Les coups de coeur de David Rémillard

«Icarus»

J’ai écouté ce documentaire de Bryan Fogel quelques jours avant les Jeux de PyeongChang. Au départ, Fogel voulait démontrer l’absurdité des systèmes antidopage et comment il était facile de les déjouer. Ce qui se voulait une sorte de Super Size Me prend une tournure complètement différente lorsque le scandale de dopage étatique éclate en Russie. Grigory Rodchenkov, directeur du laboratoire antidopage russe, conseiller de Fogel dans son aventure, est au cœur du stratagème qui a aidé les athlètes à tricher aux JO de Londres et de Sotchi. Fogel dévie habilement l’attention vers Rodchenkov, un grand amateur de 1984 de George Orwell. Ce dernier, forcé de démissionner par le gouvernement de Vladimir Poutine (qui nie tout) et craignant pour sa vie, quitte la Russie pour les États-Unis, d’où il révèlera au monde entier l’un des plus grands scandales de l’histoire du sport.

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Fourchon

Comme tout jeune papa, me voilà malgré moi plongé dans l’univers des livres pour enfants. Je dois dire que j’ai bien aimé l’histoire de Fourchon, ce petit ustensile en quête d’appartenance qui n’est ni une fourchette, ni une cuillère, «mais un peu des deux». Mes jumelles de huit mois ne comprennent pas vraiment ce que je leur raconte, mais elles aiment bien regarder les jolies illustrations d’Isabelle Arsenault. Quand elles seront plus grandes, j’espère qu’elles apprécieront tout autant la petite leçon qui s’y cache. Ne ressemblant pas aux ustensiles conventionnels, Fourchon a de la difficulté à trouver sa place à table, où les «coutumes de la coutellerie» sont respectées «à la lettre». Après plusieurs efforts d’intégration à un groupe ou un autre, il finit par dénicher son utilité à table… en restant lui-même!

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What Does This Button Do?

Ceux qui me connaissent le savent: j’entretiens un certain degré de fanatisme envers le groupe heavy metal britannique Iron Maiden. Son chanteur, Bruce Dickinson, a publié l’automne dernier une autobiographie. Même si je trouve la couverture épouvantable, le contenu n’a pas déçu. Sur un ton disons pub anglais — j’ai du moins l’impression d’être assis devant lui en sirotant une pinte —, il raconte entre autres son enfance, sa passion pour l’aviation, son audition pour devenir la voix d’Iron Maiden et son récent cancer de la langue. Si j’avais déjà pas mal lu sur Iron Maiden, rien ne peut vraiment se comparer aux anecdotes provenant du légendaire meneur lui-même. Conquis d’avance? Oui, j’assume... 

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La fin du putain de monde

Quelque peu fatigué par la paternité, je me cherchais une série — à part District 31 — dont les épisodes duraient en moyenne une vingtaine de minutes. Voilà que La fin du putain de monde, comédie anglaise sombre adaptée de la bande dessinée de Charles Forsman, apparaît dans la liste des recommandations sur Netflix. On y suit la cavale de James (Alex Lawther) et Alyssa (Jessica Barden). Le premier, psychopathe de 17 ans qui ne ressent rien, a pour projet de tuer quelqu’un. Ce quelqu’un, c’est Alyssa, qui ignore son destin et voit plutôt chez James une chance de sortir de son quotidien moribond. James frappe son père en plein visage et vole sa voiture, à bord de laquelle le duo s’éclipse. C’est à ce moment que les problèmes arrivent, et que James commence à ressentir des choses, grâce à Alyssa. À regarder sans trop réfléchir si on aime l’humour noir et l'absurde.