Avec un minialbum proposé au printemps dernier et un album complet à l’automne, Loud n’a pas raté son virage en solo.

Le record annoncé de Loud

Dans les derniers mois, Loud a notamment mérité le titre convoité de millionnaire du Web, il a fait très bonne figure en France, où il retournera au printemps, et il s’est attiré une invitation pour la grande scène du Festival d’été de Québec (FEQ). Le rappeur montréalais ne pouvait mieux dire en choisissant le titre Une année record pour son premier album solo.

À tout juste 30 ans, Loud (Simon Cliche-Trudeau de son vrai nom) a écrit du rap pendant la moitié de sa vie. Jusqu’à récemment, il évoluait au sein du trio Loud Lary Ajust. Avec un minialbum proposé au printemps dernier et un album complet dévoilé à l’automne, le rappeur n’a pas raté son virage en solo. «Le EP, c’était pour ne pas lancer l’album à froid, pour ouvrir la discussion, créer un buzz pendant l’été et faire des spectacles, explique-t-il. C’était aussi pour faire un clip, parce que c’est aussi par là que ça se passe. Tout ça pour créer un peu d’engouement pour sortir l’album.»

En matière de buzz, Loud a été servi. Mise en ligne en avril, sa pièce 56K a depuis été vue plus de deux millions de fois sur YouTube (Elle est aussi millionnaire sur la plateforme Spotify, tout comme sa chanson Nouveaux riches, d’ailleurs). Et comme de nombreux clics venaient de l’Hexagone, la table était mise pour la création d’un album — dont il n’avait pas encore écrit une ligne —, qui serait forcément destiné à résonner des deux côtés de l’Atlantique.

«Ç’a vraiment changé la donne, confirme le principal intéressé. C’est ça qui a ouvert la porte de la France, directement. Ç’a aussi affecté comment j’ai abordé le plan pour la suite. Je ne dirais pas que j’ai fait l’album pour eux, ce n’est vraiment pas le cas. Mais il y avait toujours cette arrière-pensée qu’on essaierait d’aller là-bas.»

Création sous pression
Restait donc à l’écrire, cet album. Une date de parution avait été fixée pour l’automne, il était temps de livrer. «La pression peut créer des choses vraiment intéressantes, je pense. Il ne faut pas tout le temps se mettre dans cette position-là, mais il y a des fois où tout s’aligne quand on se donne un deadline vraiment serré. Ça force à y penser comme si c’était final, parce que tu n’as pas le temps d’y revenir. L’écriture, ça peut entrer dans un genre de cycle obsessif…» observe le rappeur, qui a l’habitude de beaucoup retravailler ses textes. «Quand j’arrive proche de la fin, je recommence ou je vais tout revisiter», laisse-t-il tomber.

Une année record a effectivement amené Loud en Europe. Il s’est récemment rendu en France le temps d’une semaine bien remplie d’entrevues, de rencontres et de quelques spectacles. Les vieux pays l’attendent de nouveau en avril pour une tournée.

D’ici là, Loud se produira à guichet fermé à l’Impérial jeudi et une supplémentaire est prévue pour novembre. Entre les deux, ses fans pourront le voir sur les plaines d’Abraham le 7 juillet, alors qu’il chauffera les planches pour Future au FEQ. «C’est un beau spot dans la programmation de jouer sur les Plaines, se réjouit-il. J’ai souvent fait le Festival d’été de Québec, mais jamais à l’extérieur comme ça. Dans un contexte de festival où on joue quand il fait encore jour, il n’y a pas de projection, c’est plus naturel. C’est plus dans la performance.»

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EN FEU... LITTÉRALEMENT!

Quand vient le temps de tourner un clip, Loud est friand des plans-séquences. Filmée dans un hangar d’aéroport, sa carte de visite 56K privilégiait ce langage cinématographique sans coupure. «C’est un travail de plus dans le sens où il faut chorégraphier pour que tout s’emboîte parfaitement. Mais une fois qu’on l’a, ça va beaucoup plus vite que de tourner 30 plans dans cinq endroits différents. Là, c’est un plan. Une fois qu’on l’a, on l’a», explique le rappeur, qui s’est de nouveau prêté à l’exercice (à une petite tricherie près) pour mettre en images sa chanson Devenir immortel (et puis mourir). Une vidéo pour laquelle il a joué les cascadeurs en devenant momentanément une torche humaine. «C’est moins freakant que ce à quoi je m’attendais. Je l’ai pratiqué quelques fois et on avait quand même une équipe de cascadeurs avec nous. On a fait ça de manière professionnelle et sécuritaire», précise Loud, qui décrit l’expérience comme un «feeling étrange». «Il y a comme un genre de transe qui vient pendant ces 10 secondes, ajoute-t-il. En fait, le plus stressant, c’est quand ils mettent le feu!»  

VOUS VOULEZ Y ALLER?

Qui: Loud

Quand: 7 juillet à 19h

Où: plaines d’Abraham

Accès: laissez-passer du Festival d’été

Info.: www.infofestival.com

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Quand: 16 novembre à 20h30

Où: Impérial

Billets: 30 $

Info.: www.imperialbell.com