Beck était la tête d'affiche principale de la scène Bell en ce huitième soir de festival.

Un gros «wow» pour Beck!

CRITIQUE / À tout seigneur, tout honneur... On aurait pu emprunter à Beck lui-même le titre de cette critique en la chapeautant d’un gros «Wow». À sa première visite à Québec, l’Américain a offert un spectacle musicalement enlevant, visuellement soigné, éminemment sympathique… Mais peut-être un peu court.

Notre homme s’est pointé sur scène avec 15 minutes de retard, chapeau vissé sur la tête, arborant la chemise à motif de léopard. Avec une prestation qui s’est terminée à 23h05, on comprend qu’il n’avait pas de temps à perdre…  Beck a lancé les festivités en nous balançant deux vieux succès en pleine poire : Devil’s Haircut pour se réchauffer, puis le hit fondateur Loser. «Woah! Merci!», a-t-il lancé en entendant les Plaines reprendre d’une seule voix le célèbre refrain : «I’m a loser baby, so why don’t you kill me...» 

La table était mise pour une soirée qui allait autant faire plaisir aux nostalgiques que célébrer le très solide album Colors, paru l’automne dernier. Du côté des nouveautés, les dansantes Up All Night et Dreams n’ont pas manqué leur effet, livrées dans des projections colorées à souhait. Au chapitre des classiques, mentions spéciales à la funky Mixed Bizness, à la groovy New Pollution, à la sautillante Girl et à la toujours efficace Where It’s At, gardée pour le rappel et étirée dans un long jam pour présenter les musiciens. 

Loin d’être sur le pilote automatique, Beck a pris le temps de s’adresser à la foule, jeudi. «C’est un festival formidable», a noté le chanteur, qui n’a pas manqué de s’offrir un segment acoustique en tête-à-tête avec le public. «J’ai pensé qu’on pourrait prendre un peu de temps de qualité ensemble», a-t-il indiqué en prenant place à l’avant-scène. S’il est commun d’entendre un artiste inclure dans une chanson le nom de la ville dans laquelle il joue, la vedette a semblé particulièrement apprécier la rime pendant Debra. «Québec… Parce que mon nom est Beck!» Sympa!

Le seul moment qui est tombé à plat est survenu lorsque Beck a tenté de faire chanter Raspberry Beret de Prince à une foule qui ne connaissait visiblement pas les paroles. Oups!

Phoenix

Phoenix

Le groupe français Phoenix en était aussi jeudi à sa première prestation à Québec. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas raté son entrée. Alors que la foule grandissait tranquillement sur les Plaines, la bande de Thomas Mars a livré une portion électrisante de son indie pop aussi pimpante que colorée. 

Entre une irrésistible Lasso, une intense et enlevante Ti Amo ou une Fior di Latte qui a transformé le site, à la demande du chanteur, en une marée de bras qui s’agitent, on a passé un excellent moment avec le quatuor. S’il n’a pas été le plus bavard, Mars s’est payé la traite en fin de parcours, comme Tory Lanez la veille, avec une spectaculaire séance de surf sur le parterre. L’exercice aurait toutefois été facilité s’il avait eu, comme le rappeur, un micro sans fil...

Reste maintenant à espérer que ce premier rendez-vous avec Phoenix ne sera pas le dernier. Programmateurs de la capitale, prenez des notes et ramenez-les-nous en salle avant longtemps, s’il vous plaît!

Juste avant Phoenix, on a eu droit à une belle découverte en tout début de soirée de la formation belge Girls in Hawaii, qui donne aussi dans l’indie pop. Le parterre était plutôt clairsemé pour leur prestation, mais ceux qui y étaient ont eu droit à une mise en bouche mélodique et nuancée.