Chronique

Le vent qui a emporté Imagine Dragons

CHRONIQUE / Le groupe Kongos avait commencé à faire rouler son rock sur les Plaines lorsque le Festival a reçu vers 19h30 l’appel de WeatherOps, une entreprise de pointe dans la gestion des données météo. La firme basée sur le campus de l’Université de l’Oklahoma à Norman informe le Festival qu’un fort vent du sud-ouest pousse vers Québec une violente cellule orageuse. Les premiers courriels à cet effet étaient entrés à l’heure du souper, mais la menace se précisait.

Une mise en garde similaire avait été faite lors du spectacle de Mariah Carey, mais le vent venait ce soir-là du nord et l’orage avait dévié devant Québec.

En ce soir de Dragons, on attend l’orage vers 22h30 ou 23h, suivi de 75 minutes de pluies fortes. 

Pour un spectacle prévu à 21h30, c’est encore jouable, même s’il y a désormais un risque que le rappel soit compromis.

Le directeur de la production, Patrick Martin prévient la directrice Anne Hudon et Samantha McKinley des communications.  

À eux trois, ils forment ce soir-là la cellule de crise. Ils ont pleine autorité pour interrompre un spectacle, l’annuler ou évacuer un site.

Les assureurs du Festival ne donnent pas de «paramètres» en cette matière. Ils laissent à l’organisation la gestion du risque.

Le Festival vient d’entrer en «veille». 

À LIRE AUSSI: Chaos entourant l'évacuation des Plaines

Au centre de contrôle dans un autobus derrière la scène, Patrick Martin suit les «tableaux de bord» avec les infos météo en direct et les images des caméras. 

Un capteur installé au sommet de la grande scène transmet toutes les 30 secondes les relevés sur la force du vent, «le pire ennemi» du Festival. 

Les organisateurs de grands événements ont tous en mémoire la catastrophe du Indiana State Fair, le 13 août 2011.

Des rafales à l’approche d’un violent orage avaient provoqué l’effondrement de la scène, faisant 7 morts et 58 blessés. «Ce fut une prise de conscience», confie M. Martin.

Le vent pourrait aussi emporter des pièces d’équipement et blesser des artistes ou des spectateurs.  

Les scènes sont des installations temporaires ancrées avec des ballasts et des haubans. Elles n’ont pas la solidité d’un vrai immeuble. 

Les toiles et écrans protecteurs agissent comme les voiles d’un voilier. Plus il y a de voilures, plus il y a de prise pour le vent et de risque.

La scène des Plaines est plus grande depuis une dizaine d’années, ce qui augmente le risque.

Kongos a quitté la scène, remplacé par Bishop Briggs. Dans les coulisses, on a déjà prévenu Imagine Dragons : Québec n’y échappera pas.

Vers 21h05, on avise les spectateurs qu’une veille d’orage violent est en vigueur et que le Festival suit la chose de près. On ne parle pas encore d’annulation, mais il suffit de voir la couleur du ciel pour comprendre ce qui s’en vient.

Imagine Dragons insiste pour commencer à jouer et montera sur scène 15 minutes avant l’heure prévue. Le groupe sait que son spectacle va être interrompu, mais fonce. 

Il aura le temps de deux chansons, explosives, avant que la station transmette une lecture de vent à 70 km/h.   

Le plan d’urgence est clair : à 70 km/h, on arrête le spectacle, on abaisse les écrans géants et on relève les éclairages de scène pour éviter un balancement et une fréquence pouvant mettre en danger la structure. 

Le spectacle est mis en pause, mais le pire est à venir. 

La rafale fatale sera enregistrée à 21h35 : 90 km/h. Plus forte que les premières prévisions de WeatherOps.  

Dans la cellule de crise, Patrick Martin fait sa recommandation. La nouvelle dg, peu familière encore avec les opérations, ne discute pas. L’ordre d’évacuation est donné.  

Que l’artiste soit la tête d’affiche n’influence pas la décision. 

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Outre le vent, on craint aussi la foudre. Elle est tombée sur le Manège pendant l’opération de montage. «Ça peut arriver», sait M. Martin. 

Le plan prévoit que si la foudre tombe dans un rayon de 10 kilomètres, le spectacle doit être interrompu. À 5 km, on pourrait décider d’évacuer et à 3 km, ça devient impératif.

Le Festival se garde ici une petite marge de manœuvre. Avec des ados ou de jeunes adultes capables de bouger vite, on sera un peu plus patients. On le sera moins s’il y a beaucoup de jeunes enfants. La décision appartient alors à la cellule de crise. 

Le Festival veut désormais éviter l’erreur des Foo Fighters. «On avait évacué trop tard», affirme M. Martin.    

«Quand on avait évacué, la foudre était déjà au-dessus de nos têtes. On avait étiré la sauce. On avait été un peu téméraires. C’est l’erreur qu’on n’a pas faite cette fois-ci».

Le plan d’évacuation des Plaines n’avait jamais été testé avant samedi, rapporte M. Martin. Ce plan vise à vider le site en 20 minutes. 

L’objectif n’a pas été atteint samedi soir. Il a fallu 45 minutes, selon des témoins. Des secteurs ont été vidés en 10 minutes, mais pour d’autres, ce fut plus long.

Il y a eu des ratés de communication avec le personnel sur le site, confie M. Martin. Il faudra améliorer ça.  

Le message n’était pas clair non plus pour tous les spectateurs. En donnant l’ordre d’évacuer, il aurait fallu préciser que le spectacle était annulé, ce qui aurait évité que certains restent au cas où.  

Une fois l’ordre d’évacuation donné, il n’y a plus de retour en arrière possible. 

