Peter Cetera défendra ses classiques solos ou de son ancienne formation, Chicago, auprès de l'Orchestre symphonique de Québec, les 10 et 11 février.

Le chanteur de hits qui n'ouvrait pas la bouche

Si les années 80 appartenaient à un groupe d'individus, Peter Cetera serait sans doute au nombre des actionnaires. À l'époque, il était partout : avec la formation Chicago, puis en solo; en duo avec Amy Grant et Cher ou dans les trames sonores de films comme Karate Kid Part II. Québec ne faisait pas encore partie des villes où celui qui a une manière unique chanter, la bouche presque entièrement fermée, s'était arrêté. Il corrigera le tir les 10 et 11 février prochains.
Cetera a graduellement ralenti son rythme de production dans les années 1990 et 2000 sans pour autant poser le micro. Il a d'ailleurs conservé sa voix de ténor caractéristique, invariablement à l'aise dans les aigus. Et il a ajouté une corde à son arc : des performances avec de grands ensembles. Aussi, c'est auprès de l'Orchestre symphonique de Québec que l'artiste américain défendra ses classiques solos ou de son ancienne formation, Chicago, en plus d'être épaulé par ses Bad Daddies, un groupe de sept musiciens.
Q Est-ce vrai que vous avez développé votre style de chant particulier, car vous aviez dû performer en ayant la mâchoire retenue par des fils, à la suite d'une blessure découlant d'une bataille?
R Oh! Cette vieille histoire! Ha! Ha! Même avant ça, j'avais des ennuis avec les os de ma mâchoire. Si je l'ouvrais trop, elle pouvait parfois bloquer et rester ouverte. C'est une vieille blessure de football. Ç'a s'est aggravé il y a quelques années et j'ai dû à nouveau chanter avec la mâchoire attachée et donc je n'ai jamais perdu cette habitude! [...] Ça démontre comment on peut s'adapter à ce qui survient dans la vie et c'est devenu une sorte de signature...
Q Vous vous êtes bien sûr distingué dans les années 70 au sein de Chicago, mais il semble que les années 80 vous ont particulièrement bien réussi. Comment êtes-vous parvenu à négocier le virage, alors que d'autres artistes se sont retirés?
R Je ne sais pas. Je regarde en arrière et je constate que certains d'entre nous ont échappé aux excès des années 60 et 70. Je pense qu'on apprend aussi dans la vie. On se dit «si je veux continuer de faire ce que je fais, je devrais peut-être cesser de faire telle et telle chose», si vous voyez ce que je veux dire. C'est beaucoup de chance, de bons gènes et parvenir à survivre à ce terrain miné qu'est le show-business.
Q Les duos sont l'un des traits distinctifs de votre carrière : il y en a eu plusieurs, fort populaires. Pourquoi appréciez-vous autant cette forme?
R Les duos sont amusants : vous chantez avec quelqu'un avec qui vous avez toujours voulu chanter ou avec des gens avec lesquels vous n'auriez jamais cru que vous pourriez collaborer. J'ai eu la chance de chanter avec de formidables femmes. Les duos sont un peu différents pour les deux artistes sur le plan du style et j'ai eu des numéros 1 avec Cher, After All, Amy Grant, Next Time I Fall, c'est toujours intéressant à faire aujourd'hui. J'ai une chanteuse dans le groupe avec laquelle je fais ces duos.
Q De qui s'agit-il?
R Tania Hancheroff. C'est une chanteuse canadienne, originaire de la côte Ouest, de Vancouver. Elle est avec moi depuis deux ans et c'est fabuleux. J'ai un bon groupe, les Bad Daddies. C'est nouveau de cette année que j'intègre mes sept musiciens dans le contexte d'un spectacle symphonique, car au départ, on ne le faisait qu'avec un pianiste. Puis on a ajouté un guitariste, puis mon batteur, qui joue des percussions et finalement, on amène tout le monde. On fait tout ce qu'on joue dans un spectacle amplifié, mais de manière acoustique. 
Q Vous avez ralenti la cadence côté écriture. Prenez-vous toujours autant de plaisir à composer?
R J'aimerais écrire davantage de musique, je n'ai juste pas de compagnie de disques à l'heure où l'on se parle et c'est maintenant une autre manière de mettre la musique en marché avec laquelle je ne suis pas familier. Je veux toujours en faire, il y a toujours de la musique en moi, mais je suis comme un mauvais étudiant qui se met à étudier la soirée avant l'examen. J'ai besoin de la pression pour écrire - il faut que je me dise : «Oh mon Dieu, je dois me mettre à écrire pour un album...» Mais avec un peu de chance, je vais finir par trouver une compagnie et publier du nouveau matériel...
Une entrée mouvementée au Panthéon du rock
Chicago a longtemps attendu avant de faire son entrée au Panthéon du rock, ce qui s'est fait l'an dernier. L'occasion semblait belle pour que Peter Cetera rejoigne ses anciens comparses. Au début, il a corrigé l'un de ses collègues qui avait dit qu'il y serait. Ensuite, il a annoncé sa présence. Et enfin, il s'est retiré.
Qui blâmer? La mésentente au sein de Chicago ou la bande du Rock'n'Roll Hall of Fame, car Chicago n'est pas le premier groupe à vivre cette situation avec la fameuse académie de Cleveland...
«Je crois que dans ce cas, ce sont les deux, affirme Cetera. Il y a une raison pour laquelle je ne suis plus dans le groupe. C'est comme un mauvais mariage : quand c'est terminé, c'est terminé. [...] Il y a eu une petite chance pour que je fasse quelque chose, mais je ne le faisais pas pour moi, je le faisais pour le public, je n'y tenais pas particulièrement, et au final, les gens du RRHOF - au-delà du fait qu'ils nous ont gardés en marge pendant des années, en raison d'une vendetta que je ne comprends toujours pas -ne m'ont pas rendu la vie facile. Ils étaient davantage inclinés à travailler avec Chicago, si c'est ainsi qu'il faut appeler le groupe aujourd'hui, et à faire ce que le groupe souhaitait plutôt que de répondre à quelques-unes de mes demandes, pour que nous puissions le faire. Au bout du compte, ça ne valait pas la peine d'aller ruiner ma soirée. Ils m'ont remis mon prix, je suis toujours au Hall of Fame et je viens d'apprendre que je serai intronisé au Songwriters Hall of Fame, alors c'est un autre bel honneur.» 
Vous voulez y aller ?
Quoi : Peter Cetera symphonique
Quand : 10 et 11 février, à 20h
Où : Grand Théâtre
Billets :  76 $ à 116,25 $