Dans «L’échange des princesses», la fille du Duc d’Orléans (Anamaria Vartolemei), 12 ans, est offerte en mariage à l’héritier du trône d’Espagne, tandis que le roi d’Espagne doit céder sa fille au futur roi de France.

«L’échange des princesses»: intrigues à la cour ***

CRITIQUE / L’histoire est un riche terreau dramatique. Surtout quand elle concerne la royauté, avec ses intrigues et ses jeux de coulisses. Comme dans «L’échange des princesses» où des mariages arrangés sont censés amener paix et prospérité à la France et à l’Espagne après une longue guerre. Mais ça ne se passe pas toujours comme prévu avec des enfants…

Nous sommes en 1721. Le Duc d’Orléans (Olivier Gourmet), régent de Louis XV (Igor van Dessel), 11 ans, a une idée pour consolider son pouvoir: marier sa fille Louise-Élisabeth (Anamaria Vartolemei), 12 ans, à l’héritier du trône d’Espagne, Louis (Kacey Mottet Klein).

En échange, le roi d’Espagne (Lambert Wilson), un homme fragile hanté par la mort de ses soldats, doit céder sa fille Marie Victoire, 3 ans, au futur roi de France.

S’amorce alors, pour un temps, un étrange film de route, où les deux princesses progressent à carrosse vers leurs nouvelles vies. Une fois installées et condamnées à jouer aux adultes malgré leurs désirs enfantins, les deux filles vont difficilement apprivoiser leurs destinées imposées.

Louise-Élisabeth, adolescente rebelle et insolente, préfère jouir de sa dame de compagnie plutôt que d’accomplir son devoir conjugal auprès du prince, un jeune homme introverti et romantique.

Quant à la petite Marie Victoire, elle est complètement dépassée par les évènements et souffre du rejet de Louis XV, qui tente tant bien que mal de diriger son royaume lorsqu’il accède à sa majorité… à 13 ans!

Marc Dugain (Une exécution ordinaire) adapte avec faste, tant en images qu’en costumes, le roman éponyme de Chantal Thomas. La démonstration est évidente: les princesses sont des viandes à marier, dont les hommes disposent à leur guise, les soumettant aux calomnies et aux jalousies de la cour.

La leçon d’histoire n’est pas inutile (elle demeure d’actualité), mais on en saisit vite les tenants et aboutissants. Ce manque de tension mine un récit dramatique qui aurait gagné à plus de démesure. Le portrait est trop lisse, malgré de fortes performances de Gourmet et Wilson. Anamaria Vartolemei est aussi remarquable en jeune insoumise.

Igor van Dessel se tire bien d’affaire en Louis XV impassible. C’est surtout la maturité et l’intelligence du petit roi, qui voit clair dans les manœuvres de son entourage, qui retiennent notre attention.

L’échange des princesses demeure un long métrage grinçant et curieusement très actuel. Les férus de films à costumes vont adorer.

AU GÉNÉRIQUE

• Cote: ***

• Titre: L’échange des princesses

• Genre: drame historique

• Réalisateur: Marc Dugain

• Acteurs: Lambert Wilson, Anamaria Vartolemei, Olivier Gourmet

• Classement: général

• Durée: 1h40

• On aime: la leçon d’histoire. Les fortes interprétations. Un ton grinçant

• On n’aime pas: le portrait trop lisse