Réadmettre tous les spectateurs impliquerait des contrôles et des fouilles qui auraient pris 1h30 à 2h, évalue M. Martin. Sans compter le délai causé par l’orage. 

Cela aurait mené à une fin de spectacle en milieu de nuit, avec l’impact du bruit et du temps supplémentaire des policiers, chauffeurs du RTC, employés de la Ville, etc. La Ville de Québec est tolérante, mais il y a des limites. 

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Les délais d’évacuation ont exposé les spectateurs de Imagine Dragons et des Foo Fighters à un risque, convient Patrick Martin. Il y avait encore des milliers de spectateurs sur le site pendant que soufflait la bourrasque et que la foudre menaçait. 

Le risque zéro n’existe pas, rappelle M. Martin. Il a raison. Il faut chaque fois évaluer quel niveau de risque est acceptable par le public.  

Si on convient que le vent et la foudre pouvaient être dangereux, on ne peut pas reprocher au Festival d’avoir pris la décision d’annuler. 

***

Aurait-il été possible d’ouvrir davantage de clôtures pour évacuer plus vite? On a envie de penser que oui. Il y a cependant des contraintes physiques : falaise au sud; citadelle à l’est; immeubles au nord.

Voyant l’orage venir, aurait-il été possible d’inverser les spectacles de Imagine Dragons et de Bishop Briggs? Inverser aurait été difficile et dangereux, analyse M. Martin. Il aurait fallu démonter les équipements de Briggs et les remonter en catastrophe. 

Annuler le spectacle de Briggs pour faire commencer plus tôt celui des Dragons aurait cependant été faisable. Cela fera partie des réflexions du Festival lors du grand débriefing de l’automne. 

Sans doute y aurait-il eu des retardataires déçus d’être arrivés trop tard. Mais cela aurait mieux valu que de décevoir les 82 000 spectateurs déjà présents. 

Festival d'été

Une finale du FEQ punk-rock avec Blink-182 [PHOTOS]

CRITIQUE / Le 52e Festival d’été de Québec (FEQ) a pris fin dimanche dans une célébration de la nostalgie punk-rock sur les plaines d’Abraham. Sous les bons soins de Blink-182 et The Offspring, nous avons fait un joyeux retour aux années 90.

Au cœur d’une tournée célébrant le 20e anniversaire de son album Enema of the State, interprété dans son intégralité sur les Plaines, Blink-182 n’a pas lésiné sur les moyens pour marquer l’événement. Le trio américain est débarqué dans la capitale avec une imposante production et une proposition pour le moins énergique, qui est passée en un éclair. On ne pourra pas dire que le FEQ s’est terminé sur un decrescendo, loin de là. 

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Retrouvailles festives pour Mes Aïeux au FEQ [VIDÉOS]

CRITIQUE / Même après une absence de six ans, le groupe Mes Aïeux n’a rien perdu de son talent pour brasser le canayen de leur monde et faire lever le party. La preuve en a été donnée, dimanche soir, devant une très bonne foule réunie à Place George-V pour cette réunification des plus réussies.

Heureux de renouer avec la beauté de Québec, et relevant le paradoxe de jouer devant un drapeau canadien — «Ça fait bizarre...», dixit Stéphane Archambault — les sept joyeux complices, nationalistes devant l’éternel et habillés de leurs plus beaux habits bleu poudre, ont livré un concert pop rock folklorique qui s’est fait de plus en plus festif au fil de la soirée.

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Mission accomplie pour le 52e FEQ [VIDÉO]

Après une année de casse-tête au chapitre de la programmation, l’organisation du Festival d’été de Québec (FEQ) dresse un bilan «extraordinaire» de sa 52e présentation, marquée notamment par l’annulation du spectacle d’Imagine Dragons, qui avait rallié le plus grand nombre de festivaliers.

«Les ventes ont été au rendez-vous, observe le directeur de la programmation du FEQ, Louis Bellavance. On sait qu’on a rencontré nos objectifs et qu’on les a même dépassés. Dans le contexte où cette programmation-là nous a donné tellement de mal, on a douté à plusieurs moments, de l’annonce de la programmation au début avril jusqu’au moment où on a annoncé Corey Hart qui venait compléter le puzzle. Quand on est entré dans l’événement, en voyant que les ventes ont continué et que les gens ont répondu présents plus qu’on pensait pour un alt-J ou un Slipknot, ça nous a vraiment comblés.»

Sans dévoiler de chiffres, M. Bellavance confirme que la formation Imagine Dragons a attiré le plus grand nombre de festivaliers, qui ont eu droit à deux chansons et un bain de foule du chanteur Dan Reynolds avant d’être contraints de quitter les plaines d’Abraham, évacuées comme tous les sites extérieurs du FEQ à cause d’un orage violent. Alors que l’organisation se félicitait samedi du bon déroulement des opérations, elle a nuancé sa position dimanche après avoir essuyé des critiques de spectateurs sur les réseaux sociaux. 

«On a rapidement diffusé l’information qui concernait notre propre périmètre, explique la directrice des communications du FEQ, Samantha McKinley. Mais on est conscient que le retour à la maison a été difficile. Cet après-midi, on rencontre les différents intervenants de la ville pour pouvoir débriefer à chaud, identifier ce qui a bien été et moins bien été et déjà identifier des pistes d’amélioration pour la suite des choses.» 

