Flanqué de trois musiciens et d’une choriste très en voix, l’artiste d’origine finlandaise Afie Jurvanen (et leader du groupe Bahamas) a fait couler tout au long de la soirée des grooves teintés de R & B.

Dans la «coolitude» de Bahamas

CRITIQUE / Après l’incroyable soirée funk et carnavalesque de la veille, Place d’Youville s’est transformée mardi soir en lieu de convergence des amateurs de folk, venus à la rencontre, comme morceau de résistance, du musicien chanteur Afie Jurvanen, qui fait carrière avec son groupe baptisé Bahamas. L’artiste torontois, en pleine possession de ses moyens, s’est certainement gagné plusieurs fans avec son approche très cool.

Flanqué de trois musiciens et d’une choriste très en voix, l’artiste d’origine finlandaise a fait couler tout au long de la soirée des grooves teintés de R & B. De la relaxante So Free, chantée en ouverture jusqu’à Any Place, en passant par Show me Naomi et Like a Wind, le public a pu se faire d’oreille sur une bonne quinzaine de chansons.

À le voir gratter sa guitare électrique sur Shoobe, Nothing et Sweet Touch, difficile de croire que l’artiste de 38 ans est un autodidacte de cet instrument. Ses collaborations avec Feist, Howie Beck et Jack Johnson l’ont sûrement aidé à apprendre quelques trucs.

Peu loquace en français, qu’il semble pourtant parler assez bien, davantage dans sa langue maternelle (avec une propension à répéter «so chill»), Jurvanen a préféré laisser toute la place à sa musique, propice ici et là à de belles envolées.

Les festivaliers, de plus en plus rares au fil du spectacle, se sont balancés sur un pied et sur l’autre dans cette magnifique soirée d’été qui s’est terminée comme elle avait commencé, sous de magnifiques mélodies qui épousaient à merveille l’état d’esprit collectif.

Ziggy Alberts

Le jeune Australien Ziggy Alberts compte son lot d’inconditionnels à Québec. Gens d’ici ou touristes, toujours est-il que le sympathique auteur-compositeur-interprète a déclenché de longs cris de frénésie dans une place d’Youville remplie presque à pleine capacité.

Le jeune Australien Ziggy Alberts compte son lot d’inconditionnels à Québec. Gens d’ici ou touristes, toujours est-il que le sympathique auteur-compositeur-interprète a déclenché de longs cris de frénésie dans une place d’Youville remplie presque à pleine capacité.

Son goût de l’aventure, sa quête de liberté, son discours sur la nature en péril, autant de thèmes qui touchent une corde sensible chez les membres de sa génération. Avec des chansons comme Days in the Sun et Runaway, il était facile, peu importe son âge, de s’imaginer en bord de mer, devant un soleil couchant, à savourer le moment présent.

Alberts a délaissé un moment la guitare pour le piano pour une touchante interprétation de la ballade Best Friend. Pour Hands I Can Hold, il a fait asseoir par terre tous les spectateurs, qui se sont relevés d’un trait pour taper des mains. L’enthousiasme est monté d’un cran lors de l’interprétation de Laps Around the Sun, titre de son cinquième album sorti l’an dernier, puis de Gone. Après ce dernier morceau, la festivaliers ont réservé une ovation du tonnerre à leur idole. 

Avec son accent à la Crocodile Dundee, le jeune homme s’est fait très généreux dans ses compliments pour Québec (qu’il visitait pour la première fois) et pour ses admirateurs. On lui retourne la pareille.

Ben Caplan

Ils étaient nombreux à assister, en début de soirée, à la performance de l’auteur-compositeur-interprète ontarien Ben Caplan. Le bonhomme à la barbe imposante porte ses chansons folk avec beaucoup intensité. Ses convictions politiques aussi.

En solidarité avec les communautés juives, musulmanes et sikhs touchés par la controversée «loi sur la laïcité», le chanteur s’est mis une kippa blanche sur la tête dès sa deuxième chanson.

Après avoir vanté Québec, «une ville de culture et de richesse», ses gens merveilleux, la poutine et le sirop d’érable, l’artiste a dénoncé cette législation qui a mené deux familles de son entourage à quitter la province. «It’s breaking my f***ing heart...»

Sa sortie a été suivie de quelques applaudissements polis, les spectateurs n’étant manifestement pas en air d’entendre parler de politique...

Pour le reste, appuyé par deux musiciens, l’artiste à l’approche théâtrale parfois agaçante a livré une douzaine de ses compositions (Deliver Me, Under Control, Birds with Broken Wings...), dans un folk traversé ici et là de klezmer, une tradition instrumentale venue des communautés juives d’Europe de l’Est. 

Ses fans ont été conquis. Les autres s’en sauveront avec la phrase passe-partout : «C’t’un genre mettons…»