Le Grand Théâtre fera encore affaire avec Ticketmaster.

Le Grand Théâtre largue Billetech

Signe des nombreux bouleversements qui frappent le monde du spectacle et l’avancée des nouvelles technologies, le Grand Théâtre de Québec abandonne après 20 ans la gestion du réseau Billetech. Dorénavant, la clientèle passera directement par l’établissement pour l’achat de billets de spectacles.

Pour le président-directeur général Gaétan Morency, cette décision était devenue inévitable dans la mesure où de plus en plus de salles ont choisi de se joindre à d’autres sites de ventes. On pense au Centre Vidéotron allié à Ticketmaster, au Capitole et à la salle Albert-Rousseau, affiliés à Ovation, ou encore le Palais Montcalm, avec Tuxedo. Dans la foulée de la fermeture du vieux Colisée, le Grand Théâtre était devenu le seul gestionnaire de Billetech, souligne M. Morency.

« (À l’époque), il y avait un avantage technologique à être tous ensemble, ajoute-t-il. Toutes les salles de spectacles de Québec étaient dans la même réseau. Tout le monde était pas mal là-dessus. Les gens allaient chercher leurs billets chez Sears.»

Au fil des ans, ajoute-t-il, plusieurs petites compagnies de billetteries sont venues au monde, «plus conviviales» pour les petites salles. «C’était devenu lourd et compliqué à gérer pour elles.»

Les outils de marketing sont devenus plus performants, d’où la fragmentation du marché de la vente de billets qui a mené à la décision du Grand Théâtre de larguer Billetech, tout en continuant à utiliser la plateforme Ticketmaster.

«C’est un peu plus compliqué pour les employés qui opèrent maintenant la billetterie, mentionne le pdg. Ils doivent recevoir de la formation.» M. Morency doit d’ailleurs rencontrer bientôt la haute direction pour l’Amérique du Nord de Ticketmaster, en compagnie de collègues de la Place des Arts à Montréal, afin de présenter les outils que le Grand Théâtre voudrait voir se développer sur la plateforme.

En bout de ligne, la disparition de Billetech n’a rien de dramatique en soi, d’autant plus que ce brassage de cartes a vu naître de nouvelles opportunités d’affaires pour Québec. «Le legs de tout ça, c’est de voir Ticketmaster garder ici son centre de développement numérique, avec plus de 175 employés», se réjouit M. Morency.

Un billet de spectacle vendu à Québec sur trois l’est au Grand Théâtre, rappelle l’ancien vice-président du Cirque du Soleil. Chaque année, l’établissement accueille environ 175 spectacles, vus par quelque 275 000 spectateurs. Le taux d’occupation, légèrement supérieur à la moyenne nationale, atteint les 79 %.

L’ancien directeur général de l’ADISQ explique qu’il y aurait «du stock» pour écrire «toute une histoire» sur la vente de billets de spectacles au Québec. «On parle beaucoup de la mise en marché de la musique, des plateformes de diffusion, des droits d’auteurs, mais il n’y a à peu près rien sur l’évolution de la billetterie», glisse-t-il, mentionnant au passage le rôle prépondérant joué par les Jean-François Brousseau et Christian Leduc.