Livrant une enfilade des succès qui ont jalonné leur carrière, les Américains de Live ont pris leur fête au sérieux, interprétant bon nombre de titres de leur troisième album, qui les a propulsés vers un succès mondial.

Moist et Live AU FEQ: de rock et de nostalgie [VIDÉOS+PHOTOS]

CRITIQUE / Avec sur ses planches deux groupes dont un album marquant a célébré cette année ses 25 ans — Throwing Copper de Live et Silver de Moist —, la place George-V a fait un voyage dans le temps, jeudi soir, au Festival d’été de Québec (FEQ). D’une génération à l’autre, la nostalgie rock a clairement toujours la cote : le nouveau site d’une capacité de 15 000 spectateurs a affiché complet pour la première fois à l’occasion de ce retour aux années 1990.

Livrant une enfilade des succès qui ont jalonné leur carrière, les Américains de Live ont pris leur fête au sérieux, interprétant bon nombre de titres de leur troisième album, qui les a propulsés vers un succès mondial. 

Ç’a commencé fort avec les bombes All Over You et Selling the Drama. Plus tard, Shit Towne a brassé la cage et I Alone a servi de prétexte au chanteur Ed Kowalczyk pour prendre un bain de foule. Ç’a fini au firmament avec l’indémodable Lightning Crashes, présentée comme une prière et vécue comme une communion. 

Le toujours aussi intense Kowalczyk, qui n’a pas pris une ride, a évoqué le fait que ses complices et lui ont enterré la hache de guerre, eux qui ont été en conflit et cheminé sur des routes parallèles pendant plusieurs années. «C’est merveilleux parce que je suis enfin de retour sur scène avec mes frères», a-t-il déclaré tout sourire. 

Dans une sorte de mise en abîme, les musiciens de Live ont ajouté à leurs classiques chouchous des fans des hommages à des groupes qui les ont influencés. On a ainsi eu droit à des reprises pas piquées des vers de Losing my Religion de REM et de Paint it Black des Rolling Stones. Que du bonheur, même sous la pluie.

LIVE

Moist

Juste avant, les Canadiens de Moist ont prouvé qu’ils n’ont pas non plus perdu la main. Si on s’est inquiété un peu pour la voix de David Usher pendant les premiers instants de Tangerine, les choses se sont placées rapidement. Heureusement parce que la formation réservait une portion bien tassée de ses succès aux festivaliers. 

«Ce soir, je parle tout le temps en français… Et juste un peu en anglais», a prévenu le chanteur montréalais d’adoption. Au final, il n’aura pas dit grand-chose, laissant parler le rock de Moist. Entre les hits fondateurs Silver (entonné avec vigueur par la foule) et Push, l’excellente Black Black Heart et la sportive Resurrection (favorite des festivaliers), le groupe en a offert pour tous les goûts. 

En bonus, un clin d’œil à Metallica (Moist connaît les gens de Québec!) et à Michael Jackson. 

Tyler Shaw

Avant la nostalgie, la fleur de l’âge… Le talentueux Tyler Shaw avait été mandaté pour ouvrir cette soirée à la place George-V. Sauf qu’avec la pop gentille qu’il met de l’avant, on se demande un peu s’il était à sa place. 

À entendre les voix hautes-perchées qui reprenaient ses chansons en chœur, il était évident que des fans s’étaient déplacées (le féminin domine, ici) pour le voir. 

Mais la majorité des spectateurs venus entendre le rock de Moist et de Live semblait un peu moins réceptive à ses charmes. N’empêche, le chanteur ne s’est pas laissé intimider et a offert une très sympathique prestation, qui s’est terminée dans une dynamique séance de serrage de mains.