Peut-être à cause de son look «garçon rebelle», on considère souvent Roxanne Bruneau comme une fille fonceuse. «Mais en réalité, je suis un bon Kleenex! Je suis molle, molle, molle en dedans. Je fonce les yeux fermés parce que j’ai trop peur», avoue celle qui ne cache pas ses troubles anxieux.

Authentique Roxane Bruneau au FEQ

Il y a à peine deux ans, Roxane Bruneau était bien loin de se douter qu’elle remplirait des salles de spectacles. «Je pensais continuer sur le net, tranquille, comme je le faisais depuis 2013», admet-elle.

Comme bien des jeunes, elle rêvait secrètement de faire carrière en musique, mais se disait que c’était impossible. «Comme si une partie de moi voulait, et l’autre non. Mon cœur disait oui, mais pas ma tête.»

Aujourd’hui, toutefois, elle remercie la vie pour ce qui lui arrive. Ses chansons accrocheuses et touchantes à saveur pop, ses plus de 125 000 abonnés sur les réseaux sociaux — où elle a commencé par présenter des sketchs humoristiques — et ses plus de deux millions de visionnements de Notre belle démence ont fait en sorte d’être remarquée par Raymond Duberger, des Disques Artic. 

«Il m’a appelée, m’a proposé de produire un album, j’ai dit non, il a dit oui, et j’ai dit OK», résume Roxane Bruneau en quelques secondes.

C’est ainsi que Dysphorie a vu le jour en 2017, qu’il a atteint rapidement le sommet des ventes au Québec et occupé le quatrième rang au Canada, tandis que ses premiers extraits, J’pas stressée et Des p’tits bouts de toi, ont tourné et tourne encore fort sur les plus grosses stations de radio de la province. 

Comme une victoire

À travers ce succès soudain, l’artiste originaire de Delson, en Montérégie, avoue s’être sentie comme une imposteure dans le milieu. Mais ses deux nominations au gala de l’ADISQ 2018 — Album pop et Révélation de l’année — lui ont confirmé qu’elle méritait sa place, dit-elle. «Je n’ai pas gagné, mais c’est tout comme, tellement elles m’ont fait plaisir. Surtout Révélation de l’année.»

Passant tout droit de son sous-sol à une carrière professionnelle sans se promener entre les bars, les concours et les formations, Roxane Bruneau a dû tout apprendre du métier sur le tas. «Heureusement, c’est facile pour moi», affirme-t-elle.

Ce qui a été difficile, par contre, c’est de laisser de la place à d’autres dans son univers. «Au début, je ne voulais rien savoir. C’était mon bébé à moi, je ne voulais pas qu’on me contrôle dans ma création. Mais un moment donné, j’ai réalisé que ces gens-là avaient quand même du métier, et que je pouvais leur faire confiance.»

Elle a notamment laissé la mise en scène de son spectacle aux bons soins de Martin Cloutier, qui lui laisse quand même pas mal de liberté. «Je prends toujours le pouls de la salle. Si c’est un public plus relaxe, je vais raconter beaucoup d’anecdotes humoristiques, laisse-t-elle entendre. Mais si la foule est plus dedans, là mon show va vraiment rocker, déménager.»

Plus lumineux?

En tournée depuis plusieurs mois déjà, Roxane Bruneau interprète sur scène les chansons de son album Dysphorie, bien entendu, mais également de nouveaux titres, qu’elle compte enregistrer sur un prochain album qu’elle aimerait lancer en 2020. 


« Normalement, j’écris surtout quand ça ne va pas bien, mais là, tout va à merveille dans ma vie! »
Roxanne Bruneau

L’écriture se fait toutefois plus ardue pour ce second opus. «Normalement, j’écris surtout quand ça ne va pas bien, mais là, tout va à merveille dans ma vie! Ce beau problème s’ajoute à la pression du deuxième, pour répondre aux attentes, ce qui rend les choses plus compliquées...» expose-t-elle.

De ce fait, l’auteure-compositrice-interprète de 27 ans laisse entendre que sa prochaine offrande pourrait bien être «un peu plus lumineuse» que Dysphorie. «Mais il ne faut pas s’attendre non plus à des licornes et des arcs-en-ciel, c’est vraiment pas mon genre!» ajoute-t-elle en riant.

Parlant de genre... peut-être à cause de son look «garçon rebelle», on la considère souvent comme une fille fonceuse. «Mais en réalité, je suis un bon Kleenex! Je suis molle, molle, molle en dedans. Je fonce les yeux fermés parce que j’ai trop peur», avoue celle qui ne cache pas ses troubles anxieux.

«Il y a toujours deux personnes dans ma tête, une full enthousiaste qui dit “go, on y va!” et l’autre qui dit, “non, attention, c’est dangereux”.»

C’est d’ailleurs cette «double personnalité» qui lui a inspiré le titre de son premier album, dit-elle. «Et qui fait que je reste qui je suis. Parce que j’ai peur que tout ça s’arrête, je ne m’emballe pas trop. Juste un peu...»

Roxanne Bruneau se produira à l’Impérial le mercredi 10 juillet, à 21h10. Laissez-passer du FEQ obligatoire.