les années à venir.

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Le poids de la neige

Déjà avant qu’il vaille le prix littéraire du Gouverneur général à Christian Guay Poliquin, une rumeur favorable entourait Le poids de la neige. Le roman publié aux éditions La Peuplade nous transporte dans une contrée où l’électricité est coupée depuis des mois et où les habitants d’un village isolé sont devenus les survivants d’un monde ankylosé et sauvage. Au travers, les étincelles d’humanité n’en paraissent que plus brillantes. Je suis restée captive de ce récit d’entraide et de blancheur, que j’ai dévoré.

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Et tout le monde s’en fout

Les Français Fabrice de Boni, Axel Lattuada, Marc de Boni et Christophe Baudouin mènent un combat intelligent contre la bêtise contemporaine avec leur série de capsules Web Et tout le monde s’en fout. Ils dévoilent en alternance un épisode qui parle de soi (l’estime de soi, les émotions, le désir sexuel...) et un épisode qui parle du reste (le sable, l’eau potable, la guerre, le racisme, les femmes). Leurs exposés fouillés, ponctués de perles d’humour et d’absurdité, nous laissent plié en deux, tout en activant nos neurones. 

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Bonsoir Shérif

Autant j’ai adoré son interprétation libre et assumée du Voyage d’hiver de Schubert et le spectacle multi qui l’a portée, autant les offrandes plus punk de Keith Kouna me réjouissent par leur inventivité et leur fougue débridée. Son dernier album en lice, Bonsoir Shérif, est particulièrement éclaté. Écouter des pièces suaves et addictives comme Poupée me donne un peu l’impression d’entendre du Boris Vian ou du Gainsbourg boosté au vitriol. J’étais en devoir ailleurs le soir de son passage à l’Impérial cet automne, mais j’imagine très bien comment des titres comme Ding Dang Dong, Shérif ou Madame ont pu faire lever le party. Je me promets d’y être la prochaine fois.