Passenger a un pied gauche qui lui sert d’instrument de percussion, une mine d’anecdotes, un naturel désarmant et un sens de la répartie à toute épreuve (l’humour anglais, ça le connaît).

Passenger: rencontre magique

CRITIQUE / En montant sur la scène de l’Impérial, vendredi, Mike Rosenberg, alias Passenger, a tenu à préciser certaines choses. «Je sais ça sonne comme un nom de groupe, mais Québec, ce soir, c’est juste moi et une guitare. Est-ce que ça va aller?» Dire que ç’a été ne serait qu’un pâle reflet de la réalité. Un artiste aussi généreux que charismatique et un public tout simplement parfait : cette première rencontre de Passenger avec ses fans de Québec restera longtemps en mémoire.

À voir la file gigantesque qui s’allongeait aux abords de l’Impérial bien avant que les portes soient ouvertes, on pouvait se douter que cette visite de l’auteur-compositeur-interprète anglais était attendue. C’est cruel à dire, mais les festivaliers qui ont été refoulés à la porte vendredi ont vraiment manqué quelque chose. En revanche, ceux qui y étaient tôt ont vu leur patience récompensée par une prestation folk de haut calibre.

Parce que non, Rosenberg, qui a fait ses premières armes comme musicien de rue, n’a pas besoin de plus qu’une guitare — qu’il manie d’ailleurs avec brio — pour captiver son auditoire. Il a un pied gauche qui lui sert d’instrument de percussion, une mine d’anecdotes, un naturel désarmant et un sens de la répartie à toute épreuve (l’humour anglais, ça le connaît). Il a aussi bien sûr ce large bassin de chansons (son 10e album est attendu le mois prochain), clairement adoptées par ses fans, qui les connaissent par cœur. Et ce bien au-delà du méga succès Let Her Go, qui a néanmoins donné lieu vendredi à l’une des plus belles chorales festivalières à avoir résonné à l’Impérial.

L’Anglais a de son côté été reçu par un public rien de moins qu’idéal : ultra enthousiaste et bruyant quand c’était le temps, super attentif et silencieux aux bons moments. De part et d’autre, la rencontre semble avoir été magique. «Québec, c’était ma première fois chez vous, mais ça ne sera pas la dernière» a d’ailleurs promis un Passenger tout sourire en fin de parcours.

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FOULE MONSTRE À L'IMPÉRIAL

Le directeur de la programmation du Festival d’été, Louis Bellavance l’avait prédit… Et il ne s’est pas trompé. Le théâtre Impérial était beaucoup, beaucoup trop petit pour accueillir tous les fans de Passenger, vendredi. Quand la salle de 950 places a affiché complet, à 20h, il y avait facilement trois à quatre fois plus de festivaliers dehors que dedans, avec une file qui faisait à quelques mètres près le tour du bloc.

Évidemment, de nombreux spectateurs sont repartis déçus… Mais avec Neil Young comme plan B, plusieurs ont fait contre mauvaise fortune bon cœur.

Il y a quelques jours, en entrevue, Louis Bellavance s’était dit conscient que la salle était trop petite pour la vedette anglaise, dont le plus grand succès, Let Her Go, atteindra avant longtemps les deux milliards de vues sur YouTube. 

Mais à cause des contraintes de programmation, il a choisi d’offrir l’expérience d’une plus petite salle aux chanceux qui seraient de la partie. «Il n’a pas d’affaire à l’Impérial, Passenger, a-t-il observé. À cause de la configuration et des dates, c’est devenu sa place. Sur chacune des scènes, on essaie toujours de mettre une ou deux propositions qui vont déborder pour en faire un vrai happening. À l’Impérial, cette année, c’est Passenger.» 

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