Scène Loto-Québec devant le manège militaire

Festival d'été: à l’aise à la place George-V...une fois entrés

Plus vaste, mais plus cloisonné et sans dénivelé, le nouveau site de la deuxième plus grande scène du Festival d’été, devant le Manège militaire, a accueilli sa première foule jeudi soir. La procédure d’accès, qui entraîne une chorégraphie de barrières et d’agents de sécurité sur la Grande Allée, a toutefois irrité plusieurs festivaliers.

«Ça a pas de bon sang, ils vont ouvrir et fermer comme ça à bras toute la soirée?» s’étonnait Ginette, qui tentait de se rendre à la place D’Youville. Pendant Les Louanges, dix agents (dont des superviseurs) s’échinaient à trouver la meilleure manière d’ouvrir et de fermer la rue afin de laisser passer les festivaliers de la zone d’attente vers l’entrée... sans entraver trop longtemps les piétons qui descendaient vers le Parlement.

Plusieurs personnes se sont faufilées directement de la Grande Allée vers l’entrée (au grand dam de ceux qui étaient piégés dans la zone d’attente), pendant que d’autres rechignaient à faire le tour du bloc pour passer par le parc de la Francophonie. Les agents ont fini par trouver comment gérer les allées et venues sans trop de heurts, mais les multiples déplacements de clôtures augurent davantage de désagréments pour les spectacles plus courus.

Rendus sur le site de la scène Loto-Québec, les festivaliers étaient plus détendus. «On voit bien. C’est vraiment beau avec le Manège en arrière», disait Simon, un jeune homme de plus de six pieds. «Ouin, disons que moi, je dois me trouver une brèche», commentait Marie-Claire, moins grande que son ami. «J’aimais ça avoir l’option de me tenir en haut de la côte au Pigeonnier.»

Le camion de cuisine de rue du Victor, près de la sortie et des points d’eau, et les toilettes placées à différents endroits à l’avant et à l’arrière du site rendent les déplacements et le ravitaillement faciles. Le FEQ a évalué que le nouveau site peut accueillir 15 000 spectateurs, soit 5000 de plus que l’ancien. «C’est à l’inverse de la tendance, à l’heure du morcellement des genres et des expériences de spectacle plus intimes», souligne toutefois un spectateur aguerri qui préférait rester anonyme.

Le parc de la Francophonie a affiché complet momentanément à six reprises l’an passé, lors des spectacles de Jethro Tull, Jane Birkin, Charlotte Cardin, America et Air Supply, 2Frères et SUM 41. Reste à voir si l’une des têtes d’affiche de cette année pourra relever le défi dans ce nouveau lieu plus spacieux.

Petites familles

Profitant d’un creux dans le terrain, à gauche de l’entrée, plusieurs petites familles s’étaient installées sur des couvertures pendant la prestation de Lou Doillon. «Le site est bien fait, mais on dirait qu’on n’a pas de vent et qu’il fait un peu plus chaud à cause des édifices qui nous entourent», a noté Maryse, en surveillant ses deux bambins du coin de l’œil. L’avantage est qu’on n’entend pas du tout le son de la scène des Plaines — quoiqu’il faudrait refaire le test lorsque des styles musicaux plus lourds seront au programme.

À la place de la Francophonie, nulle trace de l’animation que Patrick Martin, le directeur de production du FEQ, promettait en mars lors de l’annonce du nouvel emplacement. Puisque la zone d’attente n’occupe que le centre du parc, les spectateurs et flâneurs peuvent toutefois profiter de la fraîcheur de la fontaine et du couvert des grands arbres. Une oasis bienvenue en cette soirée suffocante.

La place George-V ouvre chaque soir à 18h, sauf le samedi 13 juillet, où on pourra y accéder dès 14h pour la journée consacrée au hip-hop québécois. Aussi, le 6 juillet, les chaises pliantes seront exceptionnellement permises sur une partie du terrain pour le spectacle de Claude Dubois.

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