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Niels Schneider (Maxime) et Camélia Jordadana (Daphné) dans <em>Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait</em>.
Niels Schneider (Maxime) et Camélia Jordadana (Daphné) dans <em>Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait</em>.

Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait: Suspense amoureux *** 1/2 [VIDÉO]

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
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CRITIQUE / L’amour, et le désir, fait battre les cœurs et agite les corps. Emmanuel Mouret s’y consacre une fois de plus avec le délicieux Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait. Avec intelligence, sensibilité et une touche d’humour, dans un suspense amoureux qui séduit du début à la fin.

Le prétexte se résume à peu de choses. Maxime (Niels Schneider) se réfugie à la campagne chez François (Vincent Macaigne). Ce dernier devant quitter le lieu pour quelques jours, l’apprenti romancier au cœur brisé se retrouve seul avec Daphné (Camélia Jordana), la nouvelle conjointe de son cousin.

La suite s’avère plus complexe. Au fil du temps, le duo s’échange des confidences sur les aventures et déconvenues amoureuses. Ces récits dans le récit, avec des aller-retour temporels et leurs personnages contrastés, s’imbriquent habilement pour former un tout en conclusion.

Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait ne désarçonnera pas les habitués du réalisateur de L’art d’aimer (2011) et de Caprice (2015).

Comme d’habitude, les dialogues, qui coulent de source, occupent une place prépondérante dans le scénario. Les choses qu’on dit… s’avère un film bavard. Trop ? Ça dépend du degré de tolérance de chacun, mais traits d’esprit et humour relevé ponctuent les échanges avec une touche de grâce.

Il dirige, de plus, ses acteurs avec beaucoup de doigté. Tant Schneider, Jordana que Macaigne jouent dans un registre beaucoup plus en retenue et en intensité qu’habituellement. Surtout pour le premier qui se glisse dans la peau d’un introverti qui subit les choses en raison de sa nature timorée.

La caméra du réalisateur agit d’ailleurs comme un révélateur, dévoilant peu à peu le véritable caractère de ses personnages et leurs motivations. L’exercice s’avère fascinant parce que Mouret sait y faire à ce petit jeu des tromperies et des quiproquos — on n’a qu’à penser à Mademoiselle de Joncquières (2018), adaptation de Diderot.

Ce nouveau film s’inscrit dans le prolongement du précédent, même s’il agit d’un contexte contemporain. En fait, comme d’habitude, Mouret met en scène la petite musique des sentiments.

Chez lui, amour, plaisir, désir, mais aussi engagement, infidélité et mensonges tourbillonnent dans un bal de chassés-croisés où chacun doit se confronter à sa moralité. Certains en font peu de cas, d’autres en sont torturés — chacun peut s’identifier ou y reconnaître un proche ou une ex…

Les allusions à la littérature et au cinéma vont de l’évidence — Maxime lit L’homme rapaillé (1970) de Miron, ce qui en dit long sur son romantisme — au plus subtil (son triangle amoureux évoque Jules et Jim (1962) de Truffaut). À ce propos, la girouette Sandra (Jenna Thiam) et son esprit de contradiction me sont apparus particulièrement insupportables. Un agacement mineur...

Le trio façon Julet et Jim, avec Maxime (Niels Schneider), Sandra (Jenna Thiam) et Gaspard (Guillaume Gouix).

Le spectateur n’a pas besoin de relever ses allusions pour apprécier Les choses qu’on dit… et ses multiples récits parallèles. Cette construction élaborée, proche du vaudeville sans le ridicule, maintient notre intérêt à tout moment.

D’autant que Mouret a quelques surprises dans son sac, ouvertes à l’interprétation. Mais il réussit surtout à compléter de façon satisfaisante chacun des segments du scénario, y ajoutant même un bel épilogue.

Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait est présenté au cinéma.

Au générique

Cote : *** 1/2

Titre : Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait

Genre : Drame

Réalisateur : Emmanuel Mouret

Acteurs : Camélia Jordana, Niels Schneider, Émilie Dequenne, Vincent Macaigne

Durée : 2h02