Malgré sa grande popularité, il existe bien des choses qu'on ignore sur le FEQ.

Cinq choses que vous ignorez (peut-être) sur le FEQ

Jusqu’au 15 juillet, la ville de Québec est en mode Festival d’été de Québec, qui a lancé jeudi sa 51e édition dans la capitale. Mais connaissez-vous vraiment votre festival? Top 5 des nouveautés, faits divers ou méconnus entourant l’organisation de l’un des plus grands événements musicaux et culturels en Amérique du Nord.

#1 : Il y aura 9 Pop-Up cette année

Eh oui! La jeune série de spectacles Pop-Up FEQ frappera encore une fois très fort cette année, avec la présentation de neuf spectacles intimistes et spontanés. 

Organisés de manière très rapide et communiqués au public dans la journée même par des indices sur les réseaux sociaux, ces événements sont à ne pas manquer. Jusqu’au 15 juillet, l’organisation du festival invite le public à surveiller ses réseaux sociaux, à la quête d’indices sur l’emplacement, le groupe et la date de ces spectacles imprévus et uniques en leur genre. 

«On va battre des records en 2018, c’est sûr. C’est toute une équipe de recherche derrière ces shows-là, explique le programmateur musical Arnaud Cordier, en entrevue avec Le Soleil samedi. Il y aussi du démarchage avec la Ville, les propriétaires, les groupes. On se trouve vraiment derrière la programmation du festival.»

Avis aux intéressés : les Pop-Up FEQ sont déjà commencés, avec des premiers indices parus sur Facebook. «On devrait notamment en avoir un autour de jeudi dans un lieu qui va très bien avec le groupe d’ailleurs», laisse entendre le programmateur, sourire aux lèvres.

Louis-Jean Cormier en spectacle Pop-Up FEQ, en juillet 2016.

#2 : L’histoire d’une artiste «sans limites»

Des histoires incroyables et presque tout droit sorties d’un film, le FEQ en a eues son lot depuis toutes ces années. Constamment tributaire de l’imprévu et des vols d’avions en retard, l’organisation est souvent passée près de la catastrophe. L’une de ces anecdotes est survenue l’an passé, d’ailleurs, lors de la 50e édition.

Une artiste dont on taira ici le nom, par souci de respect et de confidentialité, avait eu une grave infection, une trentaine de minutes à peine avant son spectacle. L’organisation du festival avait donc décidé de repousser le spectacle. Sauf que, coup de théâtre : finalement, l’artiste refuse de céder. Elle revient de l’hôpital, en mauvais état certes, mais tient à donner son spectacle.

«On avait installé une chaise sur la scène pour qu’elle puisse se reposer entre les chansons, peut-être que certains s’en souviendront, lance Arnaud Cordier. Elle a fait le show, elle a ramassé ses trucs et elle est retournée à l’hôpital pour passer des examens. J’étais complètement liquéfié. C’est fou quand même.»

Escortes policières pour un musicien qui arrive pendant son propre spectacle; des artistes pris à Montréal à quelques heures de leur performance ou encore des remplaçants de dernière minute : disons que les anecdotes cocasses ne manquent pas à l’interne au FEQ.

#3 : Vers un décor beaucoup plus imposant

Les plus observateurs auront remarqué que plusieurs éléments de décor supplémentaires s’ajoutent un peu partout dans la ville cette année au FEQ. Les fameuses lettres géantes sur les Plaines ou encore le grand cube en sont de beaux exemples. De manière générale, l’organisation entend offrir une «expérience visuelle» de plus en plus importante aux festivaliers.

La coordonnatrice au pavoisement du Festival, Daphnée Lemieux-Boivin, s’inspire d’ailleurs ici et là de plusieurs autres événements dans le monde pour améliorer cet aspect visuel, toutes scènes confondues. Pour ce faire, elle s’est notamment rendue récemment au Rock in Rio, l’un des plus grands festivals de musique au monde, avec Coachella.

«On tient vraiment à donner un supplément d’armes, une vraie expérience au public, qui pourra dire que non, il n’a pas vu ça ailleurs, qu’il a vu ça à Québec seulement, au-delà des spectacles évidemment, note Arnaud à ce sujet. C’est vraiment intéressant cette évolution du look de notre festival.»

Les lettres géantes s'ajoutent aux nouveautés du décor de l'édition du FEQ 2018.

