Un vent de reggae soufflait sur la place D'Youville lors de la performance de The Skatalites.

The Skatalites en vedette d'un gros party jamaïcain

CRITIQUE / Un vent de reggae jamaïcain a balayé la capitale, jeudi soir, avec l’étincelante performance du groupe The Skatalites. S’il y avait un endroit où faire le party comme dans le Sud, malgré l’absence de mer, de plage et de palmiers, c’était à Place d’Youville.

Les rythmes endiablés du groupe de sept musiciens, fabuleux mélange de ska, de blues, de jazz, de R&B et de calypso, ont fait se trémousser les spectateurs venus célébrer ce groupe qui roule sa bosse depuis plus d’un demi-siècle et qui a vu se succéder une foule de musiciens au fil des ans.

Avec d’irrésistibles envolées de sax, de trombone, de trompette et de batterie, la troupe menée par Natty Frenchie a livré un spectacle rodé au quart de tour, sans aucun temps mort.

En guise d’amuse-gueule, la foule, inversement proportionnelle à la qualité du spectacle, dommage, a eu droit, ô bonheur, à une folle version du thème de James Bond.

Pour la petite histoire, le groupe tire son nom des premiers satellites mis en orbite. Jeudi soir, ce sont quelques centaines de spectateurs qui ont plané devant la porte Saint-Jean. Il fallait voir le monde des premières rangées sauter au son de Felix Amarabe. Ça rentrait au poste.

Assis en retrait tout au long de la soirée, la «légende vivante» Val Douglas, a livré deux fabuleuses démonstrations de basse. Le type a déjà endisqué avec Bob Marley, alors respect.

C’est sur une version revisitée de la vieille toune Lollipop, des Chordettes, que «la reine du ska», Doreen Shaffer, est venue ajouter son grain de sel. De sa voix riche et puissante, celle qui fait partie de la formation depuis les débuts a littéralement fait corps avec les rythmes de ses compagnons de scène. Une autre incontournable invitation à la danse.

La foule a longtemps réclamé et finalement obtenu un trop court rappel. Pour tout dire, on en aurait pris jusqu’aux petites heures.

Megative

C’est avec beaucoup d’aplomb que les engagés artistes du collectif Megative ont mis la table à la mi-soirée. Les ex-leaders de Me, Mom et Morgentaler et The Stills, Gus van Go et Tim Fletcher, accompagnés de six musiciens, dont le rappeur new-yorkais Screechy Dan, donnent dans des sonorités inspirées du punk et du reggae britannique des années 70.

De toute évidence, Gus van Go (de son vrai nom Gus Coriandoli) et sa bande, «mi montréalaise, mi de Brooklyn», ne sont pas membres du Club Optimiste. Déjà, le nom du groupe fait foi de tout. Can’t Get Away, par exemple, raconte le destin de notre planète rendue inhabitable par le réchauffement climatique. «C’est pas si loin de la vérité», a prophétisé le chanteur.

Un certain Donald Trump est passé au cash sur une chanson composée spécialement pour lui et son cabinet, The Lunatics Have Taken Over the Asylum. Van Go a demandé à l’assistance de chanter le refrain en français. Ça allait ainsi: «Les lunatiques ont pris le contrôle de l’asile». Le message était assez clair, merci.

Le show s’est terminé sur un dynamique Yeah, yeah, yeah qui a fait revenir sur scène un Screechy Dan revêtu d’une toge et d’une perruque de juge «Allez, c’est pas difficile les paroles, let’s do it.» Yeah, yeah, yeah yeah-yeah!

Le prochain album de Megative est attendu le 27 juillet. «Ça se pourrait qu’on vienne jouer à Québec en octobre», a fait savoir Gus van Go.

The Pale Grey

Intéressante musique de celle du quatuor The Pale Grey mais ils étaient seulement une poignée de spectateurs à l’entendre en début de soirée. Devant quelques compatriotes belges, le groupe, auteur de deux albums (Best Friends et Waves, sorti en mars), est passé avec succès du hip hop au folk, en passant par de belles tounes aux accents mélancoliques.