Selon les dires de Louis Bellavance, le chanteur d’Imagine Dragons, Dan Reynolds, avait «le cœur brisé» en quittant la scène des Plaines. «Il voulait faire ce spectacle-là, avance-t-il. Imagine Dragons ne tournait pas cette année, ils font seulement quelques concerts. C’était le premier spectacle qu’on avait programmé pour cette année parce qu’ils voulaient venir depuis un moment. Tout était là pour quelque chose de vraiment magique. Au final, c’est une partie remise. Il va falloir finir ce spectacle-là comme on a fini celui des Foo Fighters [en 2018]. Combien de temps ça peut prendre? Ça reste une question sans réponse pour le moment.»

À VOIR: La courte prestation d'Imagine Dragons en vidéo

Des pourparlers ont même été lancés dès samedi soir, ajoute M. Bellavance. «Leur agent a été contacté à Los Angeles, indique-t-il. On était encore derrière la scène et on avait ces échanges-là. À L.A., ils ont vu des photos et de la vidéo et ils ont été soufflés par ce qui se passait chez nous en termes de foule et de dispositif de scène. Là, ils comprennent ce qu’on leur avait vendu. Ils ont dit : “on va revenir”. Reste à trouver quand.»

Place George-V

Alors que le FEQ a déménagé sa deuxième plus grosse scène du parc de la Francophonie à la place George-V, qui peut accueillir jusqu’à 15 000 festivaliers, Louis Bellavance s’est montré satisfait de la transition. Le site a affiché complet à une seule reprise, le 11 juillet, pour les concerts de Moist et de Live

«L’objectif de ce changement était d’éviter d’avoir à fermer un jour sur deux, note-t-il. On avait des appréhensions sur la configuration, sur l’arrière-scène qui est vraiment étroite. Mais les artistes ont adoré ça et le public a été là. On a réussi à ne pas fermer les portes, sauf à une exception. On avait poussé notre luck en amenant Live sur scène. C’est mission accomplie pour ce transfert-là.»

Si la journée consacrée au hip-hop québécois n’a pas fait courir les foules en après-midi, Louis Bellavance estime que la formule devra être analysée «plus à fond». «On n’a pas eu l’achalandage qu’on aurait voulu, tranche-t-il. Ceci dit, on aime beaucoup l’idée de faire des choses en après-midi. Est-ce que ça sera de cette façon-là ou d’une autre façon, ça reste à voir. Ça fera partie de la réflexion. Sans dire si l’expérience est concluante ou pas, c’est une piste qu’on veut continuer d’explorer.»

Carte blanche 

Quant à la carte blanche confiée à Éric Lapointe — qui a convié une imposante brochette d’invités sur les Plaines —, elle aura été la plus imposante à ce jour pour un artiste québécois au FEQ. Et elle risque de donner le ton pour la suite des choses selon Louis Bellavance, qui considère le concept lancé en 2012 par Vincent Vallières comme un incontournable dans la programmation.  

«Il n’y a pas beaucoup d’Éric Lapointe au Québec, évoque-t-il. Par contre, on a testé des choses cette année qu’on n’avait pas testées auparavant. Je pense que ça monte la barre. On va voir d’autres trucs peut-être plus importants que ce qu’on avait l’habitude de faire. Mais ça va dépendre évidemment de chaque artiste qu’on va convaincre de se lancer là-dedans. C’est énormément de travail pour nous et pour l’artiste qui choisit de faire ça. Je garantis qu’Éric Lapointe n’a pas envie d’en faire un autre l’année prochaine. C’est vraiment un mandat énorme pour eux. Ce n’est pas facile à livrer, mais on a donné le goût à beaucoup de monde.»

Le 52e Festival d’été de Québec s’est déroulé du 4 au 14 juillet.

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Notre suggestion du jour au FEQ: The Offspring

À chaque génération sa nostalgie et la soirée de clôture du Festival d’été de Québec (FEQ) sur les plaines d’Abraham en sera une pour les ados des années 90. 

Certains prendront sans doute un coup de vieux en réalisant que l’album Smash de The Offspring a fêté ses 25 ans cette année. 

L’heure sera donc aux célébrations punk-rock pour la bande de Dexter Holland, qui seront à l’œuvre dès 19h45, juste avant Blink-182. Voilà un énergique combo pour profiter du FEQ jusqu’au bout. 

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Loud coupé par la pluie [VIDÉOS]

CRITIQUE / Alors qu’il livrait sa deuxième pièce sous la pluie battante, Loud a été interrompu par l’ordre du Festival d’été de cesser les spectacles. Le marathon de hip-hop québécois du Festival d’été avait démarré lentement et s’est terminé en queue de poisson.

«Ils veulent arrêter le show... Des abrutis, man. No way. Fuck ça!» s’est révolté son MC avant que le courant soit coupé sur scène. L’annonceur du festival a ensuite demandé à la foule d’évacuer calmement le site. Les cris de frustration ont fusé, mais lorsque les éclairs ont commencé à zébrer le ciel, les festivaliers ont dû se rendre à l’évidence qu'ils devaient quitter le terrain.

Vêtu de blanc de pied en cap, Loud venait de livrer avec Les nouveaux riches et Hell, What a View, et la foule électrisée semblait prête à transformer la place en grand plancher de danse.

Samedi soir, Loud devait annoncer qu'il jouera au centre Vidéotron le 7 décembre.

À LIRE AUSSI : Journée test peu convaincante au Festival d’été

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L’orage vient à bout d’Imagine Dragons au FEQ [PHOTOS et VIDÉOS]

CRITIQUE / Les Foo Fighters avaient eu droit à quatre chansons en 2015, Imagine Dragons a été réduit à deux maigres pièces samedi soir au Festival d’été de Québec. À cause de conditions météo extrêmes, la prestation du groupe américain a été annulée sur le coup de 21h40, alors que le site des plaines d’Abraham a dû être évacué.

