Gus Van Go, à la tête du groupe Megative, sera de passage au Festival d’été de Québec le 12 juillet à la Place d’Youville.

Gus van Go: le sombre reggae de Megative

Près de 20 ans après s’être produit sur les Plaines avec Me, Mom and Morgentaler, Gus Coriandoli, alias Gus van Go, est de retour au Festival d’été, mais cette fois à la tête de la formation punk reggae Megative. Mais oubliez le reggae des vacances dans le Sud, avec les palmiers, la plage et la mer, sa musique nage dans des eaux moins joyeuses.

«Il y a un côté festif de temps en temps, avec des moments up, mais ce sont plutôt des beats reggae plus sombres, presque apocalyptiques, précise le chanteur de 48 ans d’origine argentine. Notre reggae est très influencé par la musique de l’Angleterre des années 70, avec The Clash et The Specials, alors que le pays connaissait beaucoup de pauvreté et de problèmes politiques.»

Lui et son grand ami du défunt groupe The Stills, Tim Fletcher, cherchaient depuis longtemps une façon de remonter ensemble sur scène. L’occasion s’est présenté il y a deux ans, alors que le duo s’est allié à Screechy Dan, un vétéran de la scène dance new-yorkaise, et aux compositeurs de hip hop et R&B, Jesse Singer et Chris Soper, également venus de la Grosse Pomme.

Plusieurs simples ont résulté de cette rencontre et un premier album est à paraître à la fin du mois. L’occasion sera belle pour le groupe de le faire découvrir au public de la capitale, jeudi, en première partie de la formation jamaïcaine The Skatalites.

Beaux souvenirs des Plaines

Gus van Go, qui partage son temps entre son studio montréalais et celui de Brooklyn, où il habite, conserve de magnifiques souvenirs de son passage au Festival d’été en 1999. Trois ans auparavant, Me, Mom and Morgentaler s’était dissous, mais les membres, d’un commun accord, avaient décidé de se réunir pour une ultime tournée. Québec était leur dernière étape.

«C’est l’un des plus beaux spectacles de ma vie, confie le musicien. Il y avait plus de 10 000 personnes sur les Plaines. Ç’a été incroyable, inoubliable.»

Ce soir-là, le groupe Les Vulgaires Machins assurait la première partie de la soirée. Van Go a alors croisé la route du chanteur Guillaume Beauregard, premier jalon d’une longue collaboration entre les deux hommes, Gus van Go étant devenu au fil des ans un prolifique réalisateur et producteur d’albums d’artistes québécois. La journée de l’entrevue avec Le Soleil, mercredi, il était d’ailleurs en studio à Montréal avec Beauregard.

«Je ne sais pas comment l’expliquer, mais m’occuper de groupes québécois est très important pour moi. Je suis anglophone mais j’ai toujours eu une place dans mon cœur pour la musique québécoise. Mon frère aîné est francophone et il écoutait beaucoup de Charlebois.»

Les Cowboys fringants, Les Trois Accords, Dumas, Xavier Caféine, Les Vulgaires Machins comptent parmi les artistes québécois que le musicien de 48 ans a pris sous son aile.

«À l’époque, on ne voulait pas que Me, Mom & Morgentaler soit un groupe uniquement anglophone. On écrivait des chansons anglaises et françaises. On voulait faire partie de la culture québécoise. On voulait unir les jeunes punks qui étaient séparés par la langue. C’est pour cette raison que le groupe est devenu si populaire au Québec. On a fait le lien avec les fans des deux cultures et les gens ont trouvé ça chouette.»

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VOUS VOULEZ Y ALLER?

  • Qui: Megative
  • Quand: 12 juillet
  • : Place d’Youville
  • Accès: gratuit
  • Info: infofestival.com