Dans une forme resplendissante, casquette à pois sur la tête, chemise à rayures et pantalon blanc, Buddy Guy a été accueilli dans un tonnerre d’applaudissements.

Buddy Guy: câline de bon blues! [VIDÉO]

CRITIQUE / Le maître à penser de la grande confrérie des guitaristes, le seul et unique Buddy Guy, a fait le bonheur de ses nombreux et irréductibles fans, mercredi soir, dans une place George-V transformée en gigantesque bar de blues. Un concert dont tout le monde se souviendra longtemps.

La dernière présence à Québec de la légende du blues, 83 ans à la fin du mois, remontait à 2013. Plusieurs de ses fans croyaient ne plus jamais le revoir dans la capitale. C’était bien mal connaître George «Buddy» Guy, celui-là même que Éric Clapton considère comme le plus grand guitariste vivant.

Dans une forme resplendissante, casquette à pois sur la tête, chemise à rayures et pantalon blanc, le vénérable musicien a été accueilli dans un tonnerre d’applaudissements. C’est sous la clameur qu’il s’est immédiatement mis à l’ouvrage avec Damn Right, I Got the Blues, prétexte à quelques coups de hanche coquins au dos de sa guitare six cordes. Très espiègle, le monsieur... 

En parfaite symbiose avec ses quatre compagnons de scène, tous de véritables pros, le membre du Rock’n’Roll Hall of Fame a aligné sans temps mort les moments de pur bonheur pour ses fans, dont Five More Years, qui les a fait réagir au quart de tour. Sur You Give Me Fever (1968), hommage à Little Willie John, les festivaliers ne se sont pas fait prier pour l’accompagner de claquements de mains rythmés.

Tout un phénomène, le monsieur Buddy. Après avoir déposé sa guitare sur une caisse de son, il s’est servi d’une baguette de batteur pour en faire jaillir des notes d’enfer. Puis, jouant avec son instrument dans le dos — tout cela semble tellement évident pour lui… — et la frottant à l’endroit où le dos perd son nom, insérant un peu plus tard quelques accords d’I Miss You, des Rolling Stones.

Le musicien a fait plaisir à ses fans en descendant jouer et chanter Someone Else is Steppin’ In jusqu’à la tente de la régie technique. Inutile de dire que les cellulaires se sont fait aller sur un méchant temps pour immortaliser le moment. «Oh, shit! I like that!» s’est-il exprimé.

Après une heure et demie d’un concert tricoté serré, la légende a tiré sa révérence comme il était entré, c’est-à-dire sous les acclamations d’une foule en extase (dont Éric Lapointe) qui en redemandait encore et encore.

«Buddy! Buddy! Buddy!» La foule a insisté pour le ramener sur scène, mais en vain.

Aussi extraordinaire soit-il, le bonhomme a quand même 82 balais, ne l’oublions pas...

Salomé Leclerc

Plus tôt en soirée, à place d’Youville, Salomé Leclerc, a livré un énergique concert où les sonorités, parfois d’un rock lourd, parfois intimistes, épousaient à merveille des textes témoignant d’une riche intériorité.

Plus tôt en soirée, devant une foule qui remplissait aux trois quarts la place d’Youville, Salomé Leclerc, a livré un énergique concert où les sonorités, parfois d’un rock lourd, parfois intimiste, épousaient à merveille des textes témoignant d’une riche intériorité.

Pour sa deuxième présence au Festival d’été en cinq ans, la talentueuse artiste originaire de la région de Lotbinière, âgée de 33 ans, a décliné son répertoire d’un soir en pigeant dans ses trois albums (Sous les arbres, 27 fois l’aurore, Les choses extérieures).

«La dernière fois que je suis venu ici [au FEQ], c’était... ici [à place d’Youville]. Vous aviez mis la barre haute et je ne m’attends à rien de moins ce soir», a-t-elle lancé aux spectateurs qui lui ont réservé une longue ovation en fin de parcours.

Flanquée de trois musiciens, la jeune chanteuse a quitté les blocs de départ avec du matériel costaud, Arlon et Entre ici et chez toi, prétexte à une belle démonstration de sa dextérité à la guitare électrique, son instrument fétiche qu’elle n’a pas quitté de la soirée et avec lequel elle fait littéralement corps.

De belles mélodies ont ponctué la soirée, on pense à Garde-moi collée, où elle a déployé sa voix à la fois puissante et aérienne. Autre beau moment, encore plus magique celui-là, lors de la touchante interprétation d’Entre parenthèses, inspirée du livre Nirliit, de Juliane Léveillé-Trudel, fondue en fin de parcours avec Famous Blue Raincoat, de Leonard Cohen. 

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