Les coups de coeur de Jean-Nicolas Patoine

Musique : Sun Leads Me On, Half Moon Run

Après trois écoutes, j’avais placé Sun Leads Me On, le deuxième album des Montréalais Half Moon Run, dans la catégorie «plaisant, sans plus». J’avais tort. Quelques utilisations subséquentes du CD (oui, oui, CD) m’ont permis de jouir à pleines oreilles des 13 morceaux et des 48 minutes de cette galette pop-rock aux accents folk.

Aucun temps mort dans cet album mélancolique, où les mélodies sont toutes plus accrocheuses les unes que les autres. En bout de piste, difficile de choisir un moment fort. Petit penchant, peut-être, pour l’éclatante Turn Your Love. Ou encore pour la contemplative chanson-titre, pourtant jugée plutôt faible au départ. Un album qui se déguste. Très hâte de voir la suite des choses pour le quatuor québécois. Et très hâte d’acheter leur premier album (oui, oui, acheter).

«Sun Leads Me On» de Half Moon Run

Télévision : La servante écarlate

Cette série coup de poing tirée d’un livre de Margaret Atwood m’habite toujours, plusieurs semaines plus tard. Dense, intense, l’histoire nous transporte dans un futur rapproché où une secte fondamentaliste a pris le contrôle des États-Unis, faisant table rase (en apparence, du moins) de tous les «hérétiques». Les rares femmes fertiles y sont aussi transformées en esclaves pour les puissantes familles. Le scénario multiplie judicieusement les sauts dans le passé pour expliquer comment cette société jadis libre a pu en arriver là. Troublant. Elisabeth Moss et Yvonne Strahovski sont magnifiques dans les rôles principaux, mais mon personnage favori demeure Tante Lydia (Ann Dowd), la responsable de l’«éducation» des servantes, à la fois aimante et terrifiante. Béni soit le fruit.

La servante écarlate.

Humour : Best Ove, François Pérusse

Je déteste les compilations. Je les évite comme la peste. Mais François Pérusse occupe une place toute spéciale, quelque part entre mon cœur et ma rate, alors j’ai fait pour lui une exception. Même si je possède déjà tous ses Albums du peuple. Aucun regret. Le roi des jeux de mots ne se contente pas d’y aligner ses plus célèbres sketchs; il parsème l’écoute d’anecdotes, d’inédits et même de bloopers. Les séquences déjà connues sélectionnées sont toutefois pertinentes, de l’excellente chanson Chez Greenberg (qui m’a fait rire aux larmes plusieurs fois, pendant l’année de mes 13 ans) à cette «balade» en voiture sous les conseils d’un GPS à la voix de Bob Hartley. Un pur bonheur pour ceux qui, comme moi, parlent le François Pérusse...

Best Ove de François Pérusse.

Série télé : Friends

Ce n’est pas la meilleure sitcom de l’histoire. À ce titre, mon cœur penche plutôt vers Seinfeld ou Scrubs, du moins dans leurs moments forts. Mais Friends demeure la plus réconfortante. Impossible pour moi de rester insensible aux tribulations des six amis du Central Perk. Les conneries de Joey me font toujours rire. La folie de Phoebe aussi. Et oui : même l’interminable saga amoureuse entre Ross et Rachel fait (un peu) vibrer le romantique caché en moi. La série a-t-elle bien vieilli? Ou est-elle devenue l’équivalent du Vivre à trois de ma jeunesse? Des plus jeunes pourraient nous le dire, mais j’en connais qui l’aiment autant que moi. Pas la meilleure sitcom, bref, mais quand même celle que j’apporterais sur la proverbiale île déserte. Car elle me donnerait au moins l’impression d’y être avec des amis...

L'équipe de Friends.