Hubert Lenoir s’est «presque senti comme un artiste grand public» lors de sa prestation devant la foule de la Place d’Youville au Festival d’été de Québec.

Pluie d'amour pour Hubert Lenoir

CRITIQUE / «Incroyable… Je me sens presque comme un artiste grand public !» a lancé Hubert Lenoir, visiblement heureux de jouer devant une foule bien compacte à place D’Youville. L’auteur-compositeur-interprète de Beauport a livré sa pop inventive en sortant ses griffes de bête de scène avant Klô Pelgag, en tête d’affiche.

En jeans serrés, un blouson trop grand sur son torse nu, foulard rouge au cou, Hubert Lenoir a suscité des cris aigus enthousiastes dès son apparition sur scène, une bouteille de fort à la main. Celui qu’on a connu au sein de la formation The Seasons sait comment tenir une foule en haleine. Il saute, se démène, se retrouve à califourchon sur le toit d’un abribus, sans que ça affecte (ou si peu) sa performance vocale.

La foule bougeait en cadence pour Fille de personne, J.-C. et Ton Hôtel. Il a dansé avec une spectatrice pour Momo, fait du body surfing et déclaré sa foi envers Québec et sa reconnaisance au public.

«Il y a un an, je jouais de la musique dans la rue pour payer mon loyer, ça veut dire que tout est possible […] Merci vraiment d’être là, sérieux», a-t-il tenu à dire après avoir présenté les sept musiciens qui l’entouraient. Alexandre Martel (guitare), Ben Shampooing (guitare électrique), Cédric Martel (basse), Pierre Beaudoin (batterie), Vincent Gagnon (claviers), André Larue (saxophone) et Lou-Adriane Cassidy, qui célébrait ses 21 ans ce soir-là et avec qui il a chanté Wild and Free, la seule chanson en anglais de son album Darlène.

«Pendant un boutte j’avais l’impression que tout le monde m’haïssait, maintenant je suis devant vous autres… […] J’aimerais juste ça qu’on laisse mon identité sexuelle tranquille s’il vous plaît. Si je suce des queues ou si je ne suce pas des queues, c’est pas de vos criss d’affaires. Voulez-vous entendre des nouvelles chansons?» a-t-il lancé avant d’entonner Sucre et sel, où il chante  «À moitié garçon, à moitié fille ou à moitié mort» au refrain. Une autre pièce inédite, Quatre quarts, nous a montré qu’Hubert Lenoir a d’autres chansons accroche-cœur dans sa manche.

Il sera au Festif ! le 19 juillet.

Hubert Lenoir

Klô Pelgag cosmique

Klô Pelgag était lumineuse dans sa tenue de scène.

Klô Pelgag aime bien place D’Youville, où elle jouait pour la troisième fois au FEQ — et où elle a eu du mal à entrer, à cause de la sécurité, si l’on en croit son commentaire en début de spectacle — mais elle serait bien ouverte à migrer vers plus grand.

Avec ses dix musiciens et son piano, l’apicultrice intergalactique (le costume du jour) semblait effectivement un peu à l’étroit. Elle a enchaîné une douzaine de chansons de L’Étoile thoracique et de L’Alchimie des monstres. Elle a aussi passé le micro à Violett Pi le temps d’une chanson, et de «lancer un message subliminal au FEQ», où il n’a jamais joué.

Cosmique, mélodique, enveloppant, l’univers musical de Klô Pelgag prend toujours de nouvelles couleurs, selon les instruments présents. On reconnaît chaque chanson, mais il y a toujours de nouveaux ornements. La foule s’est laissée porter, jusqu’à l’atterrissage.