Machine Gun Kelly a terminé le spectacle en beauté au parc de la francophonie

Machine Gun Kelly, le rebelle au coeur tendre

CRITIQUE / Machine Gun Kelly a livré une prestation qui montrait bien les deux côtés de sa personnalité. On ne pourrait pas dire qui, entre le rappeur coriace qui envoie promener les conventions et le repenti au cœur tendre, l’a remporté, mais choses certaine, il sait puiser au rock, au métal et au punk pour nourrir avantageusement son hip-hop.

Il sait scander, il sait chanter, il se débrouille à la guitare, il parle au public de manière presque affectueuse… On le trouverait presque charmant si ce n’était du moment où il s’est mis à pétrir les fesses d’une femme utilisée comme simple accessoire pendant sa chanson Trap Paris.

Le longiligne rappeur de 28 ans couvert de tatouages est visiblement très à son aise sur scène. Il fallait le voir assis sur la rambarde près de la scène, dire à la foule qu’il la trouvait belle. «C’est la première fois qu’on est en tête d’affiche dans un festival d’été et c’est fantastique, merci!» Très mobile, et très conscient des effets que ses mouvements créent dans la lumière, il a joué avec les caméras du FEQ, électrisant de nombreux fans sous le charme. 

Entouré d’une guitare, d’un batteur et de deux personnes aux claviers et aux consoles, il a tracé une courbe efficace en naviguant entre les pièces aux rythmes plus appuyés (Golden God, BMF) et les pièces plus introspectives (Habits, Kiss The Sky). Bon, on mentirait en vous disant qu’il vogue dans les hautes sphères de la philosophie, mais au moins, on peut saluer l’effort d’étendre un peu la gamme de sujets habituels et le fait que les paroles sont intelligibles. 

Les amateurs de Machine Gun Kelly n'ont pas été déçu de sa performance.

Pénible London on Da Track 

London on Da Track a livré une séance d’échantillonnage aussi hachurée que si on avait voulu capter une radio satellite dans une grotte en pleine tempête de sable; une déplaisante accumulation de coïts interrompus pour ceux qui tentaient de profiter de sa discothèque à ciel ouvert. Son micro lui servait à interpeller les spectateurs à outrance et dès qu’il essayait d’intégrer sa voix à la trame sonore, nos dents se mettaient à grincer.  Le producteur d’Atlanta, qui a travaillé avec Drake et Nicki Minaj, avait pourtant du bon matériel dans sa manche…

La vague Zach Zoya

À 19 ans, Zach Zoya démontre déjà un talent pour la rime et les rythmes. Celui qui a grandi à Rouyn-Noranda était d’ailleurs l’un des candidats au prix Espoir FEQ. Son hip-hop mélodique, qui vogue au gré de vagues régulières, a entraîné les premières rangées d’un Parc de la francophonie encore dégarni en début de soirée. Il a eu beau marteler que le public était «chaud» et que l’énergie était folle, du fond du parterre, on était toutefois loin d’éprouver la même impression. One and Only, construite sur des rythmes africains, a été un bon moment en fin de prestation.

Zach Zoya