Les petits formats de Bernard Paquet évoquent des muscles striés, des organes et des systèmes nerveux.

Les corps inventés de Bernard Paquet

Les petits formats de Bernard Paquet donnent l’impression de voir les images que capterait une caméra à l’intérieur d’un corps inventé et incandescent. Conjuguant les ocres jaunes et les rouges sur la toile, le peintre décline son sujet au gré d’explorations picturales aux textures variées, à la Galerie des arts visuels.

L’exposition s’intitule La fabrique du corps, un hommage au premier véritable traité de morphologie humaine, De humani corporis fabrica libri septem (À propos de la fabrique du corps humain en sept livres), publié par Andreas Vesalius en 1543.

Formé en biologie avant de faire ses beaux-arts à Paris, Bernard Paquet a été profondément marqué par un cours de physionomie humaine, où il a appris tout ce qui sous-tend l’épiderme pour pouvoir mieux dessiner les corps.

Il s’est intéressé aux «gueules cassées», ces gens défigurés lors de la Première Guerre mondiale. «J’avais fait une série de personnages avec la volonté de réparer les visages, avec des composantes picturales et technologiques, comme les cyborgs.» Pour éviter l’effet Terminator, il s’est plutôt tourné vers l’idée du corps écorché, encore vivant, et pour éviter l’effet gore, il a adopté une palette de couleurs non réaliste et lumineuse.

«J’imaginais un futur de l’humain où l’on pourrait interchanger des parties du corps à volonté et les colorer, où on serait des figures esthétiques, sans genre», indique-t-il devant le seul grand format de l’exposition, où une horde d’écorchés munis de tuyaux entrent en contact, dans une mêlée sans animosité, mais vaguement inquiétante.

Les 43 petits formats, dont la majorité est disposée en grille, évoquent des muscles striés, des organes, des systèmes nerveux, des globules…

Deux livres en accordéon, achetés en Chine et dessinés à Porto Alegre au Brésil, à l’encre et à l’aquarelle, ressemblent à des dépliants anatomiques fantaisistes. «J’ai mis une bonne dose d’humour avec des éléments mécaniques, comme des tuyaux, des outils et des vis», note l’artiste.

Jusqu’au 16 décembre au 295, boulevard Charest Est, Québec