Loui Doillon

Magnétique Lou Doillon

CRITIQUE / Une voix unique, des interprétations intenses, une présence scénique magnétique. Sans rien enlever à Nick Murphy (qui a aussi offert un fiévreux tour de chant), Lou Doillon aurait certainement mérité la tête d’affiche de la première soirée du Festival d’été de Québec (FEQ) sur la nouvelle scène de la place George-V.

Avec une petite heure à sa disposition, l’auteure-compositrice-interprète française a même dû renoncer à son rappel. C’est un peu dommage, mais les festivaliers qui avaient répondu à son invitation sur le nouveau site du FEQ en ont quand même eu pour leur argent devant la prestation complètement incarnée de l’artiste. 

Celle qui a d’abord été actrice et mannequin s’est présentée sur scène vêtue d’un élégant costume fleuri. Le veston a toutefois pris le bord après une chanson. «La dernière fois que je suis venue ici, je pense qu’il faisait -30. Là il fait +30, +40, +50? On vit des extrêmes!» a plus tard observé la fille de Jane Birkin et du réalisateur Jacques Doillon.

Alors qu’elle a lancé cette année un troisième album (Soliloquy) sur lequel elle a montré un visage plus rock que jamais, Lou Doillon, dont le timbre grave et vibrant ensorcèle, avait ce qu’il fallait pour captiver la foule, difficile à évaluer sur ce nouveau lieu, honorablement rempli, quoique pas si densément. 

Les clins d’œil au passé ont aussi donné lieu à des moments d’une rare intensité. On pense à cette version de Good Man qui a permis à la chanteuse de saisir la guitare électrique, tout comme la bluesée So Still. Ou à la vibrante interprétation de ICU ponctuée d’amples mouvements de bras. Ou encore à la percutante Lay Low, marquée par un solide solo de guitare que la chanteuse a semblé particulièrement apprécier. Ça s’est terminé sous les stroboscopes avec la lancinante Chances… Bref, on en aurait pris davantage!

Loui Doillon

Nick Murphy

La foule s’est faite un peu plus compacte pour la prestation franchement efficace de Nick Murphy qui a suivi celle de Lou Doillon. L’Australien, qui s’est d’abord fait connaître sous le nom de Chet Faker, a le don de combiner une pop-rock accrocheuse à des parenthèses plus vaporeuses et quasi hypnotiques. Il prend surtout plaisir à donner de l’air à ses chansons, qui ont souvent pris l’allure de jams endiablés, jeudi soir. 

Butinant entre les instruments — piochant sur un piano, taquinant la guitare électrique avec un archet ou s’activant aux machines —, notre homme en a sué un coup en cette soirée de canicule. Vrai qu’il s’est démené pas à peu près, ne s’offrant que de rares répits, en entonnant notamment la ballade Dangerous, tirée de son récent album Run Fast Sleep Naked

Très réceptive, la foule massée près de la scène a suivi le musicien dans son périple éclectique, acclamant bruyamment la pièce Gold ou joignant ses mains aux percussions dans la rythmée Harry Takes Drugs on the Weekend

Nick Murphy

Les Louanges

En début de soirée, l’auteur-compositeur-interprète Les Louanges a inauguré la nouvelle scène de la place George-V, quelques heures après avoir lancé les festivités en offrant le premier spectacle impromptu de la série Pop-up du FEQ. 

L’air ravi d’être là et arborant sa plus belle paire de bas blancs, Vincent Roberge (de son vrai nom) a semblé savourer chacune des 45 minutes qui lui étaient allouées. Porté par un bon groove, le Lévisien d’origine a offert une bonne portion des titres de son premier album, La nuit est une panthère — la pièce-titre a d’ailleurs été reprise en chœur par le parterre —, en plus de nous annoncer la suite pour l’automne en entonnant une nouvelle chanson, Attends-moi pas. 

Celui qui a profité de l’occasion pour faire son jogging ou quelques étirements sur scène a conclu sa courte visite dans un bain de foule au son de son succès Tercel. Prochain rendez-vous à l’Impérial le 23 novembre.