Si on avait certainement affaire à la plus grosse foule de ce 52e FEQ, une veille d’orage violent avait soulevé les inquiétudes plus tôt en soirée. Les pires craintes des fans se sont finalement concrétisées quand le violent orage s’est abattu sur les Plaines : pluie forte et vents violents ont eu raison des bonnes intentions de Dan Reynolds et de ses complices, qui avaient devancé leur spectacle d’une quinzaine de minutes afin de battre l’orage. En vain.

Le groupe a eu le temps d’entonner Believer et It’s Time avant qu’on lui demande de quitter les planches. «Il y a des risques d’éclairs pendant 10 minutes, alors je vais aller passer un moment avec vous», a déclaré le sympathique chanteur, qui s’est effectivement offert un bain de foule dans l’orage, avant que les éléments ne se déchaînent vraiment.

Si des divas comme Mariah Carey s’inquiètent de quelques gouttes de pluie, Reynolds a eu une attitude inverse, livrant sa courte et intense prestation de l’avant-scène, sous la pluie. Avant la fin de Believer, il était torse nu et complètement détrempé. De la solidarité festivalière à son meilleur… Et de quoi nous faire regretter encore davantage ce rendez-vous manqué.

«Québec, prend soin de toi. Nous sommes désolés que la tempête ait écourté notre spectacle et nous espérons que vous êtes tous rentrés en sécurité. Nous reviendrons vite, c’est une promesse», a fait savoir Imagine Dragons sur sa page Twitter. 

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Journée test peu convaincante au Festival d’été

En commençant la présentation des spectacles à 15h samedi à la place George-V, le Festival d’été désirait faire un test. Les festivaliers sont-ils prêts à commencer leur journée plus tôt?

Force est d’admettre que samedi, le hip-hop québécois à place George-V a eu beaucoup de mal à rivaliser avec le spectacle d’Imagine Dragons pour lequel les files se sont formées tôt à l’entrée des plaines. La piscine ou l’air conditionné ont aussi surement convaincu certains spectateurs d’arriver à la tombée du jour, comme à l’habitude.

À 15h, sous un soleil de plomb, il n’y avait qu’une poignée de braves pour le début du grand marathon, lancé par Vincent Biliwad, un jeune rappeur-compositeur-interprète de Limoilou. Il n’y en avait pas plus à 16h pour D-Track, sympathique artiste de Gatineau, qui nous a offert plusieurs moments avec la flûtiste Caroline Dupont. «La dernière fois que je suis venu ici, il y avait 2 personnes, maintenant vous êtes au moins 100. Mon compte est bon? Think big ostie!», a noté D-Track, bon joueur.

À 17h, déjà, la place était un peu plus garnie pour le début de la prestation Robert Nelson, mieux connu du public. Les spectateurs ont continué d’affluer lentement et ceux qui étaient sur place écoutaient les contes délirants de Nelson avec une attention enthousiaste. Ça commençait même à bouger un peu, au rythme des rimes, dans les rangs.

Lorsque les vétérans de Sans pression sont venus chauffer la scène, on pouvait enfin utiliser le mot «foule» pour désigner les spectateurs.

Il faudra attendre le bilan des organisateurs, dimanche matin, pour savoir si le FEQ a trouvé le test concluant et répètera l’expérience.

Quoi qu'il en soit, si on veut que les festivaliers restent à la place George-V de 15h à 23h, il faudrait prévoir plus qu'un camion-restaurant sur les lieux.

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Notre suggestion du jour au FEQ: Loud

Pour paraphraser le titre de son album, c’est encore une année record pour Loud après l’explosion de sa chanson Toutes les femmes savent danser et ses trois spectacles à guichets fermés à l’Impérial. 

Dans la foulée, le rappeur québécois est revenu avec un nouvel effort (Tout ça pour ça) et nombre de spectacles. Ce sera certainement du délire que cette présence au FEQ. 

On vous suggère Loud, mais, au fond, c’est l’entière journée de hip-hop québécois qui retient l’attention à la place George-V samedi à compter de 15h, avec, entre autres, Koriass et Sans Pression. Ça va brasser. Laissez-passer obligatoire. 

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Sans Pression au FEQ : Les 20 ans d'un album marquant

Il y a 20 ans paraissait l’album «514-50 dans mon réseau» de Sans Pression. L’un rappant en joual, l’autre en créole, S.P. (Kamenga Mbikay) et Tikid (Jean Philippe Guillaume) allaient sans le savoir marquer la jeune histoire du hip-hop d’ici en amenant la rue dans leurs vers et leurs rimes. Alors qu’ils viennent de célébrer leur anniversaire lors d’un grand spectacle aux Francos de Montréal et qu’ils s’apprêtent à agir à titre de doyens de la première journée 100 % rap québécois du Festival d’été de Québec (FEQ), Le Soleil a pris des nouvelles des deux artistes.

Q Ça vous fait quoi de souligner les 20 ans de l’album 514-50 dans mon réseau?

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Salif Keita: le dernier chant du Rossignol

CRITIQUE / Salif Keita a à peine fait patienter la foule vendredi, dans une place D’Youville comble, jusque dans la rue Saint-Jean, pour ce spectacle événement du 52e Festival d’été de Québec. La voix d’or de l’Afrique est venue célébrer son 70e anniversaire de naissance (en août), mais aussi ses 50 ans de carrière. Une solide prestation en forme d’adieu, sans nostalgie.

