Érik et Sonny Caouette, alias 2Frères, lors de leur passage à la Fête du lac des Nations l’an dernier.

Le duo 2Frères, un tourbillon d'exception

Avec un son folk-pop rassembleur près de ses racines et une méthode de mise en marché à l’ancienne, le duo 2Frères fait un peu figure d’exception sur la scène musicale d’ici, lui qui cumule les succès radio et les disques vendus par dizaines de milliers. Et le tourbillon ne semble pas près de s’essouffler pour les frangins Érik et Sonny Caouette, qui participent samedi à leur premier Festival d’été de Québec (FEQ).

Quand on lui demande de résumer la frénésie des dernières années, Érik Caouette relativise les choses. « On le prend comme ça vient, dit-il simplement. Au départ, évidemment, on ne savait pas où ça allait nous mener. On apprend à dealer avec tout ce que ça comporte. Mais on aime beaucoup ça. Je n’échangerais pas ma job contre aucune autre, même si, des fois, c’est éreintant un peu et qu’on n’a pas beaucoup de temps pour la famille ou les amis. On sait qu’un succès comme ça, c’est quelque chose de rare et d’éphémère. Ça ne peut pas durer éternellement. Donc on en profite pendant que ça passe, c’est-à-dire pas mal là! »

Profiter, pour 2Frères, ça ne veut pas dire arrêter de travailler. Avec un premier album lancé en 2015 et vendu à quelque 120 000 exemplaires, le groupe n’a pas tardé à se mettre à l’ouvrage pour y donner suite. Paru à la fin de 2017, le bien nommé album La route a en grande partie été créé pendant que les frères étaient en tournée. L’objectif assumé : agrandir le répertoire du groupe sans dépayser les oreilles des amateurs.

« On avait vraiment l’intention de continuer dans ce que les gens avaient entendu, confirme Érik Caouette. C’est le style de musique dans lequel on a grandi. C’est le style dans lequel on est à l’aise. Nous sommes auteurs-compositeurs, mais nous sommes surtout interprètes. Les gens qui ont écrit pour nous autres sur le premier album sont pratiquement les mêmes sur le deuxième. Ils nous connaissent mieux. Je pense que ça donne des chansons qui nous ressemblent beaucoup. »

Loin du streaming

Protégés de Mario Pelchat, devenu leur producteur avec sa boîte MP3, Érik et Sonny Caouette font de la musique ensemble depuis leur adolescence : ils ont fait leurs premières armes dans des mariages et des événements d’entreprise de leur région natale de Chibougamau-Chapais.

« On a commencé à rouler notre bosse comme ça, avec nos parents qui nous suivaient parce qu’on n’avait pas de permis de conduire... Ni d’auto, d’ailleurs! rigole Érik. On s’est toujours dit qu’on n’était pas soudé l’un à l’autre et qu’on avait le droit de faire des projets personnels. Finalement, ce n’est jamais arrivé. On a commencé à faire des bars et à écrire des chansons, on a rencontré Mario Pelchat, on a fait le premier album et on est parti en tournée. On n’a plus eu de temps pour faire autre chose. »

À une époque où la musique se consomme de plus en plus sur les plateformes de diffusion en continu (streaming), celle de 2Frères ne s’y retrouve pas. « Mario, en tant que producteur, a décidé que tout ce qui allait sortir de sa boîte de production n’irait pas sur les plateformes de streaming. Selon lui, et je suis d’accord avec lui là-dessus, les redevances aux artistes et aux producteurs sont trop minces », explique Caouette, qui dit être abonné à un service de streaming, mais acheter « tout ce qui est québécois ».

« Il y en a au départ qui pensaient que ça allait nous nuire, reprend-il. Moi, au contraire, j’ai toujours pensé que ça allait nous servir. Si tu donnes ton album pour 10 $ par mois avec tous les albums de ces plateformes-là, je me demande comment quelqu’un pourrait se dire : “Je vais l’acheter”. »

Comme des meubles en bois

Jusqu’à maintenant, le fait de bouder Spotify, Apple Music et cie leur a donné raison… Même si Érik Caouette reconnaît que le style même de musique de 2Frères, qui plaît aux ondes commerciales, est certainement aussi pour quelque chose dans leurs chiffres de ventes.

« C’est sûr que la musique qu’on fait, c’est un peu comme des meubles en bois, avance-t-il. Ça existe depuis toujours, on n’a pas inventé ça. On peut penser à Beau Dommage, à Noir Silence, à La Chicane, à Okoumé… Il y en a toujours eu et il va toujours y en avoir. C’est du québécois, c’est notre folklore à nous autres. Je pense que ça ne peut pas se démoder. Ça évolue, évidemment. On ne fait pas la musique comme on la faisait dans les années 80-90. Mais je vois ça comme du bois. On entend encore les vieux classiques québécois chaque semaine à la radio. »

Après avoir foulé la scène des plaines d’Abraham lors de la Fête nationale, 2Frères profitera du FEQ pour découvrir celle du parc de la Francophonie.

« Nous sommes vraiment excités, lance Érik Caouette. Les deux spectacles auxquels on avait le plus hâte cette année, c’était à Québec. La Saint-Jean-Baptiste, à ce jour, c’est notre plus gros spectacle. C’était assez impressionnant! Et le FEQ, ça fait des années qu’on veut aller jouer là. J’en ai tellement entendu parler... »

Vous voulez y aller?

2Frères

Samedi 14 juillet, 21 h 20
Parc de la Francophonie, Québec
Entrée : laissez-passer du FEQ

Samedi 8 décembre, 20 h 30
Samedi 19 janvier, 20 h 30
Vieux Clocher de Magog
Entrée : 38 $

Mercredi 27 février, 20 h
Salle Maurice-O’Bready
Entrée : 39 $ (étudiants : 29 $)