Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne forment le duo Milk & Bone.

La folle année de Milk & Bone

Il s’en est passé des choses depuis la parution du deuxième album de Milk & Bone, il y a un an et demi : Laurence Lafond-Beaulne et Camille Poliquin ont porté les chansons de «Deception Bay» au Canada, aux États-Unis et en Europe; elles sont allées quérir le trophée Juno du meilleur album électro et elles ont trouvé le temps d’enregistrer un minialbum, «Dive», qui nous est arrivé juste à temps pour l’été.

«Ç’a été une grosse année», confirme Laurence Lafond-Beaulne, qui s’amène à Québec avec sa complice pour une nouvelle prestation au Festival d’été. «Ç’a été beaucoup de spectacles, beaucoup de tournées… Et une montagne russe d’émotions, ajoute-t-elle. C’est un album dont on est encore vraiment très fières. Mais je pense qu’on est prêtes en même temps pour la suite. C’est ça qui est particulier quand tu fais un album. Au moment où tu le termines, tu es déjà prête pour l’autre. On travaille longtemps sur un album. Et après, on le défend en spectacle, alors il continue à vivre. Mais ces histoires-là, elles sont dans le passé. C’est une drôle d’affaire.»

Au sujet du prix Juno que son amie et elle ont accepté dans la catégorie meilleur album électronique, Lafond-Beaulne raconte avoir été «aux anges», sans vraiment réaliser sur le coup l’ampleur de la récompense, alors que Milk & Bone, qui œuvre en anglais, se mesurait à des artistes venus d’un océan à l’autre. 

«Par la suite, je suis passée à notre label, j’ai vu notre Juno et j’ai demandé où étaient les autres, raconte-t-elle. Ils étaient comme : “On n’en a pas d’autres. Le seul autre qu’on a gagné, c’était avec Malajube… Ce n’est pas rien de gagner un Juno, surtout hors d’une catégorie francophone...”»

Minialbum inattendu

À travers tout ce tourbillon, le duo ne s’attendait pas à composer de la musique si rapidement. Même qu’un nouvel album de KROY, le projet solo de Camille Poliquin, est en création et devrait paraître avant le prochain chapitre de Milk & Bone. Une collaboration inattendue avec le producteur belge Alex Lustig a changé la donne et lancé l’élan de créativité qui a eu pour résultat le minialbum Dive

«Camille l’avait connu sur Soundcloud, on s’était rencontrés à Paris une fois et ça avait vraiment cliqué, relate Laurence. Finalement, il est venu à Montréal quelques jours et il a dit : “est-ce qu’on essaie de faire quelques sessions pour voir ce qui en sort, juste pour rester dans un mood créatif? ” Si ça donnait quelque chose, great! Sinon, ce n’était pas grave. Finalement, ç’a juste explosé. On a écrit huit chansons ou débuts de chansons avec lui en trois jours. C’était juste incroyable, on ne comprenait pas ce qui se passait...»

Dans une ambiance sonore fortement teintée des années 80, les deux jeunes femmes sont sorties de leurs propres vécus pour raconter des histoires. «C’est une expérience qu’on a vraiment aimée, évoque Laurence Lafond-Beaulne. C’est sûr que c’est juste quatre chansons, aussi. Ce n’est pas comme un album où tu veux vraiment faire voyager l’auditeur. Il y avait cette légèreté dans le processus qui s’entend dans les chansons. C’était le fun de le lancer avant l’été. On fait les chansons live et ça se passe super bien. Elles sont vraiment le fun et les gens sont très réceptifs. C’était comme un beau bonbon pour nous.»

Le duo Milk & Bone se produira à l’Impérial le 8 juillet à 21h10. Emilie Kahn y jouera juste avant, dès 20h.

+

UN RETOUR AU FEQ IMPRÉVU

Milk & Bone ne devait pas être de la programmation du Festival d’été de Québec (FEQ) cette année. Quand le duo suédois First Aid Kit a été contraint d’annuler sa tournée pour des raisons de santé, Laurence Lafond-Beaulne et Camille Poliquin sont venues à la rescousse et ont accepté de le remplacer à l’Impérial.

«C’est une belle surprise, se réjouit la première. On est vraiment contentes parce que ce n’était pas du tout prévu. Québec est une ville qui a une place vraiment spéciale dans notre cœur. C’est la ville où on aime le plus faire des shows parce que le public est incroyable. Ce n’est pas comparable à nulle part ailleurs. Dès qu’on nous l’a proposé, on a fait : yes! On peut aller faire un show à Québec. On a vraiment hâte.»

Un an après une soirée «magique» sur les plaines d’Abraham lors de laquelle elles ont notamment partagé les planches avec Cyndi Lauper pendant le classique Girls Just Want to Have Fun, voilà une invitation particulièrement appréciée.

«On a été sur un nuage pendant un mois, raconte Laurence Lafond-Beaulne. C’est intense! Juste cette foule-là, de jouer devant autant de monde et que les gens soient réceptifs… Et de jouer dans un line-up de femmes qu’on respecte autant. De rencontrer Cyndi Lauper et qu’elle nous fasse venir sur le stage, qu’elle prenne le temps de nous parler, c’était rempli de magie cette soirée-là!» 

+

POUR DES TOURNÉES PLUS ÉCORESPONSABLES

Soucieuse de faire sa part pour l’environnement, Laurence Lafond-Beaulne a cofondé Artistes citoyens en tournée (ACT), qui vise à réduire l’empreinte écologique des musiciens lorsqu’ils font voyager leur art. «C’est vraiment d’outiller les artistes pour qu’on ait un milieu de travail qui est beaucoup plus respectueux de la planète. Il y a beaucoup de choses qui sont désuètes dans notre façon de faire. C’est un projet qui me tient vraiment à cœur», note-t-elle. Des créateurs comme Ariane Moffatt, Karim Ouellet, Koriass, Les Sœurs Boulay, Safia Nolin et Valaire ont bénéficié des conseils d’ACT, selon le site de l’organisme. Le tout est accessible gratuitement, précise Laurence Lafond-Beaulne. Détails au act-tour.org