L’albinos, de blanc vêtu de pied en cap, a ouvert en douceur avec Mama. S’appuyant sur ses sept complices et ses deux choristes-­danseuses, ce pionnier du métissage basé sur la musique mandingue a poursuivi en puisant dans son large répertoire, offrant presque d’emblée Yamore, enregistrée en 2002 avec la regrettée diva Cesaria Évora.

Peu loquace entre les morceaux à part quelques vibrants «mercis», le chanteur se dandine parfois au rythme de la musique ou arpente un petit carré de scène, mais reste statique la plupart du temps. Son chant fait foi de tout. Et quelle voix! Toujours aussi vigoureuse malgré le passage du temps, comme en témoignent ses puissantes envolées vocales.

Après une quarantaine de minutes, tout le monde a cédé la place à Mamadou Diabaté. Le virtuose de la kora a offert un délicat solo, malheureusement peu adapté à un spectacle extérieur. Après cet intermède qui a permis à Keita de prendre un peu de repos, les célébrations ont repris de plus belle avec l’entraînante La différence (2010), puis N’Bi Fe (1991) et l’hypnotique Tekere (1995).

Car le légendaire Keita était bien entouré avec ses Nouveaux Ambassadeurs soudés et générant un groove du tonnerre. La foule manifestait en dansant, applaudissant et criant son bonheur en cette nuit d’été magique, qui s’est prolongée un peu plus longtemps que prévu.

Difficile de croire que le Rossignol nous aura ravis pour une dernière fois. Bon vol.

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Le FEQ cogite sur les gourdes et verres réutilisables

À part au Festival d’été de Québec, il ne semble y avoir aucun festival au Québec qui interdise les gourdes dures. Osheaga, Heavy Montréal, le Festival de jazz de Montréal, le Festif!, le FME… tous permettent à leurs spectateurs d’entrer sur leurs sites avec une bouteille, tant qu’elle n’est pas en vitre.

Il faut regarder du côté américain pour trouver un règlement semblable. Coachella, en Californie, interdit les contenants de métal, d’aluminium, mais permet les gourdes en plastique — molles ou non.

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Logic: rappeur de course [PHOTOS+VIDÉOS]

CRITIQUE / «Je n’ai qu’un message : la paix, l’amour et le positivisme», a lancé vendredi le rappeur Logic, qui présidait le marathon hip-hop du Festival d’été de Québec (FEQ) sur les plaines d’Abraham. L’Américain est venu clore une soirée en dents de scie avec enthousiasme, une attitude fort sympathique et un débit vertigineux… Disons que ç’a fait du bien.

Après la présence assommante de Gucci Mane et une pause plutôt longuette, les fans de rap réunis sur les Plaines étaient mûrs pour un peu d’action. Et c’est justement ce que Sir Robert Bryson Hall II (de son vrai nom) a servi. Dès le début du spectacle, il a joué au chef de chœur avec la foule. «Ce soir, je veux que vous participiez», a réclamé celui qui peut être considéré comme le petit frère spirituel d’Eminem. Le parterre ne s’est pas fait prier pour lui obéir.

Vêtu d’un t-shirt à l’effigie de Mickey Mouse et le sourire souvent fendu jusqu’aux oreilles, Logic a montré qu’il peut maintenir sur scène le flow de niveau olympique de ses enregistrements, avec des textes qui déboulent à une vitesse presque étourdissante. Il a surtout prouvé qu’il sait prendre soin de ses fans en leur lançant des t-shirts, les invitant à prendre une petite pof ou leur demandant de chanter bonne fête à un festivalier installé au premier rang. Sympa!

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Notre suggestion du jour au FEQ : Safia Nolin

Trois jours après avoir fait une apparition au show d’Éric Lapointe sur les Plaines, pour chanter avec lui Loadé comme un gun, entourée d’effets pyrotechniques, Safia Nolin revient pour un spectacle solo, ce soir, à L’Impérial. L’auteure-compositeure-interprète de Limoilou au répertoire souvent mélancolique en profitera certainement pour piger dans son dernier album, Dans le noir, paru l’an dernier, et, peut-être, sa nouvelle chanson folk, Claire, écrite avec Philémon Cimon.

La chanteuse originaire de Kamouraska, Laurence-Anne, la précède sur scène.

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Moist et Live AU FEQ: de rock et de nostalgie [VIDÉOS+PHOTOS]

CRITIQUE / Avec sur ses planches deux groupes dont un album marquant a célébré cette année ses 25 ans — Throwing Copper de Live et Silver de Moist —, la place George-V a fait un voyage dans le temps, jeudi soir, au Festival d’été de Québec (FEQ). D’une génération à l’autre, la nostalgie rock a clairement toujours la cote : le nouveau site d’une capacité de 15 000 spectateurs a affiché complet pour la première fois à l’occasion de ce retour aux années 1990.

Livrant une enfilade des succès qui ont jalonné leur carrière, les Américains de Live ont pris leur fête au sérieux, interprétant bon nombre de titres de leur troisième album, qui les a propulsés vers un succès mondial. 

Ç’a commencé fort avec les bombes All Over You et Selling the Drama. Plus tard, Shit Towne a brassé la cage et I Alone a servi de prétexte au chanteur Ed Kowalczyk pour prendre un bain de foule. Ç’a fini au firmament avec l’indémodable Lightning Crashes, présentée comme une prière et vécue comme une communion. 

Le toujours aussi intense Kowalczyk, qui n’a pas pris une ride, a évoqué le fait que ses complices et lui ont enterré la hache de guerre, eux qui ont été en conflit et cheminé sur des routes parallèles pendant plusieurs années. «C’est merveilleux parce que je suis enfin de retour sur scène avec mes frères», a-t-il déclaré tout sourire. 

