Le livre de la semaine: Origine

Dan Brown, Origine, JC Lattès

L’histoire: Robert Langdon, le célèbre professeur en symbolique, arrive au musée Guggenheim de Bilbao pour assister à la conférence d'Edmond Kirsch, un éminent futurologue spécialiste des nouvelles technologies, qui s’apprête à livrer le résultat de ses recherches qui apportent une réponse stupéfiante aux questions fondamentales sur l’origine et le futur de l’humanité. La soirée va virer au cauchemar. Les révélations de Kirsch risquent d’être perdues à jamais. 

L’auteur: Né en 1964 au New Hampshire, Daniel Gerhard Brown a fait trembler la planète littérature en 2003 avec son quatrième roman, le Code Da Vinci, traduit dans 40 langues et vendu à plus de 60 millions d’exemplaires à travers le monde. Il a ensuite publié trois autres romans dans la même veine, tous des best-sellers, Le symbole perdu, Inferno, puis son tout dernier, Origine.

LES CODES DU SUSPENSE

CRITIQUE / Tout un défi de vous parler du dernier Dan Brown sans vous en révéler les intrigues. En somme, en parler sans en parler.

Primo, je n’ai pas lu le Code Da Vinci, ni les autres opus de l’auteur qui promène, si je comprends bien, le réputé professeur Robert Langdon à travers des histoires abracadabrantes. Le tout dans une aura de mystère et de complot, avec l’histoire de l’art en trame de fond.

Secundo, j’adore les livres à suspense et les énigmes. Je me suis tapé, ado, l’intégrale d’Agatha Christie.

Avec Origine, j’ai été servie. Le décor est planté dès le début, l’avenir des religions est en jeu et, par ricochet, celui de l’humanité. Curieux hasard, Dan Brown nous emmène dans une région qui bouillonne présentement, l’Espagne et la Catalogne, où un éminent futurologue s’apprête à bouleverser l’ordre du monde.

Et ça tourne mal.

Le rythme est soutenu, le style efficace, deux ingrédients clés pour tenir le lecteur en haleine. L’intrigue n’est pas des plus subtiles, l’aspect prévisible de certains rebondissements agace, mais l’ensemble fonctionne. L’expression anglaise «page turner» lui va comme un gant.

J’ai lu les 559 pages presque d’un trait, jusqu’aux petites heures du matin. Au-delà de mes traits tirés, je suis ressortie de cette lecture avec un intéressant questionnement sur le monde dans lequel nous vivons, sur toute cette interrelation entre l’homme et la machine. Avec toutes les promesses que nous fait miroiter la technologie, quelle place restera-t-il à l’humain?

Dan Brown nous suggère une réponse, plutôt un souhait, au terme de l’essoufflante cavale de Langdon et de la promise du futur roi d’Espagne.

L’auteur nous propose aussi une réflexion brûlante d’actualité sur la raison d’être des religions, sur les deux grandes questions auxquelles elles tentent de répondre : d’où venons-nous? où allons-nous? «Si on avait pour dieu la gravité, personne ne se ferait la guerre pour dire de quelle façon elle s’applique»...

Le pari est ambitieux, nous faire voir le monde autrement.

Incluant le logo de FedEx.  

Mylène Moisan, Le Soleil  ***1/2

. . . . . . . . . .

LA MÊME RECETTE... GAGNANTE

CRITIQUE / Comme bien des lecteurs, c’est avec impatience que j’attendais Origine, nouveau chapitre des aventures du professeur Robert Langdon. Quatre ans s’étaient écoulés depuis la publication d’Inferno et comme tous ses fans, j’avais hâte de savoir où le spécialiste des symboles sévirait et dans quel contexte. J’ai été servi à souhait.

Cette fois c’est en Espagne, et plus précisément à Bilbao, Séville, Madrid et Barcelone, que Brown campe son intrigue dont la trame du thriller pourrait se résumer à «D’où venons-nous et où allons-nous?» Après quelques chapitres seulement, j’ai été accroché par Origine. À cause du rythme soutenu, mais aussi pour son côté historique, pour l’histoire très accrocheuse et pour le plaisir que j’avais à découvrir en même temps que le professeur Langdon les symboles cachés que le scientifique devait déchiffrer afin de trouver les indices devant lui permettre de connaître la vérité. Si j’avais pu, j’aurais lu l’ouvrage de près de 559 pages d’un trait.

Bien sûr, Dan Brown ne réinvente pas les genres avec Origine. La recette qu’il a utilisée dans son dernier roman est la même que celle qui lui a permis de connaître son succès à l’échelle mondiale, lui qui a vendu à ce jour plus de 200 millions d’exemplaires des quatre premières aventures du professeur Langdon. Mais pourquoi changer une recette gagnante?

Origine mêle donc science, art, histoire, religion, signes cachés, complots, tension, et rebondissements, quelques fois prévisibles, il faut l’admettre. Et toujours, ce choc constant entre les faits et la foi. À travers son intrigue, Brown suscite des questionnements comme la place de l’homme dans ce monde qu’il a voulu et veut toujours rendre meilleur, un monde marqué par l’avènement des technologies de pointe et l’intelligence artificielle, et, bien sûr, la place qu’occupent les religions, les rôles qu’elles jouent et leurs influences. Quant au punch final, disons simplement que Brown conclut son bouquin en apportant au lecteur une dose d’espoir, ce qui lui permettra de retrouver une certaine zénitude.  

Jean-François Tardif, Le Soleil  ***1/2

. . . . . . . . . .


EXTRAIT: LA PREMIÈRE PAGE

Langdon contemplait le chien assis sur l’esplanade. Un animal haut d’une dizaine de mètres recouvert d’un patchwork d’herbes et de fleurs.

J’essaie de t’aimer. Vraiment, j’essaie.

Langdon s’attarda un moment encore devant la créature, puis reprit son chemin sur la passerelle, suivant une enfilade de marches dont l’irrégularité visait à maintenir le visiteur en éveil, à rompre la monotonie de ses habitudes.

Mission accomplie! pesta intérieurement Langdon en manquant à deux reprises de trébucher.

Au bas de l’escalier, Langdon s’immobilisa, stupéfait.

De mieux en mieux...

Une grande araignée noire se dressait devant lui, ses longues pattes filiformes supportant son corps à plusieurs mètres au--dessus du sol. Sous l’abdomen, une sorte de filet métallique était rempli de globes de verre.

— Je vous présente Maman, dit une voix.

Devant Langdon, se tenait un homme longiligne. Il portait un sherwani de brocart noir et des moustaches à la Dalí.

— Je m’appelle Fernando. Je suis ici pour vous souhaiter la bienvenue à cette soirée au musée.

L’homme farfouilla dans une boîte pleine de badges posée devant lui.

— Je peux avoir votre nom?

— Bien sûr. Robert Langdon.

L’homme tressaillit.

. . . . . . . . . .

À VENIR

  • 4 novembre: Sylvie Simmons, Leonard Cohen — I’m Your Man (Édito)
  • 11 novembre: Biz, La chaleur des mammifères (Leméac)
  • 18 novembre: Michèle Ouimet, L’heure mauve (Boréal)

ÉCRIVEZ-NOUS

Le Club de lecture se veut un lieu d’échange sur la littérature. Chaque semaine, deux journalistes du Groupe Capitales Médias partagent leur appréciation d’un livre. Et nous voulons aussi votre avis! Vous avez lu le bouquin dont nous parlons et voulez donner vos commentaires? Envoyez-nous un texte d’environ 80 mots (500 caractères) avec votre nom et votre lieu de résidence à clubdelecture@gcmedias.ca