L’expérience virtuelle «Le grand froid», présentée à l’occasion du Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ), est une virée spatio-temporelle qui fait revivre l’histoire et l’architecture du cœur artistique de Québec, sur 360 degrés, en plus de projeter le spectateur dans un médium dont l’avenir s’annonce rempli de promesses.

«Le Grand froid»: place d’Youville à l’ère de glace

Nous sommes quelque part dans le futur. La planète vit une nouvelle ère glaciaire. Au-dessus d’une place d’Youville déserte et fantomatique, un immense dôme de verre apparaît lorsqu’on lève les yeux au ciel. Devant soi, le Palais Montcalm. On se tourne et Le Capitole et Le Diamant affichent leurs couleurs.

Un petit robot drone s’immisce dans notre champ de vision et décline quelques explications historiques. Avec la voix du ténor Raoul Jobin en toile de fond, quelques personnages s’animent ici et là. Quelques-uns dessinent des arabesques sur la patinoire

Soudain, des feux d’artifice illuminent le ciel au-dessus des fortifications. Puis, apparaît un immense feu de camp. La fête de la Saint-Jean bat son plein.

Grosso modo, voilà résumé l’expérience de réalité virtuelle de cinq minutes qui attend les visiteurs, à compter de jeudi, à l’occasion du Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ). Le Grand froid est une virée spatio-temporelle pour le moins déroutante qui fait revivre l’histoire et l’architecture du cœur artistique de Québec, sur 360 degrés, en plus de projeter le spectateur dans un médium dont l’avenir s’annonce rempli de promesses.

Les représentants de la presse ont été les premiers à se glisser dans le cube de quelques mètres carrés, installé à place d’Youville, pour découvrir cet univers immersif et poétique, rendu possible grâce à l’utilisation d’une paire de lunettes et d’un casque d’écoute.

«Tu ressens l’espace, le territoire, les distances. C’est la force de la réalité virtuelle, explique le réalisateur Samuel Matteau, associé au projet à titre d’artiste collaborateur. C’est une sorte d’hybride entre la technique et la création. L’expérience comporte un petit côté pédagogique, mais aussi ludique.»

Un projet qui s’exporte

C’est sous la gouverne du Studio Element, installé dans la capitale depuis 2005, et de la firme Loki Box Design, que Le Grand froid a vu le jour. Le directeur de création chez Studio Element, Éric Denis, n’est pas peu fier de voir Québec être l’hôtesse de cette première. Chaque projet conçu ailleurs le sera en collaboration avec un artiste local qui pourra disposer du dôme comme «terrain de jeu» pour faire revivre le patrimoine culturel de sa ville.

Plusieurs villes ont démontré de l’intérêt, dont Philadelphie, explique Éric Denis, qui a approché le maire de l’endroit, Jim Kenney, lors de son passage à Québec cet été. «Nous sommes en discussion pour installer un cube là-bas. C’est un projet qui peut s’exporter partout dans le monde.»

Les témoignages recueillis auprès des spectateurs pendant le FCVQ, de 11h à 23h, permettront d’améliorer le concept. Il en coûte 5 $ pour vivre cette expérience unique.