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Mariah Carey au FEQ: maigre foule et show sans éclat

CRITIQUE / Ce n’était pas la foule des grands soirs, jeudi, sur les Plaines d’Abraham à l’occasion du spectacle de la pop star Mariah Carey qui mettait le pied à Québec en exclusivité canadienne. Et pour cette première, la diva s’est fait longuement désirée en ouverture, avec un retard d’une bonne vingtaine de minutes.

Ses admirateurs ne lui ont pas gardé rancune de ce délai, réservant une bonne ovation à ses premières chansons, Dreamlover et You don’t know what to do et My All.

Vêtue d’une (très courte) robe argentée et juchée sur ses talons hauts, la chanteuse était visiblement en voix, s’amusant à pousser la note, comme si elle voulait relever un autre défi au Bottle Cap Challenge.

À plusieurs reprises, entre ses nombreuses gorgées d’eau, la star s’est inquiétée de la météo. Il est vrai que la nature n’a pas été sa meilleure alliée. Température très fraîche et ciel menaçant n’ont pas incité le public, composé en grande majorité de 40 ans et plus, à se déplacer, ne serait-ce que par curiosité à l’égard d’une vedette qui n’a plus la cote d’antan.

À mi-chemin du concert, changement de costume — la dame a alors donné dans l’orangé et le mauve — pour l’interprétation de Beautiful, One Sweet Day et Always be my Baby, toujours appuyée par quatre musiciens et trois choristes en grande forme. 

La pluie s’est mise à tomber à mi-chemin du spectacle, alors qu’elle entonnait Always Be My Baby, ce qui n’a nullement empêché la star de poursuivre sur son élan, dans un show mené finalement un peu sur le pilote automatique et respectant avec soin le cahier de charges. Rien pour passer à l’histoire du FEQ.

À LIRE AUSSI: Les fans de Mariah Carey ne craignent pas la pluie

Pour le dernier droit du spectacle, robe longue en évidence, la Mariah a livré coup sur coup, à travers une autre allusion à la pluie, Touch my Body et We Belong Together. La soirée s’est conclue sur Hero, alors que ce qui restait de la foule est repartie, trempée, sans demander son reste.

Légère déception pour les adeptes du Noël du campeur, la chanteuse n’a pas inclus à son répertoire All I Want for Christmas is You...

Festival d'été

Le spectacle de Village People en images au Festival d'été [PHOTOS]

Découvrez quelques images du spectacle donné par le légendaire groupe disco Village People jeudi soir sur la scène du Manège militaire dans le cadre des «After FEQ» du 52e Festival d'été de Québec.

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Salif Keita: rattrapé par le temps

Salif Keita fait résonner ses rythmes aux quatre coins de la planète depuis maintenant un demi-siècle. Pour marquer le coup, le musicien malien a lancé en février un nouvel album. Il s’agit de son dernier en carrière. À l’aube de ses 70 ans, le pionnier de l’afro pop avoue trouver de plus en plus lourdes les contraintes du métier.

Joint à Bâle, en Suisse, où il donnait à la mi-juin le coup d’envoi d’une tournée européenne, Keita explique qu’une certaine lassitude commence à le gagner. «À mon âge, c’est devenu fatigant de faire un album et d’y consacrer deux ou trois ans. La façon de faire a également changé, il y a de plus en plus de technologies.» 

Les moyens manquent aussi, déplore-t-il, pour permettre de se produire en Occident. «Il y a de moins de moins de subventions accordées pour les tournées de musiciens africains, comparativement à ce que c’était il y a 15 ou 20 ans. Plus de la moitié des fonds ont été coupés par les gouvernements en dehors de l’Afrique. C’est devenu très difficile.»

La star malienne ne s’éloignera pas de la scène pour autant, mais c’est avec une certaine parcimonie qu’il acceptera les invitations. Entre-temps, il profite de l’été pour faire plaisir à ses nombreux fans en leur rendant visite à l’occasion de son «50/70 Summer Tour». Entre Bruxelles et Cartagène, en Espagne, le musicien traversera l’Atlantique pour venir offrir une performance au Festival Nuit d’Afrique de Montréal, au Festival d’été de Québec et au Celebrate Brooklyn Festival. 

Son groupe de neuf musiciens qui participe à la tournée est composé entre autres du joueur de kora Mamadou Diabate, du maestro guinéen de la guitare Djessou-Mory Kante, du percussionniste Molobaly Kone et de la chanteuse Bah Kouyate.

Ségrégation

Son ultime album, baptisé Un autre Blanc, se veut un clin d’œil à son statut d’albinos, une anomalie génétique qui affecte la production de mélanine et qui peut conduire à des troubles de la vue. Dans plusieurs pays d’Afrique, naître albinos est un véritable drame. Plusieurs sont tués et démembrés, leurs bourreaux étant convaincus qu’ils possèdent des pouvoirs surnaturels. «Les albinos sont victimes de la tradition. La seule façon de changer les choses demeure l’éducation.»

Par le biais de sa fondation, Salif Keita s’acharne donc à faire cesser cette stigmatisation et à faire disparaître les préjugés, lui qui a dû s’imposer pour faire carrière. «Mes parents ne voulaient pas que je fasse de la musique. Il a fallu que je m’impose, je n’avais pas le choix, il n’y avait pas d’autre alternative.»

De la même façon, le sort des immigrants africains l’interpelle au plus haut point. Déjà, il y a 20 ans, il venait au secours de ses compatriotes maliens dans la chanson Nous pas bouger. Les choses ne se sont guère améliorées, loin de là. «C’est de pire en pire, malheureusement. Les gens meurent sur les routes, dans le désert, dans la mer. Ils sont chassés partout. Il faut que quelqu’un dénonce cette misère.»

