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<em>Intrude</em> d’Amanda Parer sera au Parc Cartier-Brébeuf dès le 26 mars.
<em>Intrude</em> d’Amanda Parer sera au Parc Cartier-Brébeuf dès le 26 mars.

Le jardin d'hiver: un parcours aux merveilles

Josianne Desloges
Collaboration spéciale
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Les déambulations urbaines dans les quartiers centraux de Québec gagnent en potentiel d’émerveillement jusqu’au 5 avril grâce au parcours Le jardin d’hiver de Manif d’art. Des artistes de Québec et d’ailleurs proposent des apparitions fantastiques sous la forme de dessins, de murs lumineux, voire de lapins gonflables géants.

Forcé de remettre sa biennale internationale d’art actuel à l’hiver 2022, Manif d’art a décidé de renouveler son événement intercalaire destiné à un large public, dont les familles, qui se déploie dans des lieux extérieurs de la ville.

On s’en réjouit, puisque ce nouveau parcours semble tout naturellement prendre le relais des installations du Carnaval de Québec et nous aidera certainement à tenir le coup jusqu’au printemps.

Faire venir des œuvres de l’extérieur du pays a représenté un défi logistique. «On avait négocié la venue d’Intrude d’Amanda Parer pour un autre contexte, mais comme ça cadrait très bien avec Le jardin d’hiver, elle a accepté de les présenter», indique Claude Bélanger, directeur général et artistique de Manif d’art.

Illuminés de l’intérieur, hauts de 9 à 15 mètres, les sept lapins diaphanes de l’artiste australienne transformeront l’aspect du Parc Cartier-Brébeuf dès le 26 mars. «Il a fallu faire une étude sur le vent, s’assurer que les œuvres ne soient pas trop près des arbres. Il faudra les dégonfler chaque soir et les resouffler chaque matin», indique M. Bélanger.

Sur le mur blanc de la maison Maillou, rue Saint-Louis, est projeté une œuvre vidéo de Boris Labbé, qui travaille en France et en Espagne. Codiffusée par La bande vidéo, Kyrielle est faite à partir de 285 aquarelles montrant une multitude de personnages colorés. Le titre fait référence aux comptines d’enfants qui répètent la même syllabe d’un vers à l’autre, comme Trois petits chats.

L’œuvre s’inspire entre autres de Tango du cinéaste Zbigniew Rybczynski et de la peinture Jeux d’enfants de Pieter Bruegel l’Ancien, souligne l’artiste sur son site Web.

<em>Illuminations</em> de Jocelyn Philipert devant le Centre Alyne-Lebel

Forêts hypnotiques

Dans le parc de Cétière, près de la Place Royale, Mathieu Valade présente Le bruit du vent, une version plus imposante de l’œuvre du même nom présentée à la Galerie 3 l’an dernier. La canopée y danse, secouée par les bourrasques, sur des enseignes vidéo DEL. Une apparition inquiétante qui happe le regard et hypnotise.

D’autres arbres, magnifiés ceux-là, trônent devant le centre Alyne-Lebel, sur le boulevard Langelier. Jocelyn Philipert a créé les trois images qui composent Illuminations à partir d’accumulations de photographies, travaillées numériquement pour former une seule œuvre. De grands feuillus irradiés, mystérieux et déroutants.

Du haut de la rue Saint-Réal, on a une vue imprenable sur Le temps nécessaire pour construire, d’Audrée Demers-Roberge, qui occupe les fenêtres de trois étages de la coopérative Méduse. Les enchevêtrements de formes et de couleurs vives rappellent le tapis forestier, voire un récif de corail.

<em>Le temps nécessaire pour construire</em> d’Audrée Demers-Roberge, dans les fenêtres de Méduse

À l’invitation de lŒil de poisson, l’artiste a travaillé d’arrache-pied sur son installation ces dernières semaines. «On a l’impression que ces formes sont une quête, tant elle y met de temps et d’énergie, note Claude Bélanger. Elle est inlassable.»

Dessins à voir de près

Si certaines œuvres du Jardin d’hiver demandent de prendre un peu de distance pour les contempler, d’autres invitent les observateurs à s’approcher.

Les œuvres de Kingmeata Étidlooie sur le parvis de l’église Saint-Roch

Sur le parvis de l’église Saint-Roch, on peut contempler neuf dessins chatoyants, parfois rehaussés d’acrylique et d’encre, de Kingmeata Étidlooie, une artiste du Nunavut décédée en 1989. Les deux volets de sa production (le paysage nordique et les métamorphoses entre humains et animaux) sont représentés dans le choix des œuvres, fait en collaboration avec la West Baffin Eskimo Co-operative, située à Cape Dorset.

<em>Le petit théâtre des rencontres célestes </em>du duo Demers-Mesnard à la place D’Youville

À la place D’Youville, des créations de Fanny Mesnard et Isabelle Demers, à qui l’ont doit entre autres l’œuvre d’art public située à l’intérieur du Grand marché de Québec, ressemblent à une collection étoilée. Rassemblés sous le titre Le petit théâtre des rencontres célestes, ces collages et dessins à quatre mains regorgent de féerie et réinventent le cosmos, puisant au monde animal et végétal.

Courts-métrages à écouter

Une expérience d’écoute singulière attend les visiteurs au Passage Olympia, rue Saint-Jean. En collaboration avec Avatar, trois artistes y présentent des courts-métrages sonores.

Trois court-métrages sonores sont diffusés au passage Olympia

«Cinéma d’oreille expérimental», Quatre silences, trois soupirs d’Anne-Marie Bouchard combine mots et ambiances idylliques, qui bercent et confortent. Avec Feu à l’Olympia, Jeremy Peter Allen signe un feuilleton radio de détective qui s’inspire de l’incendie du cinéma qui se trouvait sur les lieux, alors que David Nadeau Bernatchez signe six tableaux sonores, qui conjuguent fanfare et voix. Les trois propositions jouent en boucle, grâce à un système de diffusion qui résiste aux intempéries.

Le jardin d’hiver est présenté jusqu’au 5 avril. Info : manifdart.org/jardin-dhiver-2021