Brie Larson tient le rôle principal dans un premier film de la franchise Marvel centré sur une héroïne.

Le film de la semaine: Capitaine Marvel *** 1/2

CRITIQUE / Capitaine Marvel est à marquer d’une pierre blanche dans l’univers cinématographique des superhéros : après 20 longs métrages, le rôle principal appartient à une femme pour la première fois chez Marvel. Et toute une, qui botte des culs. Pas autant toutefois que le scénario, qui n’a rien de révolutionnaire. Reste que comme modèle d’émancipation féminine et d’intégration, le film de science-fiction mérite toute notre appréciation.

Ce prélude a un immense avantage sur la gamme de films habituels : il se tient tout seul. Bien sûr, il met la table pour Avengers : phase finale le 26 avril. Et sert donc d’introduction au personnage qui devrait, espérons-le, jouer un rôle-clé.

Mais n’allons pas trop vite. D’ailleurs un petit retour arrière s’impose. On sait depuis cinq ans maintenant que Capitaine Marvel est interprétée par une femme — Brie Larson, en l’occurrence. Ce qui a créé une commotion chez certains trolls. Qui ont d’ailleurs attaqué le long métrage avant même sa sortie.

Ces pleutres qui ont peur à leur masculinité en mangeraient effectivement toute une… Car avant de se métamorphoser en Capitaine Marvel, Carol Danvers est une pilote d’avion supersonique, intelligente, indépendante et douée d’une sacrée force de caractère. Capable de lutter contre n’importe qui, surtout ceux qui cherchent à la rabaisser.

Au début du récit, notre héroïne vit sur la planète des Kree. Mais elle atterrira rapidement sur Terre en 1995. Où beaucoup de choses lui semblent étrangement familières. Hantée par son passé et à la recherche de sa véritable identité, elle poursuit une quête imbriquée dans un conflit qui oppose les Kree à un autre peuple extraterrestre, les Skrulls.

Elle trouvera un allié précieux en la personne de Nick Fury (Samuel L. Jackson), déjà à l’emploi du SHIELD — dans un mélange de duo de choc et de film de route.

Leur fuite donnera lieu à une course-poursuite tout ce qu’il y a de plus rétro. Nous sommes en pleine période grunge, ne l’oublions pas. Le look de Carol Danvers, avec un chandail de Nine Inch Nails, jeans troué et chemise carreautée, est à l’avenant, de même que la trame sonore (Garbage, Hole, Nirvana…).

Ce qui confère un charme à l’ensemble, moins centré sur les extravagances du futur et plus concentré sur les interactions humaines. Notamment lorsque Carol retrouve sa meilleure amie Maria (Lashana Lynch), une pilote noire qui n’a pas froid aux yeux, elle non plus. Il faudrait aussi mentionner Goose, un chat roux qui joue un rôle prépondérant. Qu’on se rassure : il y a une finale pétaradante.

Aux valeurs humanistes (il y a notamment un pertinent volet réfugié) et au message pacifiste véhiculés par le film (pas trop long pour un Marvel), il faut toutefois opposer le manque de nuances dans les vilains de service, malgré la duplicité de Yon-Roog, suavement interprété par Jude Law.

Il faut aussi ne pas être trop exigeant sur le scénario, branlant et convenu — ça manque d’audace. Surtout quand on met en scène une rebelle de première. Brillamment interprétée par Brie Larson (oscarisée pour The Room), autant capable d’avoir du feu dans les yeux que d’offrir un sourire désarmant dans les moments plus humoristiques, plutôt réussis, d’ailleurs.

Donc, si on se résume : une super­héroïne, trois femmes au scénario, une autre à la trame sonore et une coréalisatrice. Un vrai Girl Power

Ma fille de 14 ans, qui aime l’univers Marvel pas mal plus que son père, était aux anges. Ça compte pour beaucoup.

Au générique

Cote : *** 1/2

Titre : Capitaine Marvel

Genre : Science-fiction

Réalisateurs : Anna Boden, Ryan Fleck

Acteurs : Brie Larson, Samuel L. Jackson, Jude Law

Classement : Général

Durée : 2h04

On aime : l’interprétation brillante de Brie Larson. Le look rétrogrunge. Le récit plus terre-à-terre. Les valeurs véhiculées.

On n’aime pas : les trous dans le scénario. Le manque d’audace.