Salif Keita sera en spectacle au Festival d’été le 12 juillet, à 21h10, à la scène de place D’Youville.

Festival d'été

After-FEQ : l’engouement est là

En décidant d’allonger les soirées de spectacle avec une série de prestations au Manège militaire, le Festival d’été de Québec a visé juste. La salle d’armes, qui peut accueillir un millier de spectateurs, s’est remplie chaque soir et même avant l’heure pour Charlotte Cardin.

Le seul After-FEQ dont les invités n’ont été dévoilés qu’à la dernière minute, vendredi dernier, est celui qui a attiré le plus de festivaliers. La venue de Qualité Motel avait été révélée la veille et celle de Charlotte Cardin, le jour même. Vendredi soir, à 23h, les employés du FEQ indiquaient aux gens de la longue file d’attente devant le Manège qu’il n’y aurait plus d’admissions pour la prestation annoncée à 23h30.

Le Festival d'été

Les fans de Mariah Carey ne craignent pas la pluie

Ils n’étaient que trois, à 12h30, à l’entrée du site de la scène des Plaines d’Abraham pour attendre la diva Mariah Carey. Un jeune duo de Québec, avec des chandails indiquant le titre de leur chanson préférée en faux diamants, et Betty, de Montréal, qui espérait pouvoir donner un 5e album de fan en main propre à son idole.

«Je suis équipée, j’ai mes bottes de pluie, mon poncho. Je peux sortir mon album vu qu’il ne pleut pas encore», commente Betty, pendant qu’elle se prête au jeu des photos, avec son t-shirt indiquant Québec Lambily Moment. La diva appelle ses admirateurs Lambily, un mixe de Lamb et de Family.

Festival d'été

Notre suggestion du jour au FEQ : King Abid

Installé à Québec depuis 16 ans, Heythem Tlili, alias King Abid, a sorti il y a quelques mois un second album (Emerikia) où il rend hommage à sa ville d’adoption, avec la chanson Bienvenue à Québec. Le musicien a d’ailleurs pris l’habitude de manger sa poutine avec de la sauce harissa… 

D’origine tunisienne, King Abid se plaît à marier les sonorités jamaïcaines et afros, sur fond de world beat électronique. Un mélange vaporeux décliné en arabe tunisien, en français et en anglais. 

Sacré Révélation Radio-Canada en musique du monde en 2017, le chanteur a animé pendant huit ans une émission dancehall reggae à la radio universitaire CHYZ. Il sera en vedette à la scène de place D’Youville sur le coup de 18h, suivi du groupe reggae Jah9 et du groupe colombien Systema Solar.

Festival d'été

Électro-FEQ: et que ça saute! [VIDÉO + PHOTOS]

CRITIQUE / Avec les vedettes internationales Kygo et Diplo aux commandes, la populaire soirée électro du Festival d’été de Québec (FEQ) a une nouvelle fois fait courir — et surtout sauter! — les foules, mercredi, sur les plaines d’Abraham.

De façon peut-être moins intense qu’il y a quelques années (on a mémoire de marathons débutant en fin d’après-midi, sous un soleil de plomb), la tradition de l’Électro-FEQ s’est poursuivie mercredi dans une sorte de communion dansante.

Festival d'été

FEQ: cinq choses utiles (et inutiles) sur Mariah Carey

La vedette américaine Mariah Carey est la tête d’affiche des Plaines, jeudi soir, en exclusivité canadienne. Il s’agit de son premier concert en carrière dans la capitale. Si le choix de la reine de la pop ne fait pas l’unanimité, reste qu’elle devrait attirer une bonne foule, curieuse de constater si ses performances vocales sont supérieures à celles de notre Céline nationale. En attendant, voici cinq choses utiles (et inutiles) à savoir sur la méga star.

Un âge intemporel

Mariah Carey refuse de révéler son âge, préférant se qualifier d’«intemporelle». On vous l’apprend en primeur : elle a 49 ans, la chose est réglée. Née d’un père métis d’origine vénézuélienne, ingénieur en aéronautique, et d’une mère de sang irlandais, professeure de chant et chanteuse d’opéra, la diva aux 200 millions d’albums vendus et aux cinq Grammy Awards aurait connu une enfance difficile en raison du mariage mixte de ses parents. Ils se sont séparés alors qu’elle avait trois ans. Elle est restée avec sa mère, alors peu fortunée.

Festival d'été

Buddy Guy: câline de bon blues! [VIDÉO]

CRITIQUE / Le maître à penser de la grande confrérie des guitaristes, le seul et unique Buddy Guy, a fait le bonheur de ses nombreux et irréductibles fans, mercredi soir, dans une place George-V transformée en gigantesque bar de blues. Un concert dont tout le monde se souviendra longtemps.

La dernière présence à Québec de la légende du blues, 83 ans à la fin du mois, remontait à 2013. Plusieurs de ses fans croyaient ne plus jamais le revoir dans la capitale. C’était bien mal connaître George «Buddy» Guy, celui-là même que Éric Clapton considère comme le plus grand guitariste vivant.

Festival d'été

Paul Gagné, un pro des guitares en coulisses du FEQ

Dans sa vie, Paul Gagné a vécu davantage de spectacles à partir des coulisses que parmi la foule. Le réparateur et fabricant de guitares agit comme préposé aux instruments derrière la scène des plaines d’Abraham pendant le Festival d’été.

