DNCE n'avait qu'un but en montant sur scène : installer la fête le plus rapidement possible.

L'électrochoc DNCE

CRITIQUE / De toute évidence, DNCE n'avait qu'un but en montant sur les planches du Parc de la Francophonie, lundi: installer la fête le plus rapidement possible. L'objectif a été atteint le temps de le dire, le quatuor de Joe Jonas se lançant dans un marathon dansant qui, durant la première moitié, avait même les allures d'un sprint.
Recourant au thème de Star Wars pour faire son entrée, arborant des masques de Darth Vador, un drapeau du Québec à bout de bras, les Américains ont démarré leur spectacle sur des chapeaux de roue: ils avaient à peine saisi leurs instruments qu'ils sautaient ou couraient sans relâche d'un bout à l'autre de la scène. Le bassiste Cole Whittle, avec son look à mi-chemin entre le punk, le disciple krishna et le samouraï, était particulièrement déchaîné, paraissant branché dans une prise de 240 volt! Derrière ses verres fumés, la guitariste JinJoo Lee n'était pas en reste, dynamique elle aussi, sans négliger son jeu. Il faut dire que le quatuor s'appuyait de temps à autre sur des bandes pré-enregistrées, ce qui venait donner du punch aux orchestrations et un peu de liberté aux instrumentistes. 
S'il n'était pas aussi exubérant que ses comparses, Joe Jonas ne manquait pas d'assurance derrière le micro. Il a recouru régulièrement à sa voix de tête, en plus de distribuer de temps à autre des t-shirts.
On se demandait combien de temps les quatre compères pourraient garder leur rythme effréné. On l'a su à mi-parcours, quand ils se sont assis à l'avant-scène pour trois titres plus nuancés, presque acoustiques. Puis, la machine a repris son élan pop, funk, voire disco, avec Toothbrush, Pay My Rent et quelques clins d'oeil à d'autres artistes, dont les Guess Who (American Woman) et les White Stripes (Seven Nation Army).
Mais ce que la foule qui avait très bien rempli le Pigeonnier attendait, c'était bien sûr Cake By The Ocean. Elle est arrivée à la toute fin, dans une excellente version.
Une performance pop d'une grande efficacité.
Les frères Ewan (voix, guitare) et Shamus Currie (voix, claviers) des Sheepdogs venaient présenter leur projet Bros, dans une imposante configuration de 9 musiciens.
Bros
À la place d'Youville, les frères Ewan (voix, guitare) et Shamus Currie (voix, claviers) des Sheepdogs venaient présenter leur projet Bros, dans une imposante configuration de 9 musiciens. L'album Vol.1, paru l'an dernier, avait été une belle surprise, avec sa pop vintage finement orchestrée, assaisonnée de rock et de rythmes sud-américains. Visiblement, les gars de la Saskatchewan -un drapeau était bien en évidence- aiment le travail bien fait et la performance s'est avérée être toute aussi soignée, les musiciens enrichissant leurs pièces d'intéressants passages instrumentaux. 
L'exécution au chant comme aux instruments était sans bavure, bien rendue par la sono. Il y avait peut-être un peu trop de morceaux lents consécutifs dans le premier tiers, mais on a adoré les jams Flight 714 et surtout Boogar Sugre, où Shamus s'est ajouté à la section de trombones, chacun des quatre complices y allant de son solo. 
Tell Me, Brazil, le blues Watch Who You're Talking To ou encore la reprise 25 Or 6 To 4, de Chicago, ont été des points forts. Le vent et la pluie ont mis notre écoute à l'épreuve à mi-parcours, mais heureusement, ça n'a pas duré...
Sugaray Rayford

En début de soirée, c'est le bluesman texan Sugaray Rayford qui était à Place d'Youville, entouré de sept musiciens, dont une section de cuivres. Son blues, sa soul et son r'n'b ne réinventent peut-être rien, mais fonctionnent à merveille. En plus, il a une présence scénique redoutable. Il a lancé des colliers de mardi gras au public -il a confié rester tout près de la Louisiane- et a même chanté sans micro dans certains passages plus calmes, question de démontrer toute la puissance de son laryx. «Ce n'est pas un concert, c'est un party», a-t-il précisé à mi-parcours. Il avait bien raison.