Flo Rida est entré sur scène vêtu du gilet de baseball des Capitales de Québec, un habit que son équipe avait pris la peine de montrer sur son compte Instragram plus tôt dans la journée.

Le gros party de Flo Rida

CRITIQUE / Le public du parc de la Francophonie était en liesse pour Flo Rida, qui l'a fait danser du début à la fin de sa prestation. Ceux qui ont opté pour son hip-hop très pop plutôt que pour les Red Hot Chili Peppers n'ont pas semblé déçus.
Facile de se laisser séduire par les tubes rythmés et l'attirail du rappeur floridien. Quatre danseuses athlétiques et sexy enchaînent les chorégraphies, tout un band (même des claviers) et un DJ accompagnent le chanteur. Macy Kate, une jeune chanteuse blonde de 20 ans qui l'accompagne, voire qui soutient parfois la plus grande portion chantée des chansons, éclipse presque la vedette avec sa voix digne de Christina Aguilera et sa présence très affirmée.
Flo Rida est entré sur scène vêtu du gilet de baseball des Capitales de Québec, un habit que son équipe avait pris la peine de montrer sur son compte Instragram plus tôt dans la journée. Ceux qui ont pris une gorgée pour chacune des fois où il a dit le mot «Québec» ont probablement vu des étoiles. Malgré ce martèlement et tout l'éclat du spectacle, on sentait toutefois que le rappeur appliquait sa recette à la lettre. Roses dans la foule, champagne, vidéoclips projetés en arrière-plan... Mais si la recette fonctionne, pourquoi changer?
On a entendu tous ses gros succès, de My House, de son dernier album paru en 2015, Whistle, Wild Ones... Deux chanteuses sont venues le rejoindre sur scène le temps d'une chanson. Kandy Kisses a scandé d'une voix candide des «I love candy». La seconde, dont nous n'avons pu malheureusement saisir le nom, chantait soit à côté du micro, ce qui nous laissait très clairement voir qu'elle avait l'appui d'une bande sonore, soit directement dedans... en faussant. Une drôle de scène.
On ne peut toutefois nier que Flo Rida sait donner un spectacle et tous les admirateurs, anciens et nouveaux, semblaient repus à la fin de l'exercice.
Taktika, les 20 ans
Plus tôt dans la soirée, l'heure était aux souvenirs pour Taktika. «On vient cracher le chant de la résilience, Québec!» ont-ils lancé avant de briser la glace avec Résilient, la chanson titre de leur cinquième et plus récent album. Le duo de la Rive-Sud de Québec a célébré ses 20 ans en puisant à rebours dans son répertoire et en répétant souvent qu'il était fier du chemin parcouru. Black Taboo, puis le 83, sont venus multiplier les effectifs aux micros pour la deuxième partie de la prestation.
Dans la foule, qui s'est densifiée de plus en plus, ça battait parfois la mesure un bras dans les airs chez ceux qui étaient entrés tôt, mais plus on s'éloignait de la scène et plus la foule devenait tiède, malgré le caractère «historique» de la performance.
Qu'à cela ne tienne, B.I.C. et T-Mo (Simon Valiquette et Frédéric Auger), accompagnés de DJ K-Turnaz à la console, ont mordu dans les mots et enchaîné les pistes. Ils ont dédié Désarmé jusqu'aux dents à leur collègue Pagail, qui s'est enlevé la vie, et La tête dans les nuages à leur amie Martine, qui lutte contre la maladie. Ils auraient bien voulu un peu de lumière pour Où est-ce qu'on s'en va, mais il était encore trop tôt pour que les lueurs de cellulaires créent de la féérie.
Juste avant, Rednext Level, le nouveau duo formé de Robert Nelson (alias Ogden) et Maybe Watson, du collectif Alaclair Ensemble, a servi sa prose comico-ironique. Ils seront à l'Impérial demain à 23h15.