Les Tireux d'roches.

Le vent dans les voiles pour la Virée

CARLETON — La 19e Virée, l’événement automnal par excellence en Gaspésie, prendra son envol vendredi à Carleton-sur-Mer, avec trois spectacles de musique traditionnelle et un vernissage, les premières activités d’un événement qui en rassemblera une trentaine d’ici dimanche.

La Veillée de danse traditionnelle constitue le point culminant de vendredi, d’autant plus qu’elle sera animée par un groupe rompu au rythme de la Virée, De Temps Antan, mené par Ghislain Jutras au call. Le vernissage de l’exposition D’ici et d’ailleurs, au centre Vaste et vague, et une prestation du groupe É.T.É précéderont la Veillée de danse, qui sera suivie par Les Tireux d’roches.

Ces départs en force expliquent sans doute en partie l’affluence croissante de La Virée même après 19 ans, alors que bien des événements du même âge plafonnent ou déclinent.

«Les deux dernières Virées ont été marquées par des records d’assistance. Le taux d’occupation des spectacles est de 90 %. On s’entend que nos lieux de diffusion sont de capacité modeste, à 168 places au studio du Quai des arts, à 300 places au Centre de congrès et à 140 places au Naufrageur, mais on ajoute 4500 personnes participant aux activités extérieures. Nous avons reçu 7200 festivaliers l’an passé», note son coordonnateur, Samuel Téguel.

«Comment expliquer cette croissance? On a des propositions artistiques relevées et il y a un renouveau dans le milieu de la musique trad au Québec, qui n’a rien à envier à ce qui se passe ailleurs. Il faut réaliser que les Tireux d’roches et de Temps Antan sont les trois quarts du temps à l’étranger. Le marché québécois étant ce qu’il est, parce qu’en dehors des festivals trad, la musique et la chanson traditionnelles ont trop peu de place pour permettre à ces artistes d’exploiter leur talent, ils n’ont pas le choix de s’exporter. Les marchés extérieurs leur permettent de vivre», ajoute M. Téguel.

Marché régional

Le public régional s’affirme aussi. «On a assisté au développement d’un marché régional, d’un public curieux, qui vient voir et qui demande de voir autre chose, des spectacles plus rares, de la danse […] On a aussi fait une étude l’an passé et elle indique qu’il y a 38 % de touristes dans notre assistance», souligne-t-il.

La Virée reçoit aussi le plus gros marché public de l’année en Gaspésie, avec 60 exposants, des producteurs d’aliments du terroir et de métiers d’art. «La même étude révèle que ces exposants ont vendu pour 100 000 $ de produits en deux jours l’an passé. Si ce n’est pas vital pour certains d’entre eux, c’est tout près. Les touristes rappellent parfois après la Virée pour nous demander la provenance de tel produit», explique Samuel Téguel.

La Virée réussit depuis plusieurs années à donner une touche internationale à l’événement. Cette année, c’est Doolin’, une formation française de Toulouse, spécialisée en musique celtique, qui est invitée. Musique à bouches, MAZ, Henri Godon et le slameur, poète et romancier David Goudreault prennent aussi une belle place au programme.

Un atelier de danse traditionnelle, un chapiteau où une dizaine de spectacles sont offerts, une tente des vieux métiers, une rencontre folklorique pour musiciens de la région, des 5 à 7 musicaux, des activités pour enfants et la toujours populaire visite du cimetière de Carleton s’ajoutent à l’offre de la Virée.