Le bâtiment touché a été conçu il y a plus d’un siècle par l’architecte écossais Charles Rennie Mackintosh (1868-1928), l’un des principaux représentants de l’Art nouveau, célèbre pour son goût pour les bâtiments aux lignes épurées et les meubles à angles droits.

L’école d’art de Glasgow ravagée par un incendie

GLASGOW — La prestigieuse école d’art de Glasgow en Écosse, installée dans un bâtiment historique qui est un chef d’oeuvre de l’architecte Charles Rennie Mackintosh, a été ravagée par les flammes dans la nuit de vendredi à samedi, quatre ans après avoir été déjà victime d’un incendie.

Le feu n’a fait aucun blessé et a mobilisé plus de 120 hommes, ont indiqué les pompiers, alertés vers 23h20 vendredi et qui venaient samedi matin à bout de l’incendie.

«Le feu s’est répandu très rapidement» et «le bâtiment principal est gravement endommagé», a commenté sur place le chef adjoint des pompiers, Peter Heath. Ses équipes ont dû fournir un «énorme effort dans des conditions extrêmement difficiles», a-t-il souligné. L’école se trouve dans le centre de Glasgow qui était très fréquenté vendredi soir. Des riverains ont dû être évacués.

Le bâtiment touché a été conçu il y a plus d’un siècle par l’architecte écossais Charles Rennie Mackintosh (1868-1928), l’un des principaux représentants de l’Art nouveau, célèbre pour son goût pour les bâtiments aux lignes épurées et les meubles à angles droits. Surnommé le «Mack», c’est l’un des bâtiments les plus connus de Glasgow.

Une photo aérienne de l'école d'art dévastée.

La première ministre écossaise Nicola Sturgeon a confié sur Twitter avoir le «coeur brisé». «C’est une triste matinée pour Glasgow», a-t-elle ajouté un peu plus tard, se disant toutefois «soulagée» qu’il n’y ait pas eu de victimes et «pleine d’admiration» pour les pompiers.

«Mais il est difficile de trouver des mots pour transmettre le sentiment de dévastation totale ressenti ici et partout dans le monde pour l’emblématique bâtiment Mackintosh @GSofA», a-t-elle poursuivi.

Sentiment de perte

«Nous avons un très fort attachement émotionnel» à ce bâtiment, a déclaré le chef adjoint des pompiers, évoquant «un sentiment de perte», chez les pompiers, mais aussi chez les habitants de Glasgow.

L’école avait déjà été endommagée par les flammes il y a 4 ans. À l’époque, le président de la Société royale des architectes britanniques (RIAS), Iain Connelly, avait qualifié le bâtiment de «trésor international qui reflète le génie d’un de nos plus grands architectes». Sa valeur «va bien au-delà de Glasgow ou même de l’Écosse», avait-il souligné, «c’est une oeuvre de patrimoine architectural de renommée mondiale et son influence sur l’architecture du 20e siècle est incommensurable».

Le «Mack» était en cours de rénovation depuis le dernier incendie survenu en 2014, un projet qui aurait coûté entre 20 et 35 millions de livres (entre 35 et 61 millions $CAN). Le bâtiment est le «plus important architecturalement à Glasgow», «nous ne pouvons pas le perdre», s’est désolé sur Twitter un député local, Paul Sweeney, «dévasté» par la nouvelle de l’incendie.

«Le mieux que nous puissions espérer est un maintien de la structure de la façade et une reconstruction complète de l’intérieur», a-t-il ajouté, constatant l’étendue des dégâts.

L’incendie de 2014, provoqué par un projecteur, avait détruit la bibliothèque du bâtiment, reconnue comme l’un des plus beaux exemples d’Art nouveau au monde.

Cette fois-ci, l’incendie a été encore plus dévastateur et s’est étendu à des bâtiments voisins, dont une boîte de nuit.

La Glasgow school of arts, une des plus anciennes institutions britanniques dédiées à l’art et au design, a été fondée en 1845 et a formé des artistes contemporains majeurs. Trois de ses anciens élèves ont récemment remporté le prix Turner: Simon Starling en 2005, Richard Wright en 2009 et Martin Boyce en 2011.

Son bâtiment emblématique a été construit entre 1897 et 1909.