La populaire soirée électro du Festival d’été de Québec (FEQ) a une nouvelle fois fait courir — et surtout sauter! — les foules, mercredi, sur les plaines d’Abraham.

Électro-FEQ: et que ça saute! [VIDÉO + PHOTOS]

CRITIQUE / Avec les vedettes internationales Kygo et Diplo aux commandes, la populaire soirée électro du Festival d’été de Québec (FEQ) a une nouvelle fois fait courir — et surtout sauter! — les foules, mercredi, sur les plaines d’Abraham.

De façon peut-être moins intense qu’il y a quelques années (on a mémoire de marathons débutant en fin d’après-midi, sous un soleil de plomb), la tradition de l’Électro-FEQ s’est poursuivie mercredi dans une sorte de communion dansante.

Au menu : quatre prestations en crescendo, des milliers de (jeunes!) festivaliers prêts à festoyer, beaucoup de vêtements fluo et les classiques objets gonflables — ballons, crocodile, extraterrestre, licorne ou flamants roses — brandis au parterre. 

Avec le temps, les gens de Québec ont appris à attendre un impressionnant déploiement visuel des soirées électro du FEQ. Et c’est justement ce que la prestation du DJ norvégien Kygo, qui présidait l’assemblée, a offert. Projections évocatrices sur d’immenses écrans (où les festivaliers eux-mêmes étaient souvent en vedette), explosions de feu, jets de fumée, confettis, lasers et feux d’artifice pour clore le rendez-vous, tout y était. 

La tradition de l’Électro-FEQ s’est poursuivie mercredi dans une sorte de communion dansante.
Kygo s’est imposé comme un maître de cérémonie fort sympathique, à qui la foule a joyeusement obéi au doigt et à l’œil.

Parfois accompagné de son complice Justin Jesso — leur collaboration sur la pièce Stargazing a été vue un petit 110 millions de fois sur YouTube… — s’est imposé comme un maître de cérémonie fort sympathique, à qui la foule a joyeusement obéi au doigt et à l’œil, même si ça faisait plus de trois heures qu’elle se faisait aller. Mollets endoloris à prévoir jeudi matin...

Diplo

Diplo a fait le nécessaire pour que l’immense parterre conserve sa belle folie.

À sa troisième présence en sept ans sur la scène des Plaines — quoiqu’il y était pour la première fois avec son projet solo —, Diplo a mérité son titre d’habitué. «C’est toujours la foule la plus folle, ici à Québec», a-t-il observé, parlant même du FEQ comme de son festival préféré. Racolage ou pas, la déclaration a fait son effet dans le public qui grouillait frénétiquement. 

Restant le plus souvent dans la pénombre ou se fondant dans un mur de projections fort joliment élaborées, l’Américain a fait le nécessaire pour que l’immense parterre conserve sa belle folie : des remixes de chansons connues, quelques pétards et d’infaillibles trucs d’animation du genre «accroupissez-vous, puis sautez à mon signal». 

Il a terminé ça en prenant la pose avec un drapeau du Québec… sur lequel était inscrit le nom de Kygo. Oups!

Bülow et Loud Luxury

bülow a offert un échantillon de 30 minutes de musique soignée, fort bien ficelée, mais pas nécessairement très dansante.

Les choses avaient pourtant commencé en douceur dans l’univers électro-pop délicat et souvent vaporeux de bülow. L’auteure-­compositrice-interprète de 19 ans a offert un échantillon de 30 minutes de musique soignée, fort bien ficelée, mais pas nécessairement très dansante. Seuls les plus motivés qui s’étaient tapé la classique course à l’ouverture du site pour être tout en avant s’activaient ferme. Mais on ne perdait rien pour attendre...

Andrew Fedyk et Joe Depace ont notamment donné l’occasion d’entendre pour la deuxième fois en autant de soirs sur les Plaines la chanson Shallow du film A Star is Born (leur remix était nettement plus réjouissant que l’interprétation de la veille). Debout sur la console, maniant le canon à fumée et ponctuant sa prestation d’effets pyrotechniques, Loud Luxury a livré la marchandise une première fois (le duo était attendu plus tard au Manège militaire pour l’After-FEQ). Quand ils ont balancé leur grand succès Body avant de quitter la scène, les Plaines étaient survoltées.

La fête a véritablement pris son envol avec le duo Loud Luxury.

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DE L'ACTIVITÉ À LA TENTE DES SECOURISTES

Parmi les nombreux gilets fluos qui crevaient la foule de la soirée électro, on remarquait à intervalle régulier les dossards jaunes de l’équipe de l’Ambulance Saint-Jean. «Ça ressemble à ce qu’on a connu les autres années. Ni mieux ni pire», glisse une secouriste entre deux missions, alors que Diplo était sur le point d’entrer sur scène, un peu avant 21h.

Déjà, pendant les premières parties, une dizaine de festivaliers, surtout des jeunes femmes, avaient été sorties de la foule sur des civières. Même si les bénévoles distribuaient de nombreuses bouteilles d’eau et de Gatorade aux spectateurs écrasés à l’avant-scène, plus la soirée avançait et moins ceux qui entraient dans la tente d’Ambulance Saint-Jean semblaient conscients. L’ambulance n’a toutefois fait qu’un seul départ avant que la noirceur tombe sur le grand plancher de danse à ciel ouvert des Plaines — d’autres ont suivi.

Deux colosses outrés ont aussi été expulsés par les agents de sécurité avant même de se rendre au programme principal.

Plus tôt, les interventions semblaient mineures (foulures, collier cervical, état de choc) et ceux qui mettaient la main sur une couverture argentée semblaient presque heureux d’avoir hérité d’un tel accessoire. 

Près du centre médical, une autre tente abrite le projet Synergie, «une campagne de sensibilisation en milieu festif» menée par les organismes Point de repères et MIELS-Québec. «On intervient sur la santé sexuelle et les drogues», explique un travailleur de rue, devant un tableau coloré qui explique les effets des mélanges de substances. Les mercredi 10, vendredi 12 et samedi 13 ont été les soirées ciblées pour ces interventions.  Josianne Desloges