#4 : La mythique scène Bell prend plus d’un mois à monter

Plusieurs personnes ignorent, même à Québec, que le montage de l’immense scène Bell commence… au début juin, voire à la fin mai. Les plaines d’Abraham sont en mode FEQ bien avant nous!

«C’est assez fou, on voit se construire un monument en fait, avoue Arnaud Cordier là-dessus. Ça prend tellement de monde pour l’élever, moi je suis toujours ébahi par l’ampleur de ce qu’on peut accomplir.» Le travail est effectivement énorme : technique, sécurité, logistique, décor, ingénierie même. Rien n’y échappe. En juin, les bureaux du Festival sont de plus en plus occupés, à l’aube du 5 juillet. 

L’une des plus grosses scènes sur le continent et la plus imposante scène autoportante au Canada, la scène Bell a une capacité d’accueil de 80 000 personnes. Et c’est sans compter les centaines de personnes qui gravitent autour de celle-ci, à distance ou à proximité, pendant toute la soirée. 

De grandes vedettes y sont passées à travers les années. Pour n’en nommer que quelques-unes : The Who, Muse, Kendrick Lamar, The Rolling Stones, Foo Fighters, Red Hot Chili Peppers, Sting, Peter Gabriel, Lady Gaga, Billy Joel, Bryan Adams, Stevie Wonder, Bruno Mars, Tiësto, Bon Jovi, Aerosmith, Metallica, Elton John, Rammstein… et bien d’autres.

Metallica a offert une des plus grandes performances de l'histoire du FEQ en 2011.

#5 : Priorité au local

Depuis plusieurs années, l’un des mandats du Festival d’été de Québec est de mettre en valeur les talents émergents d’ici. Et cette 51e édition n’y fera pas exception, avec la présence notable de la populaire Charlotte Cardin, l’électrisant groupe Galaxie, la colorée Klô Pelgag ainsi que les duos Milk & Bone et 2Frères.

Avis aux intéressés : le «futur du hip-hop québécois», promesse d’Arnaud Cordier, s’offrira en performance le 12 juillet, sur la Scène Loto-Québec. C’est le charismatique Zach Zoya et son hip-hop aux allures électroniques qui foulera les planches du parc de la Francophonie. Natif de Rouyn-Noranda, le jeune artiste pourrait bientôt aller au-delà des frontières québécoises, croit le programmateur du FEQ. «C’est vraiment à ne pas manquer», tranche-t-il.

Dimanche le 8 juillet, en ouverture du spectacle très attendu de War On Drugs, surveillez aussi la venue de Casual Rites, un groupe de «joyeux lurons» de Québec qui donne dans un folk-rock aux inspirations américaines. «Ces gars-là sont tout seuls, ils n’ont pas d’agents aux dernières nouvelles, mais on croit tellement en eux», ajoute Arnaud Cordier. 

«C’est le genre d’histoire que moi j’aime raconter, parce que c’est tellement une belle vitrine pour eux, conclut-il. Je peux vous dire aussi qu’ils capotent de jouer avec War On Drugs. Comme bien des gens, ce sont des fans finis et ils ne pensaient jamais jouer sur la même scène.»

Le groupe originaire de Québec Casual Rites est attendu de pied ferme le dimanche 8 juillet. Photo saisie ici lors de son passage aux Apéros FEQ.

+

En rafale: trois autres suggestions du programmateur

1) Sax Machine : Un trombone, un saxophone et des ajouts électroniques ici et là. Le tout joué par un groupe de Français passsionnés. Et vous obtenez Sax Machine, un groupe aux allures hip-hop funk électronique. «Les gens vont capoter et ils vont embarquer à fond», promet le programmateur musical. 19h30, Scène Hydro-Québec, 8 juillet (juste avant Jain)

2) Make-Overs : Les adeptes de rock seront intéressés par ce duo «à la White Stripes», provenant d'Afrique du Sud. Une sorte de Weezer sur l'adrénaline, dit Arnaud Cordier. Un heureux mélange «entre la mélodie et la guitare qui rentre au poste». 19h, Scène Loto-Québec, 13 juillet (un peu avant Galaxie)

3) Flavia Coelho : La «tornade brésilienne» qu'est cette jeune artiste de l'Amérique du Sud donne dans une musique endiablée et chaleureuse. «On a vraiment l'impression d'être là-bas, au Brésil, en écoutant sa musique», dit le programmateur. Dernière tête d'affiche de la scène Hydro-Québec, Flavia Coelho promet de faire danser le parterre. 21h10, Scène Hydro-Québec, 15 juillet (après Gato Preto)