Mike Rosenberg, alias Passenger, sortira le mois prochain son 10e album, qu’il dit inspiré par l’americana.

Passenger: un Anglais en Amérique

On a un peu brisé le cœur de Mike Rosenberg, alias Passenger, en lui mentionnant que l’une de ses idoles, Neil Young, se trouverait en même temps que lui dans la capitale le lendemain… Mais qu’il ne pourrait pas assister à son spectacle puisque lui-même se trouverait sur les planches au même moment. «C’est pas vrai! Il joue vraiment en même temps que moi? Est-ce que j’ai le temps de courir après mon show pour le voir?» a-t-il demandé. Sans doute pas, malheureusement.

Lorsqu’on lui a suggéré en revanche de réclamer une rencontre post-spectacle à l’organisation du Festival d’été, ç’a été au tour de l’auteur-compositeur-interprète anglais de douter. «Je pense que je redeviendrais un petit gars de 13 ans, que je ne saurais pas quoi dire et que je ne ferais que ricaner avant de me sauver! a-t-il lancé en rigolant. J’ai cinq ou six grands héros musicaux. Je n’ai fait la rencontre d’aucun d’entre eux et je pense que je serais époustouflé si ça arrivait. Neil Young est certainement l’un d’eux.» Discussion avec un chanteur folk qui doit une fière chandelle à son ami Ed Sheeran et dont le plus grand succès, Let Her Go, frôle les deux milliards d’écoutes sur YouTube.

Q En parallèle de vos spectacles en salle, vous continuez à offrir des prestations dans les rues comme à vos débuts. Le ferez-vous à Québec?

R Malheureusement non. C’est dommage. Le mois dernier, nous avons joué dans les rues un peu partout en Europe. Cette fois, on n’a pas pu apporter tout notre équipement parce que nous voyageons plus en avion pendant qu’on est en Amérique du Nord.

Q Votre horaire de tournée jusqu’en novembre est pour le moins sportif...

R C’est drôle parce que c’est notre version un peu plus calme de la tournée. On a décidé de ne pas faire plusieurs spectacles qu’on aurait faits en général. Je pense qu’il faut que me l’admette: je suis un workaholic. Je viens de prendre des vacances pour la première fois depuis des années. J’ai réussi à me tenir tranquille pendant environ trois mois avant de me remettre au travail.

Q Vous parlez d’être un bourreau de travail. Ça se reflète aussi dans vos enregistrements, vous qui lancez un album par année depuis un moment. C’est une discipline que vous vous imposez?

R J’ai toujours écrit beaucoup de chansons. J’ai l’impression que je ralentis un peu. Quand j’avais 18, 19 ou 20 ans, je pouvais facilement écrire une chanson par semaine. Mais il n’y en avait qu’une par-ci par-là qui était assez bonne pour se retrouver sur un album. Maintenant, j’écris moins, mais la qualité est meilleure. Je ne l’ai jamais fait exprès, toutefois. Je pense que j’ai beaucoup à dire! En général, au moment de lancer un album, j’en ai un autre d’écrit. C’est un cycle qui continue et dont j’essaie de m’éloigner un peu.

Q Que pouvez-vous nous dire sur le prochain, Runaway, qui paraîtra le mois prochain?

R C’est mon 10e album et j’en suis fier. Je sens que je n’ai pas eu à faire de compromis. J’ai beaucoup été inspiré par l’americana, autant musicalement que visuellement. C’est ce qui le différencie de mes autres albums. J’ai réalisé qu’il y avait quelques chansons qui parlaient directement des États-Unis. Il y en a une qui parle de Detroit, une autre qui parle du Parc national de Yellowstone, une autre qui parle de mes grands-parents: mon père a grandi au New Jersey. Mais au-delà de ça, toutes les chansons avaient cette espère d’ambiance de road-trip. J’ai décidé de l’assumer. J’aime beaucoup des artistes comme Joni Mitchell ou Neil Young. Ce sont des influences qui ont toujours été présentes chez Passenger. J’ai décidé de vraiment les mettre de l’avant, cette fois. 

Q Pouvez-vous nous raconter l’impact qu’a eu Ed Sheeran sur votre carrière?

R J’ai commencé à jouer dans la rue et dans les bars quand j’avais 22 ou 23 ans. Il devait avoir 17 ans à l’époque et nous nous sommes retrouvés à jouer dans le même pub en Angleterre. J’ai regardé sa prestation et je ne pouvais pas croire qu’un si jeune gars sache écrire comme ça. Depuis ce temps-là, nous sommes amis et on a souvent joué ensemble. Quand sa carrière a décollé, il a eu la gentillesse de m’amener avec lui autour du monde. Ç’a tout changé. Je suis passé de jouer dans la rue devant quelques personnes à jouer devant de grandes foules chaque soir.

Q Et il y a eu le mégasuccès de la chanson Let Her Go...

R C’est très étrange. J’en serai toujours reconnaissant. Il y a des musiciens qui s’impatientent d’avoir une grosse chanson qu’ils sont toujours obligés de jouer. Des fois, je vais prétendre que ça me tombe sur les nerfs, mais ce n’est pas vrai. Je me trouve chanceux d’avoir eu cette chanson qui a ouvert tant de portes. Chaque pièce que je sors depuis trouve des oreilles à cause de celle-là.

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  • Qui: Passenger
  • Quand: 6 juillet à 21h
  • Où: Impérial
  • Accès: laissez-passer
  • Info.: www.infofestival.com