«Pendant le FEQ, je vis avec une gang de pirates qui entretiennent un très gros bateau», illustre-t-il. Vue de la terrasse du Manège militaire, la grande scène qui grouille de techniciens pour les ajustements sonores de la soirée électro ressemble effectivement à un navire en plein appareillage. «C’est aussi un peu comme un camp de vacances. Les artistes sont les campeurs et on s’assure qu’ils vivent une belle expérience, pour qu’ils aient envie de revenir.»

Festival d'été

Éric Lapointe livre le «show de sa vie» au FEQ [VIDÉO + PHOTOS]

CRITIQUE / Habitué du Festival d’été de Québec (FEQ), Éric Lapointe voulait offrir «le show de sa vie» sur les plaines d’Abraham. Accompagné d’un échantillon de la colonie artistique de classe A et armé d’un répertoire bien garni de succès — voire de classiques —, il a tenu parole, mardi soir. Il est de surcroît reparti avec le prix Miroir de la Renommée du FEQ, qui lui a été remis directement sur la grande scène.

Alors qu’il célèbre cette année le 25e anniversaire de la parution de son premier album, Obsession, en même temps que son 50e anniversaire de naissance, le rockeur chouchou des Québécois a voulu marquer le coup en grand. Et c’est exactement ce qu’il a fait sur un site bondé. Il a fêté fort et il a fêté tard, avec un spectacle qui s’est étiré jusqu’à 23h45.

La grande surprise de la soirée est arrivée vers la fin du spectacle, lorsque Ginette Reno s’est pointée sur scène pour partager L’essentiel. La présence des Jean-Pierre Ferland, Marie-Mai, Garou, Lara Fabian, Louis-Jean Cormier, Michel Pagliaro, Safia Nolin, 2Frères, Kevin Parent, Mario Pelchat, Marjo, Steve Hill, Les Sœurs Boulay, Travis Cormier, Colin Moore et Martin Deschamps avait déjà été annoncée.

Festival d'été

Notre suggestion du jour au FEQ: Buddy Guy

Quand Buddy Guy est venu jouer dans la capitale en 2013, plusieurs étaient convaincus que c’était la dernière fois. Et pourtant, le légendaire bluesman est toujours debout à 82 ans, la six cordes bien en main.

Sa présence au FEQ a quelque chose d’inespéré. Pas seulement parce que c’est un maître du genre. Mais aussi une leçon de vie et de persévérance, en musique! Sérieux, on ne compte plus les guitar hero qu’il a inspirés, de Clapton à Stevie Ray Vaughan, en passant par Hendrix. Là, c’est le maître en personne qui sera à la place George-V mercredi à 21h20. 

Laissez-passer obligatoire.  

Musique

Authentique Roxane Bruneau au FEQ

Il y a à peine deux ans, Roxane Bruneau était bien loin de se douter qu’elle remplirait des salles de spectacles. «Je pensais continuer sur le net, tranquille, comme je le faisais depuis 2013», admet-elle.

Comme bien des jeunes, elle rêvait secrètement de faire carrière en musique, mais se disait que c’était impossible. «Comme si une partie de moi voulait, et l’autre non. Mon cœur disait oui, mais pas ma tête.»

Aujourd’hui, toutefois, elle remercie la vie pour ce qui lui arrive. Ses chansons accrocheuses et touchantes à saveur pop, ses plus de 125 000 abonnés sur les réseaux sociaux — où elle a commencé par présenter des sketchs humoristiques — et ses plus de deux millions de visionnements de Notre belle démence ont fait en sorte d’être remarquée par Raymond Duberger, des Disques Artic. 

«Il m’a appelée, m’a proposé de produire un album, j’ai dit non, il a dit oui, et j’ai dit OK», résume Roxane Bruneau en quelques secondes.

C’est ainsi que Dysphorie a vu le jour en 2017, qu’il a atteint rapidement le sommet des ventes au Québec et occupé le quatrième rang au Canada, tandis que ses premiers extraits, J’pas stressée et Des p’tits bouts de toi, ont tourné et tourne encore fort sur les plus grosses stations de radio de la province. 

Comme une victoire

À travers ce succès soudain, l’artiste originaire de Delson, en Montérégie, avoue s’être sentie comme une imposteure dans le milieu. Mais ses deux nominations au gala de l’ADISQ 2018 — Album pop et Révélation de l’année — lui ont confirmé qu’elle méritait sa place, dit-elle. «Je n’ai pas gagné, mais c’est tout comme, tellement elles m’ont fait plaisir. Surtout Révélation de l’année.»

Passant tout droit de son sous-sol à une carrière professionnelle sans se promener entre les bars, les concours et les formations, Roxane Bruneau a dû tout apprendre du métier sur le tas. «Heureusement, c’est facile pour moi», affirme-t-elle.

Ce qui a été difficile, par contre, c’est de laisser de la place à d’autres dans son univers. «Au début, je ne voulais rien savoir. C’était mon bébé à moi, je ne voulais pas qu’on me contrôle dans ma création. Mais un moment donné, j’ai réalisé que ces gens-là avaient quand même du métier, et que je pouvais leur faire confiance.»

Elle a notamment laissé la mise en scène de son spectacle aux bons soins de Martin Cloutier, qui lui laisse quand même pas mal de liberté. «Je prends toujours le pouls de la salle. Si c’est un public plus relaxe, je vais raconter beaucoup d’anecdotes humoristiques, laisse-t-elle entendre. Mais si la foule est plus dedans, là mon show va vraiment rocker, déménager.»

Plus lumineux?

En tournée depuis plusieurs mois déjà, Roxane Bruneau interprète sur scène les chansons de son album Dysphorie, bien entendu, mais également de nouveaux titres, qu’elle compte enregistrer sur un prochain album qu’elle aimerait lancer en 2020.