Sur les Plaines, les verres réutilisables seraient «ingérables», assure la porte-parole du FEQ.

Le FEQ cogite sur les gourdes et verres réutilisables

À part au Festival d’été de Québec, il ne semble y avoir aucun festival au Québec qui interdise les gourdes dures. Osheaga, Heavy Montréal, le Festival de jazz de Montréal, le Festif!, le FME… tous permettent à leurs spectateurs d’entrer sur leurs sites avec une bouteille, tant qu’elle n’est pas en vitre.

Il faut regarder du côté américain pour trouver un règlement semblable. Coachella, en Californie, interdit les contenants de métal, d’aluminium, mais permet les gourdes en plastique — molles ou non.

Pour justifier une telle mesure, le Festival d’été évoque des paramètres des contrats des artistes, qui craignent de recevoir des projectiles qui pourraient les blesser.

«Il y a certains soirs où il n’y aurait pas de problème avec les gourdes rigides. Mais d’autres soirs, les gens tirent allègrement des objets. J’ai un artiste encore hier [mardi] qui a du dire à la foule : «Si vous me tirez encore des choses, j’arrête de chanter», indique Samantha McKinley, directrice des communications du FEQ. «Ce ne sont pas tous les artistes qui le demandent, mais plusieurs demandent d’interdire les objets qui peuvent se transformer en projectiles.»

Une réflexion devrait toutefois s’enclencher à l’automne. «Il va falloir se pencher sur la question pour 2020. Peut-être qu’il faudra prévoir que certains soirs que ce sera permis et d’autres que non», ajoute Mme McKinley.

D’ici là, elle rappelle que les gourdes molles, compressibles, froissables et les sacs à eau (camelBak) sont permis et peuvent être remplis gratuitement sur les sites des spectacles.

Ces contenants doivent être vides lorsque les festivaliers entrent sur le site. Dans les autres festivals québécois, on s’assure simplement que le liquide transporté n’est pas de l’alcool.

Verres réutilisables

Plusieurs festivals de moindre envergure que le FEQ ont adopté les verres réutilisables de la compagnie montréalaise Ecocup, dont Osheaga et le Festif! de Baie-Saint-Paul, qui utilise 45 000 verres de ce genre. Le FME en Abiti-Témiscamingue fait affaire avec Mignault transfert, une entreprise locale, pour ses tasses de différentes couleurs qui deviennent souvent un article-souvenir du festival.

Le festival d’été a fait un pas écologique en servant la bière directement dans les cannettes, plutôt qu’en les transvidant dans des verres de plastique. «Le plus gros des ventes est en bières et elles sont servies en canettes. On a mis en œuvre des moyens pour les récupérer au maximum. On les lave, on a un centre de tri, mais les gens ont tendance à les écraser et lorsqu’elles sont trop en mauvais état, c’est impossible de les recycler», explique Mme McKinley. L’an dernier, 208 000 cannettes ont ainsi été recyclées.

Sur les Plaines, les verres réutilisables seraient «ingérables», assure la porte-parole.

L’organisme 3E, qui inclut le FEQ, a toutefois déjà utilisé des verres Ecocup pour Saint-Roch XP. «Ça a été une belle expérience, mais ce que les gens ne voient pas du verre réutilisable est que ça implique du transport de Montréal à Québec parce qu’il n’y pas de fournisseurs à Québec et qu’il faut les laver. Il y a des effets positifs, mais aussi des retombées écologiques négatives», expose Mme McKinley.

Excluant les Plaines, est-ce que l’expérience pourrait être étendue aux autres scènes? «On l’évalue, répond Mme McKinley. Ce serait peut-être faisable au Coeur du FEQ, où il y a moins d’achalandage.»

En attendant, il ne semble y avoir aucune contre-indication dans les règlements du festival qui empêcherait les spectateurs d’emmener eux-mêmes leur verre réutilisable et de demander d’être servis dans celui-ci.

En coulisses

Dans la tente médicale, dans les coulisses des spectacles et au Manège militaire, l’eau embouteillée est la norme, selon ce qu’on peut observer depuis le début du FEQ. Au Festif!, celle-ci a été complètement bannie et l’organisation a réussi à faire modifier les demandes des artistes sur ce point. «Nous avons décidé d’offrir des gourdes aux artistes et d’installer de gros bidons d’eau et des refroidisseurs sur scène et dans les loges. Lorsque les artistes demandent, par exemple, 24 bouteilles d’eau sur scène, on refuse en leur expliquant notre politique», explique Clément Turgeon, directeur général du Festif!