Anne-Marie Olivier a imagin. un conte se déroulant au cœur du quartier Montcalm, et qui sera porté par la comédienne Lorraine Côté.

Les contes à passer le temps: comme un parfum de sacré

D’un temps des Fêtes à l’autre, depuis neuf ans, le succès des «Contes à passer le temps» ne cesse de grandir. Ils sont de plus en plus nombreux à investir les voûtes de la Maison Chevalier, une soirée ou un après-midi, pour savourer la puissance de l’imagination mise au service d’histoires déjantées se déroulant dans différents quartiers de Québec.

L’ex-marraine de l’événement, Anne-Marie Olivier, vivra cette année son baptême au sein de l’événement à titre d’auteure de l’un des cinq récits au menu, déclinés dans une mise en scène de Maxim Robin, également auteur et comédien pour l’occasion.

La directrice artistique du Trident a fabriqué un conte se déroulant au cœur du quartier Montcalm, et qui sera porté par Lorraine Côté. «J’étais assez nerveuse d’écrire pour une aussi grande comédienne», confie-t-elle. Les autres membres de la distribution de la nouvelle mouture des Contes sont Frédéric Brunet, Marc-Antoine Marceau, Mary-Lee Picknell-Tremblay, Sophie Thibeault et Nicola-Frank Vachon.

Baptisé Les oiseaux-mouches en hiver, le récit suit le destin d’une femme «particulièrement fragile» qui s’amuse à lancer des bouteilles à la mer, ou plutôt dans le fleuve. Contre toute attente, elle recevra «des réponses inattendues» qui serviront de baume à ses malheurs.

Lors de ses promenades, Anne-Marie Olivier aime observer les détails du quotidien et le théâtre de la rue, avec ses personnages souvent plus grands que nature. C’est ce qu’elle aime appeler «la pêche aux histoires vraies», faite de coups d’œil furtifs, non pas inquisiteurs, mais empreints de tendresse, sur la ville et ses gens.

«J’aime être touriste dans ma propre ville, la redécouvrir, m’émerveiller à nouveau. Il faut juste se donner la permission. Il y a vraiment beaucoup de trésors. Je suis vraiment amoureuse de Québec», explique l’auteure du spectacle Gros et détail, présenté en 2005, qui célébrait des facettes méconnues de la capitale.

Forme de messe

L’engouement pour Les Contes à passer le temps lui fait chaud au cœur. Elle y voit une façon pour les gens de se réapproprier un rite devenu obsolète, de ressusciter une époque où la tradition orale était reine. La dictature des écrans et notre monde accro aux nouvelles technologies ont évidemment changé la donne, et pas nécessairement pour le mieux.

«Le spectacle porte bien son nom, car le temps s’arrête quand on raconte des histoires. Les contes possèdent un grand pouvoir, celui de dire qui on est, où l’on va [...]. Il y a quelque chose de gratuit et on peut se réchauffer à ce feu-là. Ça fait du bien de s’arrêter et juste se raconter. Les cellulaires sont fermés, on se regarde les yeux dans les yeux. C’est comme une autre forme de messe. Quelque chose de sacré s’installe un petit moment.»

Cette année, outre la participation d’Anne-Marie Olivier et de Maxim Robin, les textes portent les signatures de Frédéric Blanchette, Jean-Michel Girouard, Sophie Grenier-Héroux, Marianne Marceau et Sophie Thibeault.

Et, tradition oblige, un décadent comptoir à desserts attend les spectateurs désireux de se sucrer le bec entre deux contes...

Les Contes à passer le temps ont lieu dans les voûtes de la Maison Chevalier, les 13-19-20, 23 et 30 décembre (à 20h), et les 14-15-21-22-27-28-29 et 30 décembre (à 15h). Billets en vente sur premieracte.ca ou sur lepointdevente.com