Mark Rylance

Le comédien Mark Rylance quitte la Royal Shakespeare Company, refusant le mécenat de BP

LONDRES — Le comédien britannique Mark Rylance a annoncé vendredi quitter la Royal Shakespeare Company (RSC) pour s’opposer au mécénat de la compagnie pétrolière BP.

«J’ai informé la RSC que je pensais devoir démissionner, car je ne souhaite pas être associé à BP, comme je ne souhaiterais pas l’être à un marchand d’armes, un vendeur de tabac ou toute personne qui détruit délibérément la vie de personnes vivantes et à naître. William Shakespeare ne le voudrait pas non plus, je crois», écrit M. Rylance, considéré comme l’un des plus talentueux comédiens britanniques de sa génération, dans le quotidien The Guardian.

Il a expliqué que son opposition exprimée de longue date au mécénat de BP n’avait rien changé à la position de la direction de la prestigieuse compagnie théâtrale basée à Stratford-Upon-Avon, ville natale de William Shakespeare.

Évoquant les grèves dans les écoles pour protester contre l’inaction face au changement climatique, le comédien ajoute : «Je suis sûr que la RSC veut être du côté des jeunes qui changent le monde, pas des entreprises qui détruisent le monde?»

La RSC s’est dit «attristée» par la décision de Mark Rylance. «Nous reconnaissons l’importance d’un débat vigoureux et engagé pour prendre ces décisions, en particulier à la lumière de l’urgence environnementale et climatique établie», a ajouté la compagnie.

De son côté, BP a refusé de commenter et précisé que son soutien financier permettait d’offrir environ 10 000 billets bon marché à des jeunes chaque année.

La décision de Mark Rylance fait suite à des manifestations d’artistes et de militants environnementaux contre les liens entre BP ou d’autres compagnies pétrolières et des institutions culturelles britanniques comme la National Portrait Gallery, le Royal Opera House ou le British Museum.

«Il n’y a aucune raison de promouvoir l’une des sociétés de combustibles fossiles les plus destructrices au monde en pleine crise climatique», a déclaré Jess Worth, du mouvement Culture Unstained, au Guardian.

«Au moment où des acteurs, musiciens, artistes et passionnés de culture manifestent en choeur leur désapprobation, la RSC, la National Portrait Gallery, le Royal Opera House et le British Museum doivent agir rapidement pour mettre fin à leurs contrats de mécénat, sinon leur réputation en pâtira», a-t-elle ajouté.