Les frères Maxime et Guillaume Chiasson

Ponctuation: cueillette rock

Ponctuation, c’était d’abord un duo de Québec formé des frères Guillaume et Maxime Chiasson. Alors que l’un des frangins a pris le chemin de la Métropole et que l’autre a fait le choix de s’éloigner des planches, les choses bougent au sein de la formation qui a changé de géométrie, mais qui continue de forger son rock garage en s’affranchissant des contraintes. Sur la forme comme sur le fond.

L’an dernier, les frères Chiasson se sont retrouvés au Pantoum, dans le quartier Saint-Roch, pour enregistrer Mon herbier du monde entier, un troisième album aux accents psychédéliques et teinté des pérégrinations de Guillaume, qui signe les textes et la musique. «Cette année-là, j’étais beaucoup en tournée avec d’autres groupes. La notion de distance est peut-être plus présente», reconnaît celui qui est désormais installé à Montréal, où il a formé un groupe autour de Ponctuation. Père de jeunes enfants, Maxime avait manifesté la volonté de mettre un frein à la tournée, moins compatible avec sa vie familiale. 

«Ç’a changé quand même beaucoup avec ce disque-là. Ça va de plus en plus être une vibe de band, décrit Guillaume Chiasson. Sur chaque album, il y avait toujours des éléments de plus. Sur celui-là, on ne s’est juste pas limité à quoi que ce soit. Je n’écrivais pas d’emblée les chansons en fonction d’un duo. Au premier disque, on se mettait des contraintes de faire ça juste à deux. Pour celui-là, quand on avait une idée, on y allait sans se soucier du rendu scénique.»

Dans cette aventure musicale alliant l’analogique et le numérique — «j’essaie au final d’utiliser les forces des deux», explique Guillaume Chiasson —, l’objectif demeure de ne pas se répéter d’un album à l’autre, d’une chanson à l’autre. De là l’idée de l’herbier choisie pour le titre, qui se veut un peu un hommage à leur défunt père («il nous amenait souvent en forêt», confie le musicien), mais surtout une métaphore décrivant sa conception de l’écriture. 

«Un herbier, c’est comme un collage de plein de plantes disparates que tu cueilles au gré de tes promenades, évoque Chiasson. C’est un peu la vision que j’avais de ce disque-là, mais aussi de l’écriture en général. Tu écris, mais c’est un peu difficile de prévoir sur quoi tu vas tomber dans ta vie et ce qui va t’inspirer. Pour moi, un album, c’est un peu ça: un collage de choses que tu cueilles au gré de la vie. Je trouvais que c’était quand même fort comme image.»

Un retour au FEQ

Le 8 juillet, Ponctuation renouera avec le Festival d’été de Québec (FEQ), où la formation a été invitée à se produire en 2012, 2013 et 2015. Le cadre sera toutefois différent, puisque son rock jusqu’ici programmé en fin de soirée prendra l’air à 18h30 sur la scène du Cœur du FEQ accessible gratuitement à la place de l’Assemblée nationale. S’il a eu de quoi se réjouir de tous ses passages au FEQ, Guillaume Chiasson s’avoue particulièrement heureux de ce nouveau contexte de diffusion. 

«Là, on est vraiment à une heure de grande écoute, observe-t-il. Ça va être la grosse différence cette année. Je trouve ça le fun parce qu’on va toucher sans doute d’autres personnes qui ne seraient pas venues à 11h le soir dans un bar. Ça ressemble plus à quand on joue aux Francos [de Montréal], c’est dehors, c’est gratuit. Il y a des familles qui passent, c’est une autre vibe. Je trouve ça le fun de le faire à Québec parce qu’on ne l’a jamais fait.»

Avant d’y être engagé comme musicien, Guillaume Chiasson a souvent participé au FEQ comme festivalier. «Ç’a été important dans ma vie, avance-t-il. J’allais au parc de la Francophonie quand j’étais super jeune. J’ai connu le festival quand la passe coûtait 7 $. Quand j’étais kid, j’ai toujours rêvé de jouer au FEQ. Et je pense que n’importe qui joue de la musique à Québec a rêvé de jouer au FEQ à un moment donné. C’est un beau festival, il faut être fier de ça. Mais il faut que le festival soit fier de ses artistes de Québec, aussi.»

L’auteur-compositeur-interprète dit d’ailleurs constater depuis quelques années une plus grande ouverture aux talents locaux de la part de l’événement. «Il y a tellement de bons artistes, je pense qu’ils ont compris ça, croit Guillaume Chiasson. Et ils laissent aussi la place à des artistes moins connus. Je trouve ça tripant. Et ça devrait toujours être comme ça. Un festival international comme le FEQ, ça devrait aussi servir à promouvoir des artistes de Québec. C’est une tribune extraordinaire…»

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  • Quoi: Ponctuation
  • Quand: 8 juillet à 18h30
  • Où: Place de l’Assemblée nationale
  • Accès: gratuit
  • Info: www.infofestival.com