Les apparitions d’Hélène Guilmette, au balcon, juste devant l’orgue, ont chaque fois été des moments de pur ravissement.

«Le chemin de Noël» : un morceau d’absolu

CRITIQUE / La deuxième mouture du «Chemin de Noël» n’aura pas eu de volet extérieur, cette année, dû à la mauvaise température. Mais à l’intérieur du Palais Montcalm, on a retrouvé la même impression que le temps s’était arrêté, tout en savourant encore plus les choix musicaux de Bernard Labadie.

En 2016, on découvrait sans a priori son Chemin de Noël, ce moment de recueillement en chants et en paroles, dans l’esprit du Festival of Nine Lessons and Carols présenté à la chapelle du King’s College à Cambridge. De petits ajustements cette année ont resserré le concept; un prélude harpe et orgue amorcé une fois les spectateurs placés et non pendant leur entrée, des vitraux projetés sur les tuyaux de l’orgue pour donner un peu de couleur, une pièce finale tout en douceur qui s’accordait mieux à l’ensemble de la proposition…

Les apparitions d’Hélène Guilmette, au balcon, juste devant l’orgue, ont chaque fois été des moments de pur ravissement. Quelle bonne idée d’avoir utilisé la verticalité du lieu, et d’ainsi éviter les allers et venues sur scène. Le spectacle coulait tout en douceur.

La comédienne Marie-Thérèse Fortin, qui agissait comme récitante cette année, nous a bercé de sa voix feutrée, qui seyait parfaitement à l’ambiance du Chemin de Noël. Ce fut sensiblement les mêmes textes que l’an dernier, Saint-Augustin, Beaudelaire, Rimbaud, Rostand, mais les petits récits sont si bien écrits et si rarement évoqués qu’on avait simplement l’impression de retrouver des histoires aimées. 

Les voix, elles, brillaient. Celles, exquises, des chanteurs de La Chapelle ont fait des sauts agiles sur les chants anglais The Holly and the Ivy et Angelum ad virginem, mais nous ont aussi transportés lors de chants plus aériens et éthérés comme l’hymne grégorienne Ave maris stella. Hommes et femmes se répondaient souvent d’un couplet à l’autre, mais pour Abendlied, un chant du soir tout simple, leur mariage était scintillant. En les entendant, on se sentait bercés, enveloppés d’une douceur infinie.

Bernard Labadie et les chanteurs de La Chapelle

Magnifique soprano

La soprano Hélène Guilmette a été magnifique, droite et radieuse. D’abord dans un Minuit, chrétiens! qui retrouvait sa fraîcheur et sa beauté. En fin de course pour un très beau chant en allemand, où toutes les voix du chœur sont venues la retrouver. 

Pour quatre chants plus connus, le public a été invité à chanter haut et fort le refrain. Au fond du parterre, on n’y voyait rien, pas moyen de lire le livret, alors il a fallu suivre les autres, chercher dans ses souvenirs les syllabes qui suivent le «Gloooria» des Anges dans nos campagnes. Il y a toujours quelque chose de beau et émouvant à chanter en cœur, à accorder sa voix sur celle du voisin, à voir les caractères — ceux qui chantent avec conviction et ceux qui jettent des regards un peu ébahis autour d’eux sans oser trop lever la voix. Une foule qui chante à l’unisson semble complètement investie dans quelque chose de plus grand qu’elle. C’est un peu ce qu’on vient chercher au Chemin de Noël; un morceau d’absolu.

Le spectacle, présenté gratuitement, était une occasion de recueillir des dons pour les Petits Frères de Québec. Il sera rediffusé sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première le 24 décembre à 22h et demeure accessible pendant toute la période des fêtes à icimusique.ca

La comédienne Marie-Thérèse Fortin, qui agissait comme récitante cette année, nous a bercé de sa voix feutrée, qui seyait parfaitement à l’ambiance du «Chemin de Noël».